LIVRE PREMIER. l
d'Armoriques, qui devint leur nom spécial. La langue des Teutons , pénétrant par le nord jusqu'à la rive droite de la Seine, et celle des Romains s'étendant du midi jusqu'à la rive gauche de la Loire, resserrèrent l'idiome celtique entre ces deux fleuves. A mesure que cette dernière langue disparaissait , le mot jérmorique dut perdre sa signification primitive, et finir par devenir un nom propre.
Quant aux insulaires , leur pays , dans un temps Anciens
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tort ancien , était en possession du nom de Brytj Breity ou Prjrdain. On prétend que le mot Breit signifiait peint, et (Ju'on l'avait donné à ces peuples, parce qu'ils étaient dans l'usage de se peindre le corps, ou peut-être seulement le visage; mais cela même est une preuve que ce ne devait pas être le nom que ces peuples se donnaient à eux-mêmes. Les Romains latinisèrent le mot Breit ^orBritoneSj Britanni, e t le traduisirent par Picft", d'où nous avons fait les Pietés , nom par lequel l'histoire désigne plus particulièrement les anciens hahitants de l'Ecosse.
On voit que , même en admettant ces explications , ces étymologies , on ne peut reconnaître , dans les mots Armoriquej Breit , Fictif un nom primitif, mais seulement une épithéte donnée à ces peuples par des étrangers.
Si, abandonnant ce genre de recherches, on qae^ni^^a*
l6 HISTOIRE DE BRETAGNE.
reçues et en- consultc les plus ancieinies traditions sur les émicontTnen" * gTatioHS qui Ont contribué à peupler la Bretagne insulaire , on trouve , dans la partie méridionale et vers l'est, une peuplade dite des Cambriens, qui se vantaient d'être sortis des extrémités orientales de la Germanie. Dans la suite, ils se retirèrent vers le sud-ouest de l'île , pour faire place aux Logriens , qui venaient de la côte sud-ouest des Gaules. Enfin, après ceux-ci, un troisième débarquement jeta dans l'île d'autres étrangers, qui, dit-on, étaient partis des pays situés entre la Seine et la Loire; ce qui indiquerait assez clairement les Bretons du continent. On ne sait pas où ils s'établirent. Les uns et les autres refoulèrent vers le nord l'ancienne population de l'île. Cette partie du nord s'appelait F Alben , l'Albanie , c'est-à-dire la région des montagnes, d'où on a fait Albion.
Les deux émigrations dont nous venons de parler remontent à des époques tout- à -fait inconnues.
Plus tard , les insulaires virent aborder sur leurs côtes des Flamands, forcés par une inondation d'abandonner leur patrie ; puis des Teutons , venus des pays marécageux qui bordent la mer du Nord ; puis enfin les légions romaines , conduites par Jules César. C'est ici que commencent les temps historiques , pour l'île comme pour la Bretagne continentale.