LES MOINES DE VERTOÜ MENACÉS PAR LES NORMANDS
le caveau semblaient être simplement la prolongation de ceux du chevet, leurs assises inférieures, — et l’on ne pouvait pas se douter de ce qu’ils renfermaient (1).
Grâce à ces aménagements bien ordonnés et à la popularité de leur saint patron, les moines de Déas purent vaquer en toute sécurité sur les bords de la Boulogne, pendant une dizaine d’années, aux devoirs et aux exercices de la profession religieuse. La prise et le pillage de Nantes par les Normands en 843 (ci-dessus p. 76-77) jetèrent dans le pays d’outre Loire de grandes alarmes. Bien qu’après cette horrible boucherie les pirates eussent fait étape à Noirmoutier, Déas n’eut alors, ce semble, rien à souffrir. Il n’en fut pas tout à fait de même d’une autre abbaye non moins vénérable et même plus ancienne, dont il a été question dans notre premier volume (p. 536-537 et 540), l’abbaye de Vertou fondée au VB siècle par Martin, prêtre de Nantes et disciple de saint Félix.
§3. — Exode des moines de Vertou.
Depuis la persécution de Dagobert si vaillamment repoussée (2), Vertou n’avait cessé de prospérer. Sur l’emplacement occupé jadis par le monastère on a trouvé récemment des chapiteaux très ornés, des briques historiées avec le chrisme ou avec la représentation d’Adam et d’Eve, et d’autres monuments figurés attestant là l’existence, à l’époque mérovingienne, d’une basilique riche bien décorée (3) : c’était l’église Saint-Jean Baptiste; il y en avait une autre à peu de distance dédiée à saint Pierre, car l’usage de saint Martin de Vertou, dans ses fondations, était d’y élever deux églises ou même deux établissements monastiques, sous ces deux vocables (4). A Saint-Pierre de Vertou, on a trouvé des tombes, des auges calcaires du VI* au IX* siècle, et en caractères de cette dernière époque, sur une lame de schiste noir, ce fragment d’épitaphe :
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