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INSTITUTIONS RELIGIEUSES DE LA BRETAGNE

AU IXe SIÈCLE.

UAND on embrasse d’un coup d’œil ce qu’on appellerait aujourd’hui révolution ou — plus simplement — l’histoire des institutions religieuses en Bretagne au IX® siècle ^ ce qui frappe surtout, c’est la décadence, la diminution, l’effacement progressif des traits qui à l’époque précédente caractérisaient si fortement l’église celto-bre tonne d’Armorique. La principale cause de cette décadence fut le joug carolingien imposé aux Bretons en 799 et qui pesa sur eux plus ou moins pendant plus de quarante ans. L’autorité étrangère, pendant cette période, s’attacha à remplacer en Bretagne les évêques de race bretonne, gouvernant l’église bretonne à la mode bretonne, par des prélats de race et de sympathies frankes, ayant pour mission de combattre, d’annihiler les usages et les institutions religieuses spéciales à la Bretagne, et d’assimiler en tout le régime ecclésiastique de ce pays à celui de la Gaule franke. — Le trait essentiel, tout à fait spécial, original, caractéristique de l’église bretonne du VP au IX® siècle, c’est son caractère exclusivement monastique : pas de clergé séculier, des moines partout, rien que des moines; ces moines suivant des règles diverses issues de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, nulle part la règle bénédictine, qui depuis la fin du VI® siècle régnait seule dans toute la Gaule ; enfin les limites territoriales des diocèses encore mal assurées, et l’autorité épiscopale partout unie à la puissance abbatiale, non que tous les abbés fussent évêques, mais tous les évêques étaient abbés.

Ces traits, aq IX® siècle, vont disparaître. Un clergé séculier va naître et s’étendre et prendre sur bien des points le gouvernement spirituel des plous, plebes, ou paroisses bretonnes ; et le clergé régulier qui naguère remplissait tout, qui seul pourvoyait, suffisait au service religieux du pays, sera invité de proche en proche à céder une bonne partie de la place qu’il occupe et à rentrer dans ses cloîtres. Les vieilles règles scoto-bretonnes, remontant aux Gildas, aux Columba, aux Iltud et aux Brioc, peut-être même à saint Germain d’Auxerre, vont reculer peu à peu avec leur diversité pittoresque, puis disparaître dans le triomphe de la grande règle bénédictine. La fonction épiscopale sera disjointe désormais de la dignité abbatiale, et tous les diocèses bretons verront leur

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