‹ Histoire de Bretagne. Tome secondChapitre 215 sur 392 · DANS LA SECONDE MOITIÉ DU IX* SIÈCLE · texte numérisé non relu

DANS LA SECONDE MOITIÉ DU IX* SIÈCLE

Voici donc la situation de Tépiscopat breton au milieu du IX* siècle, après la lutte de Nominoë pour délivrer la Bretagne des prélats anti-bretons imposés par la domination franke, après, aussi, la courageuse résistance opposée par le roi Salomon aux intrigues et aux attaques acharnées d’Actard et de ses complices. — D’un côté, les deux évêques de l’ancienne marche franko-bretonne, dont les diocèses, lors de l’érection de la métropole de Dol, ne faisaient pas partie de la Bretagne et dépendaient sans consteste de la province de Tours, ces deux évêques (Rennes et Nantes), après l’annexion de leurs territoires au royaume breton en 850, restèrent fidèles à la vieille métropole, sans que les rois de Bretagne semblent avoir essayé de les en détacher. Les sept autres évêques de ce royaume formèrent la province ecclésiastique bretonne, ayant Dol pour métropole, pour suffragants Aleth, Léon, Quimper, Vannes, Saint-Brieuc, Tréguer : ces deux derniers non plus délégués de Dol, non plus abbés-évêques, mais évêques investis d’un pouvoir propre et chacun d’eux l’exerçant sur un diocèse à territoire continu et à limites fixes. Il y avait pourtant encore en Bretagne des abbés-évêques, comme on le voit par l’Hélocar de 870 (ci-dessus p. 271-272). Mais le pape ne leur reconnaissant plus le droit de conférer l’ordination, même à leurs moines, c’était là évidemment l’arrêt de m'ort de cette institution.

Par ailleurs, comme nous l’avons vu dans les deux premiers paragraphes du présent chapitre, la règle bénédictine réussit, dans le cours du IX* siècle, à remplacer partout les vieilles règles ou coutumes monastiques scoto-bretonnes : de là des modifications importantes et dans la discipline et dans la forme extérieure des monastères. De plus, le clergé séculier, qui depuis le VI® siècle s’était éclipsé chez les Bretons, y réparait au IX* siècle et se multiplie assez rapidement pour enlever aux moines le gouvernement spirituel d’un grand nombre de paroisses.

Nous avions donc raison de dire au début de ce chapitre que le IX* siècle vit s’accomplir dans l’organisation de l’église brito-armoricaine des changements d’une capitale importance , qui en modifièrent profondément le caractère original et (malgré la métropole dissidente de Dol) la rapprochèrent beaucoup de l’organisation ecclésiastique du reste des Gaules.

Ler’h de Crach (ci-deasoua, p. 290).

Page 1