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SECTIONS DU FLOU DITES VILLA, LOCUS

913 et 914, la pars tremissa (ran tremes! Buiac (1), actuellement représentée par le gros village de Boiac, en la commune de Ploérmel, au Nord de cette ville.

Reste enfln à signaler quelques sections de plou désignées dans les actes du IX® siècle par les mots vagues de villa, locus, et dont on ne peut cependant méconnaître la parfaite analogie avec les subdivisions décrites ci-dessus. Voici par exemple (en 829 ou 835) un habitant de Bain nommé Moênken qui engage à Tun de ses compatriotes sa terre de Ran Ricuif, « située (dit la lettre d'engagement) B dans le pagus Broweroc, dans la plebs de Bain, dans la villa Jarmanac (2), » A la manière dont sont étagées ces trois indications topographiques, impossible de ne pas voir dans la dernière, non un simple village, mais une section du plou de Bain. Et en effet Jarmanac existe encore sous la forme légèrement modifiée de Germignac, et Germignac est demeuré jusqu'aujourd'hui le chef-lieu et le nom d'une des frairies de Bain.

Par un autre acte de même nature de 856, Gretcanham et sa femme Winhoiarn engagent une petite terre dite Bot Riwaloë, « sise (porte la charte) dans la plebs » de Çaroth (aujourd'hui Caro), dans le lieu (locus! appelé Ruminiac (3). * Or Ruminiac (auj. Reminiac), après avoir été longtemps trêve de Caro, est devenue paroisse et commune indépendante, avec un territoire de 1,200 hectares. Evidemment le locus ainsi mentionné n'est point un lieu quelconque; c'est une section de la plebs où il se trouve compris, — et, par le rapport du territoire actuel de Reminiac à celui de Caro, on sait même que cette section devait former environ le quart de ce plou (4).

D’autres actes (de 831 et de 855 ou environ) désignent également sous ce terme de locus une section de plou dite Lerniac, en Rufiac (5), et une autre en Augan appelée Nanton (6).

L’usage de partager le territoire et les habitants du plou en plusieurs sections, non pour les diviser, mais au contraire pour les unir plus intimement entre eux dans des groupes moins étendus, sorte de clans ou de grandes familles, — cet usage dérive évidemment de la conception des rapports sociaux sous la forme

(1) Cette randrémès, bien que située dans le diocèse d’Aleth, avait été donnée en usufruit personnel à Bili, évêque de Vannes, parle comte Matuédoi, qui au commencement du X* siècle possédait le Poher et le Poutrocoêt; l’évêque la donna ensuite aux moines de Redon, en 913 : « Bili, episcopus Veneticœ urbis , Matuedoi comitem petiit ut sibi permitteret partent Iremissam quœ vocatur Buiac, quam cornes nominatus sibi ad possidendum dederat , S. Salvatori Rotonensi in parrochia sempiterna dare » {Ibid., n» 275, p. 223). Cf. n®» 276, 277, p. 223, 224.

(2) c Vadiavit Moênken Ricuif, sitam in Bro-Weroch, in plebe quœ vocatur Bain, in villa Jarmanac v (Carlul. de Redon, n® 199, p. 155).

(3) « Petiolam in terra nuncupante Bot Riwaloe, in plebe Caroth , in loco nuncupante Ruminiac » {Ibid., n® 193, p. 149).

(4) Caro, aqj. com“* du c^“ de Malestroit, arrond. de Ploérmel (Morbilian); superficie : 3,772 hectares. — Reminiac, même canton; superficie : 1.201 hect.

(5) < Villam nuncupantem Loutinoc, sitam in pago Broweroch , in condita plebe Rufiaco , in loco nuncupante Lerniaco » {Cartul. de Redon, n® 155, p. 119). Ce viUage de Loutinoc existe encore sous le nom de Lodineu à 1,500 mètres environ au S. du bourg de Rufiac. Sur Lerniacus cf. Ibid., n® 138, p. 105. Ce nom de Lerniac, devenu ensuite régulièrement Lernai, puis par altération Liernaie, Liar-naie, est aujourd’hui abusivement transformé, mais encore reconnaissable dans le nom de La Hiar~ naie, village à 1 kilom. au S. de Lodineu.

(6) « Partem terrœ quæ vocatur Ran Tarw, in plebe Âlcam, in loco nuncupante Nanton, cum colonibus manentibus supra, filiis Dreworet et seminc eoruin, cum terris, silvis, pratis, pascuis, aquis, » etc. {Ibid., n» 99, p. 75).

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