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MEMomE . (5).
(1) Voici du reste le texte d’Ermenther relatif aux constructions de Tabbé Hilbod à Déas : a Non enim ad sepiiltnram capiendam fundamenta ipsius ecclesiœ apprime jacta fuerant. » Cela veut dire que dans la première église construite par Ârnulf il n'y avait point où loger le sépulcre d*un saint. — c Sed postea a prœdicio Hilbodo, pariete prima: frontis disjecto, et quidquid altitudinis est criicis funditus everso atque copiose extenso... » Ce que M. Maître traduit : a L’abbé Hilbod abattit le premier mur de face [c’est-à-dire la façade antérieure du chanceau qui masquait le chœur comme un jubé] ; il rasa dans toute sa hauteur, jusqu’aux fondations , la croisée du transept et l’agrandit notablement. » (Maître, Déas, p. 83 et 136) — « Locus sépultures mirifice est transuolutus (continue Ermenther), tribus perinde absidis circumcirca adjectis. » C’est-à-dire : « Le lieu de la sépulture du saint fut couvert d’une voûte merveilleuse et entouré de trois absides. » «r Locus transuolutus, » c’est un lieu , un édifice voûté; voir Du Cange aux mots Transvolutio et Volutio, où ce passage même est cité, édit. Didot, VI, p. 643 et 878. (Voir Erment. 1, 29, édit. Mabill. p. 544; I, 28, éd. Maître, p. 136).
(2) Voir notre tome I", p. 540.
(3) Voir Léon Maître, Vertou et Saint Martin de Vertou, dans Les Villes disparues de la Loire- Inférieure, tome II, p. 113 à 115.
(4) En parlant du monastère d’Ension (auj. St-Jouin de Marne) dans le Poitou, l’auteur des Miracles de S. Martin de Vertou dit : « In quo loco, more Vertavi, duo sunt constructa cœnobia, in montis quidem vertice S. Joannis Baptistœ, et Orientem versus S. Pétri apostoli djeatum honore » (Mirac. S. Mart. Vertau. cap. 9, dans Mabillon, A. SS. O. S. B. Sæc. 1, p. 6^).
(5) L. Maître, Vertou, Ibid. p. 123. Inscription publiée en 1876 par M. Marionneau, et en 1869 par M. l’abbé Auber, Hist. de S. Martin de Vertou, 2* édit. p. 200.
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s’enfuient en POITOU AVEC LEURS RELIQUES (EN 843).
En 843, au moment du sac de Nantes par les Normands, les moines de Vertou venaient de jeter bas leur église mérovingienne; ils avaient même déjà commencé à la rebâtir sur un plan plus large et plus beau : les murs nouveaux sortaient de terre et s’élevaient à 3 ulnœ (environ 1® 1/2) au-dessus du dallage ; un siècle et demi plus tard, ils étaient toujours dans le même état, attestant par la beauté des matériaux, par l’ampleur de l’édifice dont ils devaient être la base, le bon goût et la richesse de ceux qui les avaient fait construire (1) et qui comptaient pousser l’œuvre très rapidement, car ils avaient déjà fait, pour couvrir l’édifice, une immense provision de plomb. Âu milieu de ces travaux et de ces projets, la nouvelle de la catastrophe de Nantes tomba sur eux comme la foudre. De Nantes à Vertou deux lieues à peine : comment douter que ces pirates, ces sauvages, ne vinssent piller, saccager la riche abbaye ?
Contre ce péril un seul remède : fuir, et tout de suite. Mais où? Les moines n’étaient pas embarrassés. A vingt-cinq lieues environ au Sud-Est de Vertou il existait, fort enfoncée dans le territoire picton, une abbaye assez importante, fondée ou renouvelée jadis par saint Martin de Vertou, portant encore, dans sa double église S. Jean-Baptiste et S. Pierre, son acte de naissance, la marque dont Martin le Vertavien frappait (nous l’avons dit) toutes ses créations ; aussi étaitelle considérée avec raison comme une fille, une dépendance de Vertou, et les Vertaviens ne pouvaient douter du bon accueil qui les y attendait. C’était l’abbaye d'Ension, appelée depuis Saint-Jouin de Marne parce qu’elle s’était élevée sur l’oratoire d’un pieux ermite de ce nom, qui vivait, croit-on, au IV® siècle (2).
Dès qu’il sut la terrible nouvelle, l’abbé de Vertou, Rainbald, homme de tête, poussa rapidement les préparatifs. Âu pied de l’abbaye coulait une belle rivière, la Sèvre nantaise, dont le cours en amont de Vertou remontait précisément dans la direction d’Ension. L’abbé se procura six grands bateaux sur lesquels on chargea le trésor du monastère, les ornements d’église, les provisions nécessaires, les gros meubles (3). La Sèvre ne pouvait guère porter ces barques qu’à moitié chemin d’Ension, mais ce transport par eau des plus lourds bagages permettait de s’éloigner beaucoup plus rapidement des rives de la Loire, d’où à chaque instant l’on craignait de voir se ruer les brigands Scandinaves. Quand on serait arrivé au point où la rivière est impraticable, on aurait tout le loisir de chercher d’autres moyens de transport. En même teiups Rainbald fit semondre un vaillant guerrier appelé Bodilon, qui tenait de l’abbaye un domaine sous l’obligation d’en être V avoué, c’est-à-dire le défenseur temporel (advocalusL Bodilon accourut et recruta quelques braves pour escorter la caravane des
(1) c Antiquam ecclesiam ipsi everterant et majoris venustatis instaurare disposnerant, quod oculis hodieque conspici licet » (dit l’auteur des Miracüla S. Martini VertauensisJ . « Nam idem opus, tribus a pavimento ulnis porrectum, nobilitatis et potentiœ eorum qui ædificare cœperant testimonio est » (Mabillon, A. SS. O. S. B., sæc. I, p. 688). L’aune du IX« siècle /^u/nay=i0<°4444, selon M. Guérard (Polgpt. d'Irminon, Prolég. p. 161); trois ulnœ — l^SS à 34»=.
(2) On ne sait à peu près rien de ce saint Jouin, en latin Joviniis; op a voulu en faire le fondateur d’une abbaye antérieure à la fondation de S. Martin de Vertou ; il n’y en a nulle preuve.
(3) Certains auteurs font naviguer ces six barques, non sur la Sèvre , mais sur la Loire. La Loire coule loin de Vertou ; d’ailleurs se confier à ce fleuve c’eût été se jeter dans la gueule du loup, c’està-dire sous les griffes des Normands, qui après la prise de Nantes étaient maîtres de la Loire.