‹ Histoire de BretagneChapitre 67 sur 192 · LIVRE SFCOND. I · texte numérisé non relu

LIVRE SFCOND. I

travaillait à affermir sa puissance en Bretagne ; et au moyen des libéralités qu'il répandait à la cour de France , il tâchait d'y faire retenir son compétiteur dont il avait massacré le père , et dont il épousait la mère malgré elle. La plupart des usurpateurs sont obligés à de grands crimes; Timagination des historiens n'a pas. manqué d'ajouter à ceux de Canao. Ce prince eut, dit-on, plusieurs femmes qu'il fit périr ; aussi a-t-on prér tendu que c'était à lui que les romanciers avaient donné une affreuse immortalité sous le nom de Barbe-Bleue.

Déia il avait fait périr trois de ses frères. Pour canao fait

•' * pénr trois

s'assurer la possession de la couronne, il résolut de ses frères, la mort de celui qui restait. C'était le plus jeune ; il se nommait Macliau. Félix , évêque de Nantes, intercéda pour ce jeune prince , qui n'obtint la vie qu'en signant une renonciation formelle à tou& ses droits. Devenu libre, dépouillé de ses espérances, il ne se crut pas, pour cela, en sûreté. Il se réfugia chez un seigneur de la Basse- Bretagne , qui le déroba aux recherches des émissaires de Canao , en le cachant dans un tombeau et le faisant passer pour mort. Mais ce tombeau n'était pas encore un asile assez sûr. Macliau se jeta dans un autre, en se retirant dans un cloître. U avait renoncé à la souveraineté , il renonça au monde et prit les qrdres sacrés.

l58 HISTOIRE DE BRETAGNE.

Ganao avait réuni à son comté de Nantes les possessions de ses quatre frères. Maître de toute la Bretagne, il prit le titre de roi. Pendant ce temps«là, son neveu Judual était toujours à la cour de France , où i] trouvait peu d'emjMnesse» ment à lui fournir les secours qu'il solticîtait pour recouvrer ses états. Le sceptre avait changé de main ; Clothaire, successeur de Childebert, avait à pacifier des troubles domestiques. Cfaramne , son fils, s'était révolté contre lui. Cette ciroonstance, qui semblait devoir Êùre oublier les intérêts du prince breton , lui devint très-fevorable. Canao asile M fik irrité de l'asile que la France <k)niiait à son neciotiirire. veu, dccueillit le fils de GloAaÎK en Bretagne, et attira sur lui-même les armes d'un père irrité. i]iY«sion Deux corps de troupes fiançaises entrèrent

des Fnunçftis

en Bretagne, daus le pays e« 56o. Cun qui ramenait Judual , de Canao. mit ce priuce en possession du comté de Rennes; Tautpe remporta, près de Saint^Malo, une victoire décisive sur les troupes de Canao, qui p»dit dans ce^e action le trône avec la vie. Le fils dn roi de France avait près du rivage un vaisseau préparé pour assurer sa fiiite; mais sa fenune et ses eii£mts étaient restés dans une cabane peu distante du champ de bataille. U vouliit les sauver, il tomba entre les mams des siridats de son père , et ce père cru«l n'faésîta pas à ordonner son supplice. Lié sur un escabeau , (3»amne fut brûlé

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