LIVRE SECOND. 2I
glise de la Grande-Bretagne , la suprématie n'était point attachée à un siège , mais attribuée personnellement à un évéque. Le métropolitain était à vie, et désigné par voie d'élection entre ses pareils.
A ces causes de dissidence sur la discipline , vint se joindre, dans les premiers temps, une question qui intéressait le dogme. C'était de la Grande- Bretagne qu'était sorti un docteur nommé Pelage, assez hardi pour professer la doctrine qui repousse la croyance du péché originel , et pour soutenir que les hommes ne naissent point coupables. Cette opinion , anathématisée par l'Eglise romaine , avait conservé des partisans dans l'île , et pouvait avoir été apportée sur le continent par les fugitifs. Cependant, nous ne voyons pas que l'église ait eu à poursuivre les Pélagiens dans l'Armorique; mais plus d'une fois elle témoigna de l'inquiétude sur l'orthodoxie des Bretons.
La liturgie, les règles des monastères, la discipline, tout ce qui rappelait quelques usages de l'église d'Angleterre , faisait ombrage au clergé gallican. Il nous reste encore un acte de l'empereur Louis-le-Débonnaire (i), dans lequel il ra-
(i) Dora Lobineau, Histoire de Bretagne, Preuves, t. 2, p. 26,etDom Morice, Histoire de Bretagne, Preuves, t. 1, ^ p. 228.
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pièce sur laquelle cette tradition est fondée. On rapporte (i) un fragment de lettre qu'on dit avoir été trouvé dans les archives d'une chartreuse , et qui contient la réponse du pape à Nomenoé.
Cette réponse est ainsi conçue : « L'homme de Dieu ( Convoion ) , incapable de soupçonner la perfidie , ayant entendu les paroles du tyran , et croyant que la mission qui lui était proposée n'avait réellement pour objet que le bien du pays et le salut du peuple, promit son intervention.
Chargé de beaucoup d'or et d'argent, il s'achemina vers B-ome. Arrivé devant le pape Léon , il lui présenta sa requête et un vase d'or merveilleusement travaillé; mais le pape répondit que jamais il n'avait entendu dire que , du temps de ses prédécesseurs , la petite Bretagne eût eu des rois; qu'on n^en trouvait aucune trace dans les archives de l'Église , surtout depuis le commencement de la monarchie française; que toujours, et jusqu'à présent, la Bretagne avait été soumise à la France , et qu'il ne convenait pas à l'Église romaine de porter atteinte , contre le bon droit et les statuts des pères , à la puissance du royaume de France , principalement pendant le règne d'un
(i) Collection de Martenne et Durand, t. 3, p. 536; Recueil des Historiens de France, t. 7, p. 49; Dom Morice,. Histoire de Bretagne, Preuves, 1. 1, p. 283.