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AUTRE ATTAQUE DES NORMANDS PAR LE COTENTIN

plirent entre le l®** août et le 8 novembre 888 : époque à jamais illustre de la victoire de Questembert (1).

Dès que les Normands eurent quitté le pays Nantais, l’évêque Landramn quitta lui-même Angers pour rentrer dans Nantes, siège de son évêché. Non seulement celte malheureuse cité n’offrait aux yeux que ruines et misère, mais il en était de même de presque toutes les paroisses du diocèse. Liandramn consacra tous ses efforts à soulager, restaurer ce pauvre pays si désolé, si cruellement frappé. En 889, il alla trouver Alain le Grand, qui d’hàbitude résidait au château de Rieux et le sollicita de lui venir efficacement en aide dans la lourde tâche dont il était chargé. Le roi lui donna un domaine /villaj appelé Canabiacam, situé dans le Cotentin (2), et lui promit toute son assistance.

Il fut bientôt détourné de ces généreuses préoccupations. Il lui fallut reprendre le glaive : les Normands attaquaient de nouveau la Bretagne. Oh ! ce n’était pas ceux qui avaient subi la terrible défaite de Questembert, ceux-là n’étaient pas tentés d’y revenir, mais il y en avait tant qu’on avait beau en tuer il s’en retrouvait toujours. Ceux-ci provenaient, croit-on, des bandes qui avaient assiégé Paris quelques années auparavant, ravagé depuis lors la Bourgogne et la Champagne, puis redescendu la Seine jusqu’à son embouchure, d’où se dirigeant vers l’Ouest ils vinrent en 890 débarquer dans le Cotentin et assiéger la ville de Saint-Lô qui appartenait alors à la Bretagne. La place était forte ; animés par la présence de l’évêque de Coutances qui était venu s’enfermer avec eux, les habitants se défendaient bien, pour donner le temps aux Bretons de venir à leur secours. Malheureusement les pirates découvrirent et coupèrent la source qui fournissait aux assiégés de l’eau potable; après avoir séché de soif pendant quelques jours, ceux-ci furent obligés de capituler et rendirent la ville sous condition d’avoir la vie sauve. Quand ils eurent ouvert leurs portes, les Normands massacrèrent tout à commencer par l’évêque, rasèrent les murailles (3) et se jetèrent sur la Bretagne proprement dite, dans le dessein de venger l’écrasement subi deux ans plus tôt en ce pays par leurs compatriotes.

Pour diviser les forces des Bretons, ils dirigèrent contre eux une double attaque, l’une sur le comté de Rennes, l’autre plus au Sud sur le comté de Nantes. Mais depuis le rétablissement de l’unité monarchique par Alain le Grand, il n’y avait

(1) Voir, sur les diverses dates du règne d’Alain le Grand, A. de la Borderie, Chronologie du Cartulaire de Redon, dans Annales de Bretagne, V, p. 578 à 587, spécialement, p. 583-585.

(2) < Quæ res sunt sitæ in pago Constantino, in territorio cujus vocabulum est villa Canabiacum, quod totum et ad integrum S. Pétri (Naranetensis) reformamus ecclesiœ » (Chronic. Namnet., édit. Merlet, p. 69-70). Reformamus signifie ici c nous restituons. » D’après ce diplôme, Canabiac aurait été enlevé à l’église de Nantes par l’un des princes bretons antérieurs à Alain le Grand , — probablement par Gurwant ou son fils Judicaêl, comtes de Rennes et nécessairement, dans le partage de la monarchie bretonne , possesseurs du Cotentin , lesquels , ayant été presque constamment en guerre avec les comtes de Nantes Pascweten et Alain, avaient — par suite de cet état d’hostilité — confisqué sur l’église de Nantes ce domaine.

(3) « Nortmanni, alveum (Sequanœ) repetentes, Britanniœ finibus classem trajiciunt; quoddam castellum in Constantiensi territorio , quod ad Sanctum Loth dicebatur , obsident , et accessum ad fontem aquœ ex toto prohibentes , oppidanis siti arescentibus , fit deditio eo pacto ut , vita tantum concessa, cœtera tollerent. lllis a munitione progressis, gens perfida omnes jugulât, inter quos episcopum Constantiensis ecclesiœ » (Regin. Chron., édit. 1566, f. 49, et D. Bouquet VIII, p. 71). — Les Annales Vedastini (Annales de St Vaast) i^outent ; « Ipsumque castrum terrœ fünditus coœquatum » (D. Bouquet VIII, p. 88). Selon ces Annales, le siège de Saint-LÔ par les Normands aurait commencé vers la fin de l’année 889 et fini en 890.

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