‹ Histoire de BretagneChapitre 55 sur 192 · LIVRE PAJSMIER. I · texte numérisé non relu

LIVRE PAJSMIER. I

au concile d'Orléans , ne prouva mtUoiQent la donii* nation de Clovis sur la Bretagne ; eUe prouve seulement que ces évèques «élevaient alors du métropoli* tain de Tours (i).

Le second £ait ({ue Ton allègue pour prouver la si u souveraineté des rois de France sur la Bretagne , est de Yéréché la fondation de Févêché de Léon par le roi Cfailde* ^chlwebat'^ btat. Mais d'abord d'Argentré fait observer crue ce pro»^e.ia

^ " * domination

Ëiit , quand il serait constant , ne prouverait rien , parce àes rois ^eCbildebert,. protecteur ou tuteur du jeune roide Bretagne JudUal, pouvait n'avoir agi, dans cette occaâon , qu'au nom de son pupille. £n second lieu Hœl, fils du roi qu'on prétend avoir été détrôné par Qoim, fonda aussi un siège episcopal à Âletb, dont le prenotier évéque fut saint Malo. Nous nous voyons, par eonséquent , forcés de reconnaître que cet Hoel avait recouvré tous les droits.de la souveraineté si son père les avait perdus.

n semble qu'après cette discussion des faits , après cet examen critique des témoignages,. il n'est guère possible de croire, comme les historiens français le prétendent , que la Bretagne eût été conquise , sou* mise, incorporée à la monarchie française par<Qovis.

Nous sommes confirmés dans cette opinion par les Historiens annalistes qui rapportent la conquête de ce pays, laquelle ,. ^^

^ 1a conquête

' de

(i) D. Lobineau distingue les évéques de la Bretagne en par Clofu. * évécjnes armoricains, qui reconnaissaient le métropolitain de Tours, et en évéques bretons, qui ne le reconnaissaient pas. Aucun de ceux-ci, selon lui,. n'assista au concile d'Orléans.

ia8 HISTOIRE DE BRETAGNE.

eut yéritablement lieu trois siècles plus tard sous le règne de Charlemagne, Ils disent que les armées de ce prince soumirent cette province ; ce qui , ajoutentils, ne s'était jamais vu jusqu'alors (i).

Mais quoi ? serait * il donc vrai que les Bretons n'eussent eu rien à démêler avec les conquérants de la Gâule ? Nous ne disons pas cela.

' Une presc[u'île qui ne tenait au continent que par la France , ne pouvait manquer d'être convoitée par lès peuples qui ont envahi ce royaume, et par les princes qui l'ont gouverné. Qu'ils aient tenté plusieurs fois de la conquérir, qu'ils en aient occupé quelques parties par intervalles, c'est ce dont on ne saurait douter, c'est ce qu'on devinerait quand l'histoire ne l'attesterait pas. Mais la question est de savoir si ces attaques furent £adtes par Glovis , et s'il en résulta la conquête, l'assujettissement définitif de la Bretagne. L'histoire répond négativement sur cette double question.

Il est naturel de conjecturer que ces tribus de peuples germains qui s'étaient avancés depuis le Rhin jusqu'à la Loire, ne s'arrêtèrent pas par esprit de modération aux limites de la Bretagne ; mais il s'agit de

(i) Qnod numquam anteà à Francis Juerat, ( Manuscrit de la bibliothèque d'Antoine Loîsel , publié par Duchesne. Recueil des Historiens de France, t. 5, p. 52. )

Totàque Brkannia tune primùm Francis subjugata est. ( Chronique d'Adon, archevêque de Reims. Recueil des Historiens de France, t. 5, p. ^2q, )

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