‹ Histoire de BretagneChapitre 99 sur 192 · LIVRE Second. âi · texte numérisé non relu

LIVRE Second. âi

retourner ensuite contre Charles , qui , de son coté , avait Eût une invasion en Bretagne , où il avait pris Nantes et Rennes, mais qui n'osa pas l'y attendre, et enfin de s'avancer jusqu'à Vendôme, où la mort le surprit en 85 1. ssi.

La plupart des annalistes du temps disent qu'il Mon de fut miraculeusement frappé par un ange (i).

On ne doit pas s'étonner qu'un homme si entreprenant ait été jugé fort diversement. Rien n'est si dangereux, pour la réputation des princes, que de se brouiller avec le clergé , lorsque ce sont les moines qui écrivent l'histoire.

Dix ans de guerre avaient si bien affermi la sst. puissance de Nomenoé, qu'il transmit sa cou- Érispoé ronne à Érispoé son fils. Celui-ci trouvait la Bre- des aretons. tagne en discorde avec la France. Par une victoire signalée il força Charles-le-Chauve à la paix ; le traité en fut conclu à Angers. Le roi des Bretons Traité

, , d'Angers.

demeura en possession de son titre et de toutes ses conquêtes jusqu'à la Mayenne (a). A cette

(i) Notamment Adhemar, dans sa Chronique. Recueil des Historiens de France, t. 7, p. 226.

(a) « Charles le Chauve s'estima heureux qu'Erispoé vînt le trouver à Angers, qu'il lui rendît hommage, en mettant ses mains dans celles de son supérieur ; mais il lui laissa , dans cette cérémonie même, porter les ornements royaux. » ( Histoire des Français, de M. Simonde Sismondi, t. 3, chap. 9. )

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époque , l'ancien comte de Nantes , Lambert, mourut, assassiné par le comte du Maine. On a vu que TJomenoé s'était emparé de Nantes depuis longtemps ; mais le roi de France prétendant toujours que ce comté relevait de sa couronne , et ne pouvant l'arracher au prince breton , prit le parti de lui en donner l'investiture. Cette circonstance expliquerait comment les souverains de la Bretagne seraient devenus vassaux de la couronne de France , si l'on était bien sûr d'exprimer exactement par le, mot investiture y la nature de la concession que Charles fit à Érispoé; mais enfin ce fut une donation. Si jusque-là les droits de la France n'avaient été fondés que sur la force , dès ce moment ils le furent sur un acte par lequel Serment Érispoé rcconuaissait tenir de Charles une partie ^ris^r de la Bretagne ; et l'on peut admettre que , suife.c*iw! vaut les usages d'alors, il lui prêta serment de fidélité (i).

( I ) Datù manibus suscipitur ejusque dominationi se suhdidit. ( RéginoD, p. 4^ de l'édition de Francfort i6i3. ) Les annales de saint Berlin portent la même expression, datis manibus. Dom Morice ajoute : « C'est-à-dire , selon l'interprétation de quelques écrivains modernes, qu'il lui fit hommage, et qu'il ^ reconnut tenir ses états de lui. » On voit que le savant bénédictin n'ose pas adopter tout-à-fait cette version, de peur de faire un anachronisme. Mais enfin les expressions de Réginon, ejusque dominationi se subdidit, ne laissent point de doute sur

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