‹ Histoire de BretagneChapitre 76 sur 192 · H y avait encore des rejetons d'une branche · texte numérisé non relu

H y avait encore des rejetons d'une branche

Graû^nU, cadcttc issuc du roi Budic, lesquels, à la mort COT^uaUie. d'Alain II, se trouvèrent assez puissants pour disputer des provinces à Grallon (1), second du nom , son fils , et le réduire au titre de comte de Cornouaille.

. Ici il devient presque impossible de suivre le fil de l'histoire , même en se bornant à la branche aînée. D'une part, le manque de faits notables, de l'autre, la confusion des noms, des titres, des lieux , des dates , ne perînettent plus de dire avec quelque certitude par qui et comment le pays fut gouverné (2).

(i)Gracllon-Alain, Gradlon-Flain.

(2) « Désormais la suite de notre histoire jusqu'au milieu de ce siècle , et même plus tard , ne peut plus qu avec une peine extrême être tirée de la confusion où quelques légendes des plus embrouillées et des plus suspectes l'ont laissée. »

LIViElE SECOND» I77

Ce qu'on voit le plus clairement , c'est qu'à NouveUe

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I exemple de la monarchie française, ou cepen* royaume, dant cet usage funeste cessa plus tôt , la souveraineté se partagea souvent entre les princes bretons.

De cette division durent résulter les discordes, l'affaiblissement de tous ces princes , et la nécessité, pour quelques-uns, d'implorer, et par conséquent d'acheter la protection de l'étranger.

Aussi, dès la seconde année du règne de Grallon, — les Français firent-ils une irruption en Bretagne. s'em^rSt* On ignore sous quel prétexte, mais le résultat de Nantir' cette expédition fut «qu'ils se rendirent maîtres ^°^**^® * dune grande partie de la liaute Bretagne, je veux dire des pays de Nantes , Rennes ^ Dol et Aleth.

II semble même qu'ils pénétrèrent juqu'à Tréguier ( I ). » De là des gouverneurs français qui pressurent le pays , s'emparent des revenus des églises , laissent les sièges épiscopaux vacants ou les prennent pour eux-mêmes, et sont appelés évêques d'épée (2).

(Mémoires de Gallet, chap. 6, § 29. ) Ce savant homme annonce qu'il va tâcher de tirer quelques vérités de ce chaos; mais nous n'avons pas cette partie de son travail , qu'il avait peut-être renoncé à terminer.

• (1) Gallet, Dissertation sur le Catalogue des anciens comtes de Comouaille.

(a) DomMorice, t. i,p. a5, et à la suite de son Histoire, Catalogue des évéques et abbés de Bretagne , t. 2, p. xiv.

Dans le reste de la Bretagne , le pouvoir se partage, tous les droits sont en litige, les titres sont confondus , les rois sont devenus des comtes.

Pendant quelque temps encore , les historiens, incertains sur la qualification à donner à tel ou tel prince (j), choisissent indifféremment entre les titres de roi, de duc, de comte, jusqu'à ce qu'enfin on n'ose plus donner le premier à des princes si obscurs. D'Argentré , qui dit lui-même que le titre de roi était alors à fort bon marché^ avoue que les Hoel II , les Alains I*^^ ne méritèrent que le surnom de fainéants. « D'où il arriva , ajoutet-ril, que les seigneurs et comtes se firent les maîtres. C'est pourquoi Grégoire de Tours a esté esmeu de dire qu'il n'y avoit plus de son temps que des comtes de Bretagne, et plus de rois, ce qui est bien faux , combien que leur lâcheté a faict oublier ces mauvais princes, dont les chroniqueurs françois en ont mal faict leur profit; mais ils dévoient regarder chez eux et recognoistre quelles gens

(i) « Conobert estoit comte de Rennes et de Nantes : Grégoire de Tours l'appelle comte de Bretagne, Aymoinus l'appelle roi, Sigebert l'appelle duc; et en effet tous ne savent guère ce qu'ils disent sur ce pas. La vérité est qu'il estoit comte particulier et seigneur desdictes villes sous le roi Alain. » (D'Argentré, Histoire de Bretagne, liv. i**", chap. $5. )

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