‹ Histoire de BretagneChapitre 95 sur 192 · LIVRE SECOND. ail · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. ail

quoi rendre la procédure interminable. Cette condition de former un tribunal composé de douze évêques, équivalait à un renvoi de l'affaire devant le clergé de France. Nomenoé n'eut garde de se> conformer à cette décision ; il convoqua quelques *^prélats , des abbés , des seigneurs du pays , intimida j^^ *'?°les accusés par des menaces, et fit signifier aux juges qu'il s'agissait d'épurer l'église en faisant justice de ceux qui la déshonoraient. On lut l'accusation et on fit entendre des témoins qui chargèrent les accusés. Dès la première séance, le prince s'écria que l'enquête paraissait suffisante, que quelques témoins de plus n'ajouteraient pas à là conviction ; qu'il ne fallait pas que de vaines formalités dérobassent des coupables à la peine qu'ils méritaient. Un des juges exhorta les accusés à confesser leur faute. Soit confusion , soit repentir, soit crainte d'un châtiment plus rigoureux , les évêques de Vannes , de Quimper, de Dol et de Léon s'avouèrent coupables , déposèrent les marques de leur dignité, et furent à l'instant dégradés comme ayant déshonoré l'épiscopat (i). Ce fut avec un

(i)Cet exemple ne corrigea point les simoniaques, car nous avons encore une allocution attribuée au pape Silvestre II, dans laquelle il introduit un évêque qui se vante d'avoir acheté Tépiscopat et vendu le sacerdoce. « Dernièrement, dit ce prélat peu touché de repentir, jai été sacré

aia HISTOIRE DE BRET4GHE.

tribunal ainsi composé et après une procédure aussi expéditive , que Nomenoé se débarrassa de quelques évéques, dont il redoutait la résistance plus qviil ne détestait leur crime. Aussitôt il en nomma d'autres ; il en augmenta même le nombre , et cnge Doi ^^ instituant des sièges épiscopaux à Tréguier et ^- à Saint-Brieux (i); de sorte que le premier ordre

évéqne par un archerécjae ; il iii*en a coûté omt sols pour obtenir ce grade; mais si je ne les avoîs pas donnés, je ne serois pas éTèqae aujourdliaL Bien m'en a pris de tirer de l'or de ma poche , plutôt que de manquer un si grand sacerdoce. J*ai déboursé, mais j'ai reçu Tépiscopat; et si Dieu me prête ▼ie, j'espère bien rentrer dans mon argent. J'ordonne un prêtre , et je recois de l'or ; je fais un diacre , et je toucbe une bonne somme d'argent. Les ordinations , les bénédictions des abbés et des églises , Toilà des profits assurés et tout mon argent revoiu dans mon gousset. » jib archiepiscopo sum nuper ordùiotus episcopas; cenùunqa^ soUdas dedi mt episcopalem gradum mihi canjemty quas si minime dedissem hodie épiscopus nonfitissem. Undt melias est mihi amrum de loceUo minuere quam tantum saeerdotiMun perdere^Aurum dedi et épiscopatum accepi, qaod tameny sifeUciter vîpo, reeeptumm iilicd non d^fido^ Ordino preshyteiwm etaedpio auntm zfacio diaconem et aceipio argenti muititudinem ; et de aiiis nihilih minus ordinibus singuiis, et de ahbatibus benedicendis et eceiesiis pecunite questus profii^re confido, Ecce aunun quod dedi in meo loceUo in iibatam haheo. ( Recueil des Historiens de France, t. lo, p. 332, et Histoire ecclésiastique de Fleury, liv. 58, t. 12, p. 369. )

(i) yàrrat vêtus -de eâ re indiculus, quem in Sancti ML-

Page 1