‹ Histoire de Bretagne. Tome secondChapitre 208 sur 392 · DU VI« AU IX® SIÈCLE : ÉVÊQUES DE VANNES · texte numérisé non relu

DU VI« AU IX® SIÈCLE : ÉVÊQUES DE VANNES

quand il les déposa dans l’abbaye de Saint-Serge d’Angers : inscription qui donne formellement à Brioc le titre d’ « évêque de Bretagne » , episcopus Britanniœ (1). Il y a donc tout lieu de croire que , au Champ du Rouvre comme au Val Trécor et à Lan-Âlelh, non seulement le fondateur, mais la plupart de ses successeurs unirent à la dignité abbatiale l’épiscopat, exercé d’abord exclusivement dans l’abbaye-mère et dans ses dépendances.

Mais le diocèse de Dol , embrassant la Domnonée depuis le Coêsnon jusqu’à la rivière de Morlaix, était si vaste que ses évêques ne pouvaient, seuls, suffire à son administration. Aussi laissèrent-ils sans opposition se former près d’eux le diocèse territorial d’Aleth (2), et dans la partie de la Domnonée située à l’Ouest de ce diocèse (entre l’Arguenon et la rivière de Morlaix), ils furent heureux, on n’en peut douter, d’accepter pour auxiliaires les évêques-abbés des monastères de cette région, surtout des deux principaux, le Val Trécor et le Champ du Rouvre (qui finit bientôt par prendre le nom de son fondateur et par s’appeler Saint-Brieuc). On doit même penser que les prélats de Dol donnèrent bientôt à l’abbé-évêque du Val Trécor une délégation spéciale pour administrer, sous leur autorité, la région de la Domnonée qui avoisinait son monastère, et de même à l’abbé-évêque du Champ du Rouvre.

Telle est l’organisation épiscopale existant en Bretagne vers la fin du VI® siècle et la première moitié du VII®. De là jusqu’à l’époque où Nominoë apporta dans cette organisation les changements dont on a parlé plus haut (p. 55-58), même jusqu’à la fin du IX® siècle, nous allons, dans un exposé rapide, essayer d’en indiquer le développement. Dans le Cartulaire de Redon figurent nommément les évêques et les évêchés bretons de Vannes et de Cornouaille, d’Aleth et de Dol, sans parler des diocèses gallo-franks de Rennes et de Nantes dont nous ne nous occuperons pas en ce moment; si l’on n’y rencontre point l’évêché de Léon, cela tient uniquement à la distance qui sépare Léon de Redon et qui rendait à cette époque les communications très difficiles et très rares, car sur la persistance du diocèse de Léon au IX® siècle, il n’y a pas de doute possible.

A Vannes on ne connaît avec certitude qu’un petit nombre des successeurs de saint Patern. — Modestus qui prit part au concile d’Orléans en 511; Macliau prêtre et évêque par peur en 552, puis apostat en 560; Eunius exilé par le roi Chilpéric en 577 ; Regalis qui harangua en 590 le duc frank Ebrakher (3) : tels sont les seuls évêques de Vannes antérieurs au IX® siècle dont l’existence soit incontestable. 11 y en a bien d’autres sans doute dans les vieux Catalogues, mais ces Catalogues de très basse époque ne méritent aucune confiance. Tout au plus si, en raison des traditions liturgiques du diocèse de Vannes, il y a lieu d’admettre comme ayant occupé ce siège, entre le VI® et le IX® siècle, Meldoc, Guénin (Guenninm) , et Amant (Amans), qualifiés saints et évêques de Vannes

(1) Voir ci-dessus p. 74, note 3.

(2) Voir notre tome I". p. 500,601.

(3) Ibid., p. 445446, 449450.

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