‹ Histoire de BretagneChapitre 6 sur 192 · LIVRE PREMIER. l · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. l

teurs de chroniques écrivaient Thistoire : tel est le récit de Geoffroi de Montmouth, ou, si Ton veut , de ses interpolâteurs.

Cette tradition, toute glorieuse qu'elle est, ne ExMnende satis£sdt pas entièrement la vanité des Bretons, Jî^|!îf^°ue parce qu'elle les feit venir de Fîle d'Albion , qu'ils .^™ Jâ'e prétendent au contraire avoir peuplée. Il s'est 5^.B,^[|^ê élevé à ce sujet une controverse dans laquelle ^^ «" ■ "f^

•» T- sa popula-

vraisemblablement personne n'a raison , mais qui *»<>»• nous foiu*nit l'occasion de rassembler le peu de notions qui nous sont parvenues sur l'origine des Bretons du continent et des Bretons insulaires.

Il existe entre ces deux peuples des conformités conformide nom, de langue, de moeurs, de génie. Elles *dcuxpi!-' prouvent que d'anciens rapports ont existé entre p^*** les habitants des deux pays ; mais on n'est pas autorisé à en conclure que l'un de ces peuples descendait de l'autre. A quelque époque que l'on veuille supposer l'île de la Grande-Bretagne sans habitants, il est naturel de penser qu'elle a reçu sa population primitive des côtes les plus voisines, et successivement cette population a dû se former du concours de plusieurs nations différentes. La presqu'île, au contraire, a du recevoir ses pre-

linguam disceret : indè et nos illos vocamus in nostrd lingud Xethwiàion y idestsemitacentes 9 quoniam confuse loquuntur.

( Ibid. )

l4 HISTOIRE DE BRETAGNE.

miers habitants du continent populeux auquel elle touchaiL Mais comment déterminer l'époque où de si grandes terres étaient inhabitées? Quel espoir de retrouver la trace des premiers pas imprimés par les hommes dans un désert? Aussi est-ce sur de faibles rapports de sons, peut-être mal retenus y que se fonde tout le système de ce$ origines. Il y a eu, depuis une époque reculée, similitude de nom entre les Bretons du continent et les Bretons insulaires : mais quel est celui des deux peuples qui devait son nom à l'autre? et pourquoi ne l'auraient-îls pas tiré d'une source commune?

Ancien nom Le uom le plus aucieu que Ton connaisse aux qu'île. ^'^ peuples répandus sur les côtes occidentales de la Gaule, est celui Ôl jirmoriques. Ce mot, qui appartient à la langue celtique, signifiait côtes de la mer. Aussi s'appliqûait-il à toutes les terres qui s^étendent depuis l'embouchure de l'Escaut jusqu'à celle de la Gironde , et même à des pays assez éloignés de la mer, auxquels on parvenait en remontant la Seine et la Loire. Ce mot indiquait donc la position qu^occupaient les habitants de ces contrées ; mais il n'était pas leur nom propre , leur nom primitif. Ces peuples s'appelaient en général Gaulois , ou , si l'on veut remonter plus haut , Celtes ; et on désignait plus particulièrement ceux qui étaient voisins des côtes par l'épithète

Page 1