‹ Histoire de BretagneChapitre 77 sur 192 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

régnoieiit eii leur royaume , depuis Dagobert second de nom jusques à Pépin (i)« »

Cette réflexion est fort natureUe. Ici l'histoire de France explique celle de Bretagne. Pendant plus d'un siècle, c'est-à-dire d^ 690 à 8a4, la race des anciens rois , réduite à une petite province , fournit quelques princes obscurs, ou dont lesr actions du moins sont restées dans l'oubli ; et la succession directe , que jusqu'ici nous avons pu suivre ^s^z, exactement,' se trouve fréquemment interrompue par des riValités d'ambition et de meurtres.

Paniel, peveu de Grallon II, lui succède dans Daniel,

1 • 1 f 1 j^ «n -ri comte de

la possession du comte de Cornouaille. Il a pour Comouaiiie. héritier Budic (2), son fils, que les anciens bis-» Budic,id. toriens appellent Budic le Grand, sans nous dire comfnent il mérita ce nom,

Après Budic , Argant et Méliau se disputent cette Argant et principauté, et refusent le tribut qui avait été imposé à leur pays par la France. Tous deux sont 786. battus par des lieutenants de Charlemagne, qui dans ce même temps faisait en personne la guerre aux Saxons.

Méliau, comte de Cornouaille, est tué par Ri- 79«vod , son frère , laissant après lui un fils que ce R^^od ,

(i) D'Argentré, liy. 1*', chap. a 5.

(a) Budic-Mur, Benedict.

l8o HISTOIRE DE BRETA.GNE.

même frère fait périr, et que l'église de Bretagne vénère sous le nom de saint Méloir.

799' L'usurpateur est dépouillé à son tour par les

Français, qui s'avancent dans la presqu'île à la faveur de tant de divisions.

Réduite à de pareils termes , la narration ne serait plus qu'une chronologie aussi aride qu'incertaine, dont la mémoire ne saurait profiter, tant les noms sont barbares et les événements confus. Con^éte Lgg Français s'étaient accoutumés à exercer leur ** ^SS** domination sur la partie orientale de la Bretagne. «•«°« Rennes , Nantes , Dol , Aleth , qui touchaient aux limites de leur monarchie , avaient été occupées plusieurs fois depuis 691. Il en résultait que les vieux Bretons s'accoutumèrent à regarder ces villes comme ennemies, et en dévastèrent le territoire toutes les fois qu'ils firent quelques efforts pour éloigner les Français. Ceux-ci, de leur côté, ne virent dans ces mouvements que des révoltes. Pépin marcha en Bretagne en 753, et pénétra jusqu'à Vannes, qui tomba en son pouvoir (1). 77a. Quinze ans après , Charlemagne monta sur le trône envahi par son père, et fit occuper toute la presqu'île. Une nouvelle insurrection lui avait fourni le prétexte d'une nouvelle conquête. Vannes avait

(i) Annales de Metz , Recueil des Historiens de France, t. 5, p. 336.

Page 1