ÉVÊQUES DE CORNOUAILLE
dans les anciens calendriers de cette église, où leurs fêtes sont inscrites aux 26 juin, 19 août et 13 septembre (1).
Pour le IX® siècle, le Cartulaire de Redon fournit la suite complète des évêques de Vannes. De 800 à 820 nous voyons sur ce siège Isaac d’abord, puis Winhaëloc dont le nom décèle l’origine bretonne; mais ce dernier, qui vivait encore le 3 février 821 , avait reçu dès l’année précédente un successeur de race franke (2), Raghener (autrement dit Rainier ou Rénier), tout dévoué aux intérêts de l’empire frank, beaucoup plus même qu’à ceux de la religion (ci-dessus p. 35), qui gouverna ce diocèse jusqu’en 838 (3) et fut remplacé par Susannus. Celui-ci, c’est le chef de ces malheureux évêques simoniaques dénoncés par Conwoion et qui, après avoir avoué leur trafic sacrilège, finirent par quitter leurs sièges en 848 (4). Susannus fut remplacé, en 849 ou 850, par Couranigen, qui vécut jusqu’en 869 ou 870 (5). Dilis son successeur ne fit que passer sur le siège de Vannes; dès 871, Jérémie lui avait succédé et allait à Rome porter au pape Adrien II les présents et les hommages du roi Salomon. Kenmonoc, que l’on rencontre dans nos chartes de 878 à 888, et Bili, de 892 à 908, ferment la série des évêques vanneiais du IX® siècle. Les anciens calendriers de l’église de Vannes honorent le dernier du titre de saint et marquent sa fête au 23 juin (6).
Quant aux évêques de Cornouaille, on ne peut douter que S. Corenlin n’ait eu une suite régulière de successeurs ; il en est question dans plusieurs documents hagiographiques, entre autres dans la Vie de S. Méloir. Des noms et de l’histoire de ces successeurs on ne sait à peu près rien. Cependant, comme pour Vannes (p. 266), nous tenons pour admissibles dans la liste des évêques de Quimper, du VI® au IX® siècle, ceux dont l’existence s’appuie sur quelques traditions liturgiques, savoir, saint Conogan, inscrit au 15 octobre dans les anciens calendriers de Saint-Méen et de Léon, et patron de l’ancienne paroisse de BeuzibConogan près Landernau, ~ saint Allor, fêté le 26 octobre dans le calendrier de Léon, patron de Plobannalec, Tréguennec et Tréméoc, trois paroisses duXap-Caval, — saint Alain, « dont le diocèse de Quimper (dit Lobineau)solennise la fête au 27 novembre avec beaucoup de distinction. » (Voir Lobineau, Vies des SS. de Bretagne, édit. 1725, p. 53-54, 85, 164; Albert Legrand, Vies des SS. de Bretagne, édit. 1680, Catalogue des évêques, p. 169, 170). — Conogan aurait été le successeur immédiat de saint Corentin, selon une légende toute moderne et sans aucune valeur, suivie par Albert Legrand (édit. 1680, p. 492-495; édit. Kerdanet, 623-625). Le plus
(1) Notamment dans le calendrier du missel de Vannes de 1535 (impression gothique) ; S. Guénin figure aussi dans le calendrier du bréviaire de Vannes de 1589. On trouve encore dans ces deux calendriers, aux 7 juin, 23 juin et 3 novembre, les fêtes de S. Meriadec, de S. Bili et de S. Gobrien ; mais Bili appartient au IX* siècle ; Meriadec et Gobrien sont encore plus récents.
(2) Voir A. de la Borderie, Chronologie du Cartulaire de Redon, p. 58-59, dans Annales de Bretagne, V, 592-593. — Rainier figure comme évêque de Vannes dans un acte du 29 juin 820 (Cartul. de Redon, n* 250, p. 202) ; Winhaëloc avait donc dès lors été forcé soit de lui céder la place, soit au moins de le recevoir pour coadjuteur.
(3) Ibid., p. 60-61, Annales de Bret., V, p. 594-595.
(4) Voir ci-dessus p. 54 et 55, notamment p. 54 note 1.
(5) Voir ci-dessus p. 92, 93, 107.
(6) Missel de 1535, bréviaire de 1589. — Sur la succession chronologique des évêques de Vannes du IX* siècle, voir A. de la Borderie, Chronologie du Cartul. de Redon, p. 58 à 72, et Annales de Bref., V, 592 à 606.