‹ Histoire de BretagneChapitre 96 sur 192 · LIVRE SECOND. ai · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. ai

du clergé de Bretagne se trouva renouvelé presque en entier, et composé de créatures du prince.

chaelis in mare bibliotkecd videre nos meminimus, Nomenoium è quatuor episcopatibus septemfecissey tribus novis constitutis; ttno apud Dolum monasterium, ubi archiepiscopi sedem esse jusserit; altero in monasterio Sancti Brioci; tertio similiterin Sancti Eabatuali, qui sedes fidt epi^opi trecorensis, ( Note du P. Sirmond, sur la lettre de l'assemblée de Savonière aux évêques bretons. Recueil des Capîtulaires , t. 2, p. 783. )

Cette pièce que le P. Sirmond cite comme se souvenant de Favoir vue au Mont-Saint-Michel', a été imprimée dans le même recueil, t. 2, p. 822, sous ce titre : Quomodo Nomenoius, tyrannus JBrittonum, de quatuor episcopatibus fecit septem, tempore Caroli Calvi régis Francorum. Au reste, le P. Sirmond se trompe lorsqu'il dit que Nomenoé porta le nombre des évêchés de quatre à sept. Avant ce prince, il y en avait sept , et il n'en créa que deux. Les voici dans l'ordre chronologique.

Nantes, vers la fin du 3® siècle. ) Fondés sous la domi- Rennes, vers le milieu du 4^ siècle, j nation des Romains. Quimper, \ Quelques auteurs en attribuent la fondation Vannes, > à Conan I"", roi de Bretagne, vers la fin du Dol. / 4^ siècle : quelques autres la placent plus tard.

Saint-Pol-de-Léon, établi par Childebert, fils de Clovis,

vers 520.

Aleth, ou Saint-Malo, établi par Hoel f, roi de Bretagne,

entre 5i3 et 545.

Saint-Brieux,' I , • t.t ' q,q

\ par le roi Nomenoe, vers 048.

Treguier, )

Il y a quelque incertitude sur la date précise de la fonda-

2l4 HISTOIRE DE BRETAGNE.

Maïs comme Nomenoé prévoyait que le métropolitain de Tours s'opposerait à l'installation de ces nouveaux évêques , il érigea de sa propre autorité le siège de Dol en métropole.

Orconstan. Q^g actcs violeuts de la puissance temporelle sur

CCS qui ^ ^

faTorisent les choses ecclésias tî ques , ont droit d'étonner dans

ces

entreprises le souveraiu d'uu royaume peu considérable, qui

sur le clergé. ^ i

même ne tenait pas Ja couronne Ae sa naissance. Le clergé du 9® siècle n'avait pas accoutumé les rois à déposer des évéques. L'empereur, qui venait de mourir, avait été soumis deux fois aux humiliations de la pénitence publique , et il n'y avait pas quinze ans qu'il avait été déposé. Il faut donc chercher dans les circonstances particulières à la Bretagne ce qui pouvait enhardir dans de telles entreprises un nouveau prince , en qui l'ambition et la fermeté n'excluaient pas la prudence.

La religion chrétienne s'était introduite en Bretagne par Nantes , à la fin du 3® siècle. Il est probable qu'elle y avait été apportée par des apôtres de l'église de Tours. De Nantes elle se répandit, vers le milieu du 4® siècle, dans le territoire de Rennes. Ces deux églises naissantes avaient été érigées en sièges épiscopaux avant que le pays eût échappé à la domination des Romains; et comme

tion des sept premiers; mais il est certain qu'ils existaient bien long- temps avant Nomenoé.

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la Bretagne faisait partie de la province appelée troisième Lyonnaise, dont Tours était la capitale , il était naturel que les deux nouveaux évêques se trouvassent sous la juridiction du métropolitain de Tours.

Depuis la première invasion des Bretons insulaires , en 383 , les malheurs de la Grande-Bretagne avaient amené sur le continent un grand nombre de fugitifs. Parmi ceux-ci il y avait des ecclésiastiques de tous les ordres. Les rois bretons , insulaires eux-mêmes d'origine , leur procurèrent des établissements. Ce fut pour un de ces étrangers, nommé Paul Aurélien , que Févêché de Léon fut créé en 5ao, et il y eut pour successeur saint Budoc , son compatriote. La ville d'Aleth fut aussi érigée quelques années après en siège épiscopal, en faveur de saint Malo , dont ce diocèse prit ensuite le nom. Saint Malo était un évêque insulaire réfugié dans l'Ârmorique.

L'un des plus considérables entre ces exilés était saint Samson , archevêque d'York. Il se réfugia , dit Mathieu Paris , dans la petite Bretagne , auprès de ses compatriotes , emportant avec lui le palliam qu'il avait reçu du pape. Il y fut accueilli avec beaucoup d'honneur, et ils l'élurent^ pour gouverner leur église, qui venait de perdre son pasteur (i).

(i) Gallet place cet événement entre Fan A90 et Tan 5i3,

Ses successeurs forent saint Téliave, évêque de LandafiF, qui avait passé la mer avec une partie de ses diocésains; et un autre Samson (i), qu'on a aussi canonisé , et qui , suivant plusieurs auteurs, avait été archevêque de M encvic dans le pays de Galles (2).

Ainsi l'orage qui dispersait les pasteurs de l'é» glise de la Grande-Bretagne, jetait sur la cote de l'Armorique des religieux sans asile, des évéques sans diocèse ; ceux-ci , placés dans cette nouvelle patrie sur des sièges érigés pour eux , ne devaient pas se trouver naturellement disposés à reconnaître que leur exil les dépouillât de leur dignité et donnât des droits sur eux à un métropolitain français.

Deux des nouveaux évéques de Dol avaient été revêtus du pallium avant de se réfogier sur le continent. Ils regardaient la dignité archiépiscopale et l'autorité métropolitaine comme inhérentes à leur personne , et ils se croyaient en droit de déployer ce caractère dans la nouvelle église dont l'administration leur était confiée.

Il Êiut ajouter que les anciens usages du clergé insulaire autorisaient cette opinion. Dans l'é-

(i) Voyez une note sur les deux saints Samson, Histoire de Bretagne de Dom Morice, t. i, p. 948.

(2) Gallet n'est pas de cet avis. Voyez sa note sur l'Histoire de Bretagne de Dom Morice, 1. 1, p. 952.

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