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CULTURE DE LA VIGNE AU IX® SIÈCLE

entre l’Out et l’Aff, Carantoir, Rufiac, Ploèrmel, Augan, Guer, Campénéac, Lanouée, — entre TAff, la Vilaine et le Meu, les pions de Bain, de Renac, de Sixt et Alarac, de Guipri, de Plélan, de Médréac, etc. (1).

Dans leur lutte contre la forêt les Bretons du siècle ne se bornaient pas, après ravoir extirpée, à lui substituer de grands champs de blé doré et de longues nappes de prairies verdoyantes ; il s’essayaient aussi, même dans le Broweroc, à la culture de la vigne, peut-être empruntée à leurs voisins du Nantais, mais qui n’était point inconnue aux Bretons du IV® siècle, car la Vie de S. Magloire nous la montre pratiquée aux iles de la Manche alors toutes bretonnes, et la Vie de S. Malo nous peint ce grand évêque donnant ses soins aux vignes du pays d’Aleth (2). Même s’il en fallait croire le Cartulaire de Landevenec, cette culture eût pénétré dès la fin du V® siècle au fond de la péninsule armoricaine, et la plus ancienne vigne de Bretagne serait celle donnée par le roi Gradlon à saint Gwennolé dans un acte ainsi conçu : « Je Gradlon, roi par la volonté de Dieu, » donne à saint Gwennolé et à ses disciples qui servent Dieu avec lui, en » perpétuel héritage, une vigne dans le plou d' Hamac (auj. Hanvec), vigne qui » s’étend jusqu’à la pierre appelée le Perron de S. Gwennolé, sur laquelle est n gravée l’image de la croix (3). n — Mais les chartes du Cartulaire de Landevenec mises sous le nom de Gradlon sont une fabrication du XP siècle ; celle-ci prouve seulement qu’en ce dernier siècle les moines de Landevenec possédaient en la paroisse d’Hanvec une vigne regardée comme très ancienne dont ils jugèrent à propos de rapporter l’origine au roi Gradlon.

Arrivant au IX® siècle, des actes authentiques attestent la culture de la vigne en diverses localités des diocèses de Nantes, de Vannes et d’Aleth.

Sur le bord de la mer, à Pen-Keriac (auj. Piriac), il y avait des vignes, de 861 à 872, dans les dépendances de la villa Granbudgen, — en 848, sur la rive droite de la Loire, au manse de la Fontaine-Abion en la condita de Savannac, auj. Savenai (4), — au S.-E. de Savenai, tout au bord du fleuve, en la condita de Coiron, sur un domaine appelé Griciniac, encore existant dans la commune de Couéron près Nantes, où il est représenté par un village dit aujourd’hui Raisiné, A première vue nulle ressemblance entre ces deux noms ; pourtant le second n’est autre que le premier, transformé de siècle en siècle par les habitudes ou, pour mieux dire, par les lois de la prononciation populaire, qui de Griciniac a fait successivement Riciniac, Ricignac ou Récignac, puis, — par l’adoucissement bien connu de la terminaison ac, — Récigné, Réciné, d’où l’on n’a qu’un pas à faire pour atteindre Résiné, dont les « puristes » ont « rectifié » l’orthographe en écrivant

(1) Voir Cariai, de Redon : Pleucadeuc, p. 10. 11, 13, 88, 205, 217. — Molac, 201, 203. — Serent, 213.

- Carantoir, 8 , 29 , 69, 123. - Rufiac, 54, 105, 112 à 115, 117, 119, etc. - Augan, 75. - Guer, 135. - Campénéac, 150. — Lanouée, 127. — Bain. 2, 3, 91. — Renac, 31, 32, 62, 63. — Sixt, 4. — Alarac, 41.

— Guipri, 224. — Plélan, 40 , 60 , 61. — Médréac, 18. — Buiac, en Ploèrmel, p. 224.

(2) Voir notre tome p. 461 note 1 , et p. 467.

(3) c Ego Gradlonus... do S. Wingualoeo... aineam usque ad petram quœ dicitur Padrun S. Wingualoei, in qua scnlptum est signum sanctœ cnicis» {Cariai, de Landevenec, édit. A. de la Borderie, p. 158). Sur Padran voir Loth , Chreslomalhie bret., p. 156.

(4) Voir ci-dessus p. 189 note 1 et p. 193 note 6.

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