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ÉVÊQUES D’ALETH

Joheoius on Jaoaa et Tighernomagle nommés dans celle de S. Paul ; et enfin cet illustre apôtre se déchargea tout à fait de l’épiscopat entre les mains de Ketomeren qui lui survécut. Après celui-ci nous trouvons encore, aux dernières années du VI* siècle, Goalven qui ne fit que passer sur le siège de Castel-Paul et se déroba au redoutable fardeau de l’épiscopat par une fuite précipitée, — et au VII* siècle S. Tenenan (1),

Au IX* siècle, Liberalis, évêque de Léon fepiscopas OcismorensW fut, selon la Chronique de Nantes (2), l’un des évêques simoniaques qui se démirent de leurs sièges en 848 au synode de Coêtlouc’b : on ne sait par qui il fut remplacé. Une vingtaine d’années plus tard, un évêque de Léon appelé Dotwoion figure dans la Vie de S. Malo écrite par le diacre Bili (3), et en 884 le moine Wrmonoc, dans la préface de la Vie de S. Paul Aurélien qu’il vient de composer, offre cette œuvre à un autre évêque de Léon du nom d’Hinworet (4). Les noms des autres titulaires de ce siège au IX* siècle ne sont pas venus jusqu’à nous; ces trois-là suffisent à montrer que la série épiscopale s’était continuée régulièrement depuis S. Paul Aurélien.

A Aleth, les successeurs du grand saint Malo aux VII* et VIII* siècles sont presque inconnus. Cependant le diocèse était solidement organisé ; on le voit par cette histoire si curieuse de la députation aléthienne envoyée à Saintes pour réclamer les reliques du premier évêque d’ Aleth (5). Quant aux noms des pontifes, avec les antiques hagiographies, avec les vieux diptyques et les vieilles chartes, ils ont été engloutis par le grand déluge des invasions normandes du X* siècle. A peine en surnage-t-il trois ou quatre conservés par des traditions anciennes ou par les documents liturgiques. Saint Enogat, saint Guroal ont leur fête dans les anciens calendriers avec le titre d’évêques du diocèse (6), et la tradition locale les range parmi les premiers successeurs de saint Malo. Saint Gurval a même des leçons (fort modernes à la vérité, du XVII* siècle seulement), où il est dit qu’il se démit de son siège en faveur de son archidiacre appelé Coalfinit. Un nom mieux attesté encore est celui de saint Maëlmon, qualifié évêque d’Aleth dans la Vie ancienne du roi Judicaël, qui nous montre, vers le milieu du VII* siècle, ce prince et ce pontife en pieuses et familières relations (7).

Les évêques d’Aleth, assez nombreux, que nous rencontrons au IX* siècle, semblent tous avoir été de franche race bretonne, à commencer par Haëlocar ou Hélocar vivant en 816 et qui était aussi abbé de Gaël (8). Après lui on trouve sur le siège d’Aleth Ermor, mentionné dans les chartes de Redon à diverses dates,

(1) Voir notre tome p. 459 , 349 , 496.

(2) Edition Merlet , p. 38.

(3) Vit, S. Machuti, lib. II, cap. 17, dans Bulletin de la Soc, archéol, d* Ille-et-Vilaine, XVI, p. 254, et 256. — Le diacre Bili dédie son œuvre à Ratwili, évêque d’Aletb, mentionné en divers actes du Cartulaire de Redon de 866 à 872.

(4) Vit, S, Pauli Aurel, auctore Wrmonoco, édit. Cuissard, dans Revue Celtique V, p. 417.

(5) Voir notre tome R**, p. 500 à 503.

(6) Notamment dans le calendrier du bréviaire malonin de 1537, qui met la fête de S. Enogat au 13 janvier et celle de S. Gurval au 6 juin. — Quant au catalogue contenant 18 noms d’évêques d’Aleth, mis au jour par le P. du Paz (p. 855-856), il est absolument fabuleux ; il n’y a rien à en tirer.

(7) Sur S. Maëlmon et sur S. Gurval, voir notre tome P', p. 485-486 et p. 492.

(8) Voir ci-dessus p. 6 note 1.

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