LIVRE PREMIER. ^ l^g
savoir si les habitants de cette contrée les y laissèrent pénétrer. Que lorsque les deux peuples se trouvèrent voisins Vun de Tautre, il' y ait eu entre eux des différents pour la fixation de leurs frontières, c'est ce dont on ne peut douter, et ce sont probablement ces guerres de frontières qui ont donné lieu à tous les ré* cits exagérés que nous avons eu à réfuter.
Celui que nous allons entendre réussira peut - être Passage
, , de Procopo
à rectifier nos idées sur les événements. Il est d'un écrivain judicieux , d'un contemporain , d'un homme initié dans les affaires politiques. Procope , qui vivait au commencement du 6^ siècle , et qui était se* crétaire de Bélisaire, raconte (i) que les Germains (nom qu'il donne aux Francs) , voulurent assujettir les Armoricains (2), dont ils occupaient le voisinage,
(i) Facti erant jirborichi Romanorum milites , quos sibi Germaniy càm obedientes ac subditos facere vellent, utquijinitimi essent, et pnstinos vitœ mores penitàs immutassent y corum agros assidue populari et hos copèis universis invadere cœperunt. Arborichi vero càm et virtutem prœ se et erga Romanos benevolentiam ferrent , viros fortes eo in bello se prcestiterunt, Cùmque his vim inferre Germani non passent, societatem ut secum saltem inirent et mutua inter se facerent connubia, precabantur, Quas non inviti conditiones Arborichi mox acceperunt ; erant namque utrique christianœ fidei sectatores, ( De Bello Gothico, lib. i, cap. 12. )
(a) Il y a dans Procope Arborichi. L'abbé Gallet a démontré que c'étaient les mêmes que les Armoricains; ce qui est prouvé d'ailleurs par la concordance des faits. Voyez note 27 sur l'Histoire de Bretagne de Dom Morice, tom. i, p. 929»
l3o. HISTOIRE DE BRETAGNE.
parce que ces peuples avaient combattu sous les enseignes des Romains , et changé Tancienne forme de leur gouvernement» En conséquence ils pillèrent leur ' territoire et Tenvahirent avec toutes leurs troupes. Mais les Armoricains , loin de démentir leur courage -et leur amitié pour les Romains, soutinrent cette guerre avec fermeté ; et les Germains, renonçant à les réduire par la force , leur ofifrirent leur alliance , en
leur proposant de la cimenter par des unions de familles , ce que les Armoricains acceptèrent volontiers , . parce que les uns et les autres professaient la religion chrétienne. L union de ces deux peuples accrut beaucoup leur puissance. Il y avait à l'extrémité des Gaules quelques garnisons romaines , qui, ne voyant plus aucune voie pour retourner à Rome , et ne voulant pas se retirer chez les Ariens leurs ennemis , remirent , sans résistance , les territoires qu elles étaient chargées de garder aux Armoricains et aux Germains , en conservant toutefois leurs enseignes , leur costume et leurs usages.
Il faut convenir que dans ce récit on ne trouve rien d'invraisemblable. Il est même dans tous les points conforme aux autres notions historiques que nous avons déjà recueillies. Ce n'est pas la première fois que leur alliance avec les Romains avait attiré aux Bretons l'inimitié des barbares. Ils sont attaqués par
^ goerre j^g Francs ; ils les repoussent , et les deux peuples se ic8 Francs et réconcilient par un traité. Nous avons même un autre
se termine témoignage qui non-seulement confirme l'existence
par un traité ■■ , , . . «i* •• i>i*
de limites, uc Ce trftite , mais qui en indique positivement i objet.