AVEC LE ROI DE BRETAGNE
lui a porté Hasting, il demande bien Tautorisation du roi, mais sur le refus de celui-ci, loin de se soumettre, il déclare que si Salomon ne lui permet pas de tenir sa parole, il va Tabandonner avec tous les siens, il cessera d’être son fidèle et son vassal (1). Et le roi cède immédiatement. On s’est prévalu de ce fait pour prétendre que les comtes bretons avaient au IX® siècle le droit de guerre privée. Cette conséquence n’est pas bien certaine.
Du moins de là doit-on conclure que, pour avoir accepté l’autorité d’un roi unique plutôt suzerain que souverain, les comtes n’en avaient pas moins gardé une bonne part d’autonomie et d’indépendance. Ce trait caractéristique fait prévoir et comprendre la réaction anti-unitaire qui éclatera après Salomon.
(1) « Protinns licentiam remanendi (Vurfandus) petit. Cum a principe (Salomone) objurgatos esset cur tam fatna obstinatione detentus, proverbiis inaniter in ventum prolatis, vellet mori suosque mort! tradere, nullatenus acquievU, asserens, nisi remanendi licentiam daret, nequaquam illi fidelis in reliquum foret... affirmans, si alios quam suos haberet, jam non esse vera quæ spoponderat. » (Reginonis Chronicon, édit, de Francfort, 1566, f. 43).