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NOMS DIVERS DONNÉS AU RANN : PARS, VIRGADA, VILLA

de la princesse, et pour le salut de son âme il ofMt à Dieu et à l’abbaye de Saint- Sauveur deux rann, l’un, Ran Hocar, au territoire de Guérande et dont nous avons déjà parlé (ci-dessus p. 126 et 197), l’autre dans le Bro-Weroc, sur la rive droite de la Vilaine, au plou de Gabla (1), appelé Ran Caranton. Nous ne savons rien de sa contenance; il était cultivé par plusieurs colons, tous frères, l’ainé nommé Woretan. Ils payaient de rente annuelle, au maître du fonds, 6 muids d’avoine, 3 setiers de froment et 3 setiers de seigle, 6 deniers de monnaie, un porc de la valeur de 6 deniers et un autre plus jeune de 2 deniers, un mouton de 3 deniers et un agneau de 1 denier 1/2; de plus, au maire et au doyen qui étaient des agents du seigneur propriétaire , au premier 4 setiers moitié froment moitié seigle, et 2 setiers au second.

3» Noms divers donnés au Rann. — Reste à signaler certains synonymes du terme rann, et quelques autres expressions qui parfois l’accompagnent, parfois y sont substituées, mais plutôt comme qualificatifs que comme équivalents.

D’abord pars terrœ ou simplement pars traduction littérale du mot rann, le remplace assez souvent dans nos chartes en tête des noms propres. Ainsi l’on trouve pour désigner le même domaine. Pars Maëltiern et Ran Maêltiern, — Pars Riantcar et Ran Riantcar, — Ran Wicanton et Pars Wicanton, — Ran Santan et Pars Santan, — Pars Hoccretan et Ran Hoccretan (2), etc.

Le mot oirgada, vergée, est employé dans les chartes bretonnes du IX« siècle, non — comme il l’est le plus souvent dans les textes du moyen-âge — pour désigner une mesure agraire, mais comme pur synonyme do rann breton. Ainsi une terre du plou de Peillac, nommée d’abord Virgada Riocan, reparaît bîentôt après sous la forme de Ran Rîocan (3); de même Pars Pérou, c’est-à-dire Ran Peron, devient ensuite Virgada Peron (4). Puis fréquemment paraissent des clauses comme celles-ci : c Rethwobri a donné trois vergées (virgadœj de son » propre héritage, ainsi nommées Ran Hoêdlmonoc, Ran Turnor, Ran

> Riwocan. » Et encore : a Arzuiu a donné à sa femme Maginsin, deux oirgadœ, à savoir Ran Ricnlf et Ran Bndhoiarn > (5) etc.

On a appliqué assez souvent à des rann le titre de oilla, non comme synonyme de rann mais pour marquer l’importance relative du domaine auquel on donne ce nom. Ainsi Ran Winiau, Ran Wicanton, Ran Lowinid ont été appelées oilla Winiau, oilla Wicanton, oilla Lowinid (6). Une charte de l’an 867 porte : c Hirdhoiam fils d’Haêlin a donné à Redon le Ran de Botghellet et une autre oilla

> dite Loênetcnoch (7). » D’après cela, le Ran Botghellet aurait été une villa. Loutinoc, en Rufiac, appelé Ran Loudinoc en 821, est qualifié oilla Loutinoc

(1) Ihid, n® 260, p. 210. Plehs Gabla, au XI® siècle Plebs Gauele, Plégaule ou Pléaule, aig. Péaule, c»® du c*®" de Questembert, arrond. de Vannes (Morbihan). — Cf. Cariai, de Redon, p. 259 et Prolégom.

p. CCGLVII.

(2) Voir Cart de Redon, p. 100 et 101, - 112 et 113, - 131 et 133, - 203.

(3) Ibid. n®« 212, 213, p. 163, 164.

(4) Ou « virgada Piron ». Ibid, n®* 129, 130, p. 98, 99.

(5) Ibid. n®> 179 et 186, p. 138 et 144. — Sur la synonymie de rann et de virgada, voir encore n®® 27, 49. 71, 178, p. 22, 39, 56, 137.

(6) Voir Cartulaire de Redon, p. 7-8, 131-132, 116.

(7) c Ran quœ vocatnr Bothgellet et aliam villam » etc. (Cartulaire de Redon, n® 159, p. 122). Au lieu de « Loenetcnoch » il faut lire Loën et Cnoch, comme on le voit au n* 145, p. 111.

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