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ET LA VILLA EN PAYS BRETON

vicairie (1). Cela montre à quels amples territoires pouvait être étendu ce nom de villa. — Grandchamp devenue vicairie renferma à son tour des villas, entre autres, celle de Marcis ou Martius (2) dont le nom semble un souvenir du culte des vieux Namnèles pour le dieu Mars (voir 1. 1®% p. 178-179).

En pays breton on attribuait souvent ce nom à des biens de médiocre importance, même à de simples hameaux, comme par exemple c la villa Branscean », en Carantoir — consistant en une maison d'habitation (mansiol, un grand champ (campus/ probablement coupé en cultures diverses (ce qu'on appela depuis une champagne], une prairie (fœnum/, — et occupé par un tenancier nommé Posidhoia avec ses trois fils (3). — Un peu moins exiguë , mais encore assez peu importante était la villa Bron Antrcar en Rufiac, comprenant un village (villare/ occupé par deux familles de colons, une culture d'environ huit muids de semence, des dépendances plus ou moins étendues en prés, hois, friches, cours d'eau, etc. (4). — En Fougerai nous voyons (en 888) le tiers d'une villa occupé par deux colons, ce qui suppose sur toute la villa six colons ou plutôt six ménages de colons (5). — En 870, un tenancier du nom de Judcar possédait une tenue formant la douzième partie de la villa Jodica ou Jedeca en Anast (auj. Maure); la rente annuelle payée par ce tenancier consistait en trois grands pains (panes majores], 4 setiers de froment, un muid d'avoine, 4 deniers monnaie (6). Cette villa comportait donc douze tenues de même valeur, douze tenanciers, libres ou colons, avec leurs familles; et la rente ci-dessus, multipliée par 12, devait représenter à cette époque une valeur notable. — Plus considérable encore était celle payée au prince Pascweten, en 875, par deux villas situées dans la plebs de Fulkeriac (Fougerai) et dites, l'une la villa Mordan, l’autre la villa Hoethlor. Chacune d’elles devait fournir annuellement à son maître 3 porcs, 3 moutons, 3 agneaux, 24 muids d'avoine, 18 muids de froment et 9 muids de seigle (7).

Ces deux villas de Fougerai étaient des terres importantes; plus encore celles de Colworetan, du Bignon, de Cleguer dont nous parlions tout d’abord, avec la couronne de petits villages, de manses secondaires, de tenues coloniaires ou libres qui les entourait. Il en était de même de la ville de Bron-Judwocon, en Peillac (ci-dessus, p. 159-160), dans laquelle on avait taillé quatre bénéfices. —

(1) Pour le vicus, voir CartuL de Redon, 43 et 211, p. 35 et 163. Pour la oicaria, n» 214, p. 165.

(2) Ibid, 43 et 214, p. 35 et 165.

(3) Ibid, no 166, p. 129, acte de SOI à 813.

(4) < Villam Bron Antrcar, viii modios de brace cum dnobos colonis, Roiantmonoc et Goidwal et semen eorum, et Wivrat et semen ejus, cum terris, cultis et incultis, silvis, pratis, pascuis, aquis, etc Factum est hoc in loco super ipsum villare. » Acte de Tan 846 //Md. n* 160, p. 123-124). — La Dilla Loutinoc en Rufiac était une terre de la nature et de Timportance de Bron Antrcar, et qui comportait aussi huit muids de semence (Ibid. n. 155, p. 119). Cf. ci-dessus p. 180 note 5. — Voir, aussi sur la oilla liurbrii ou Borbriu, et sur la oilla Alli ou Allii, l’une et l’autre situées c in plebe Wenran », les n®» 26 et 86 du CartuL de Redon , p. 21 et 65.

(5) c Dédit Alanus, cornes Warrochiœ pro^nciœ, tertiam partem villas Bron Coucar in plebe Felkeriac... Hi sunt coloni supradictœ terræ, Sulhoiarn et firater ejus Hinconan » (CartuL de Redon ^ no 239, p. 187).

(6) c Dcdit Jamobri Judcar cum terra sua, hoc est, xir**"* partem villœ Jodica, et hœc sunt renda illius : III panes majores, frumento iiii sextarios, avena i modium, denarios un » (Ibid., n® 253, p. 204; cf. n® 102, p. 77). En multipliant cette rente par 12, on a 36 pains, 3 muids de froment (le muid = 16 setiers), 12 muids d’avoine, 48 deniers. — M. Guérard estime la capacité du muid de Louis le Débonnaire à 68 litres ; mais cette appréciation a été contestée.

(7) Cart. de Redon, n® 262, p. 212-213.

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