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DE LA MONARCHIE BRETONNE

ANS la deuxième Époque de notre Histoire, on a vu les Bretons insulaires entrer dans la péninsule armoricaine et s’y installer en tel nombre, que ces nouveaux venus changèrent la langue et le nom du pays, la forme des institutions civiles, politiques et religieuses (1). L’élément armoricain se fondit, pour ainsi dire, dans l’élément breton, et si l’on nomma le pays Bretagne armorique, ce fut surtout pour le distinguer de la Bretagne insulaire, non pour rappeler l’importance que l’élément armoricain y aurait conservée.

Voilà donc la nouvelle nation plantée, établie, constituée dans cette péninsule qui désormais sera un pays tout breton. Mais cette nouvelle nation porte en elle un germe de ruine et de mort, à savoir, sa division en trois petites principautés, sa tendance à l’éparpillement, à l’émiettement en tribus et souverainetés microscopiques, sa répugnance à la formation d’une forte unité nationale embrassant toute la race.

Placés près d’une nation belliqueuse comme les Franks et d’üne vaste monarchie comme l’empire mérovingien, ce n’était pas trop aux Bretons de s’unir et d’agir ensemble pour défendre contre ces dangereux voisins leur existence et leurs libertés. S’ils restaient divisés, ils devaient un jour ou l’autre succomber.

Sous les Mérovingiens, il est ^Tai, cette division ne semble pas avoir porté sérieux dommage aux Bretons. Sous cette dynastie la puissance des Franks se

(1) Voir ci-dessus tome p. 247-250, 253-256, 280-286.

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