‹ Histoire de Bretagne. Tome secondChapitre 221 sur 392 · RELIQUES NOTABLES A LAILLÉ, A SIXT, A REDON · texte numérisé non relu

RELIQUES NOTABLES A LAILLÉ, A SIXT, A REDON

la personne à laquelle on donnoit, c’est-à-dire, on la mettoit en possession par la remise d’un gant ou d’un bâton ou bien du couteau du donateur, souvent par une motte de terre ou de gazon prise dans le champ ou le domaine donné. » Parmi les principaux mobiles de ces donations Lobineau signale, entre autres, la piété envers les reliques des saints qui entraînait aussi les pèlerinages ; la piété envers les morts et le désir d’assurer par des aumônes et des prières le salut de leurs âmes.

§ 2. — Reliques et pèlerinages.

Heureuses les églises en possession de reliques illustres ! Sans cesse elles voyaient de pieux visiteurs remplir leur enceinte et vénérer leur sanctuaire. Dans la colonie bretonne établie au IX® siècle entre la Vilaine et la Loire, si Wenrann (Guérande) prit bientôt une notable importance, elle le dut surtout aux reliques de saint Aubin qu’elle possédait dès ce temps (1). — En 852 on trouve aux environs de Rennes, vers Laillé, ce fait curieux : deux moines, David et Moruntius, ne faisant partie d’aucune communauté, associés entre eux pour garder et exhiber des reliques vraies ou prétendues « du saint Sauveur et de sa mère la Vierge Marie, d en l’honneur desquelles on leur faisait de belles donations de terres (2). Bientôt sans doute leur conscience leur reprochant la façon dont ils s’étaient procuré ces biens, ils s’en dépouillèrent en faveur de Saint-Sauveur de Redon et firent disparaître leurs reliques dont il ne fut plus question (3),

Aux environs de Redon, l’église de Sixt possédait au IX® siècle les reliques d’un saint Just martyr, d’ailleurs fort inconnu, sur le chef duquel, dit-on, on ne prêtait jamais impunément un faux serment (4).

L’abbaye de Redon possédait, on le sait, de très belles reliques : les corps entiers du pape saint Marcellin ; de saint Maxent la lumière de l’Aquitaine, qui vint donner sa gloire et son nom au monastère de Plélan; de saint Méloir évêque, très différent du jeune prince Méloir comte de Cornouaille. Mais la première relique insigne, le premier corps saint dont Redon s’enrichit fut celui de saint Hypothème ou Apothème. Ce nom ne dit rien aujourd’hui ; il faut quelque recherche pour découvrir, *sur la fin du IV® siècle, ce bienheureux parmi les évêques d’Angers, et certes, pour le plaisir d’avoir de ses reliques, nul ne se soucierait de commettre un vol. C’est pourtant là ce que fit un saint, non l’un des moindres du calendrier breton, l’illustre fondateur de Redon, saint Conwoion en personne, vers l’an 840. Cette histoire mérite figurer ici.

« En ce temps (dit l’historien des origines de Redon) le vénérable Conwoion

(1) En 854 : « Ista donatio celebrata est in ecclesia quœ dicitur Werran , ante sanctum altare in quo habentur reliquiœ Sancti Albini » {Cariiil. de Redon, append. n®42, p. 370).

(2) En 852 : « Ego , in Christi nomine , Theodericus clericus donatum esse volo ad reliqnias sancti Salvatoris et genitricis ejnsdem Mariœ Virginis, et custodibus eanim David monacho seu Morundo (ou Moruntio) monacho , dono illas res meas quœ sunt in pago Redonico, in ceutena Laliacinse » etc. {Ibid, append. n* 35, p. 367).

(3) Cf. Ibid, append. n° 37, p. 368.

(4) Ibid. 47 et 274, pp. 37 et 222.

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