MŒURS ET ÉPISODES DU IX® SIÈCLE
»VANT de reprendre la narration des événements historiques, nous joindrons à Texposé que nous venons de faire des institutions bretonnes, civiles et religieuses, du IX® siècle, un certain nombre de traits et d*épisodes pris dans les documents authentiques, qui achèveront de nous faire connaître les mœurs des Bretons de ce temps. Lobineau, notre grand devancier, ne dédaignait pas ces détails, nous lui en emprunterons quelques-uns.
§ 1. — Curiosités des actes publics.
« Les actes publics, dit Lobineau, étaient dressés par ceux qui sa voient les composer » — on pourrait ajouter, et les écrire, — c’est-à-dire « le plus souvent par des clercs, des moines, des abbés. »
Le personnage qui avait rédigé et écrit un acte, — celui que nous appellerions aujourd’hui le notaire — inscrivait souvent son nom à la fin de la pièce, et dans nos actes du IX® siècle nous ne trouvons pour notaires que des prêtres, des clercs, des moines, des abbés, par cette raison toute naturelle qu’il n’y avait guère qu’eux à savoir écrire et à posséder quelque instruction littéraire. La plus ancienne mention que nous ayons de saint Conwoion nous le montre dans ces fonctions, minutant l’acte de vente d’une terre de sa paroisse natale Cambliciac (Comblessac), au pied duquel il écrit : « Cunwoion clericus scripsit has litteras — Le clerc Conwoion a écrit cette lettre (1). » Plus tard, après la fondation de Redon, malgré les charges de l’abbatiat, il revint plus d’une fois à sa première profession ; nous l’avons vu plus haut l’exercer en 833 dans une attitude assez curieuse sur les landes de Cléguérec (ci-dessus p. 149, 213). Condeloc, l’un des moines de
(1) Dans D. Morice, Preuves I, col. 268. — Cet acte est tronqué dans Tédition du Cartul. de Redon, voir p. 363, n® 1.