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WRMAELON, COMTE DE CORNOUAILLE, ROI DE BRETAGNE

Cornouaille formant, sur la carte ecclésiastique de la Bretagne, le doyenné de Poher (1), avec quelques territoires sur la rive droite de TAune dans la partie du cours de celte rivière qui descend du Nord au Sud. C’était encore néanmoins une principauté de notable importance, d’autant qu’elle était habitée par une race très énergique. Matuédoi possédait de plus, par donation d’Alain le Grand ou autrement, des domaines considérables dans le Poutrocoët, notamment en Giliac (auj. Guillac) et en Plou Arthmaêl (Ploërmel), desquels on le voit disposer en 895, en 913 (2), et dans cette dernière année, l’évêque Bili a besoin de son autorisation pour donner à Redon la moitié de la paroisse de Guipri, dont l’avait gratifié Alain le Grand (3). Donc, après la mort de ce roi, Matuédoi exerçait son autorité dans la Bretagne centrale depuis le bassin de l’Aune jusqu’à celui de la Vilaine. Son pouvoir devait donc égaler, surpasser même celui de Rudalt l’ainé des fils d’Alain, réduit malgré son aînesse à une partie seulement du comté de Vannes.

Dans celte situation se trouve, croyons-nous, le motif qui empêcha la royauté d’Alain de passer à ses fils. Tous y prétendirent, et aucun ne l’eut. La rivalité dut être vive surtout entre les deux principaux héritiers, Rudalt et Matuédoi. Celui-ci, comme gendre ayant moins de droits et moins de chances que le fils, s’appliqua à détourner la faveur des Bretons sur un prince d’une autre famille et qu’il devait connaître de vieille date, vu la proximité du Poher et de la Cornouaille, — car c’est du comte de Cornouaille qu’il s’agissait. Il s’appelait Gurmhailon, et mieux Wrmaèlon ; il fut élevé en effet à la royauté de Bretagne très peu de temps après la mort d’Alain, car son règne est mentionné, le 27 novembre 908, dans la donation au monastère de Plélan d’une partie d’Elven par le comte Tanki et Derien fils d’Alain (4), et en 913, le comte Matuédoi et l’évêque Bili, ayant donné à l’abbaye de Redon la randrémés de Buiac (en Ploërmel) et la moitié du plou de Guipri, envoyèrent un messager à a Gurmhailon qui alors gouvernait la monarchie de D Bretagne » (dit la charte), afin qu’il confirmât ce don : ce qu’il fit le 25 octobre ; il attesta même l’acte comme témoin, prenant seulement, à la souscription, le titre de comte : Gurmhailon cornes, testis (5). — Une charte du Carlulaire de Landevenec, de 920 à 926, se référant à des actes antérieurs à la mort d’Alain le Grand, donne à Wrmaëlon le titre de comte de Cornouaille (6).

(1) Le doyenné et non Varchidiaconé de Poher, qui, outre le doyenné de meme nom, comprenait les doyennés de Porzai et du Faon, c’est-à-dire plus de la moitié du territoire du diocèse de Quimper ; le comté de Poher, s’il avait eu cette étendue, eût réduit, pour ainsi dire, à rien celui de Cornouaille dont, au contraire, l’importance aux IX* et X* siècles surpassait beaucoup celle du Poher.

(2) Le 2 août 895 : « Dédit Maibidoè Faumoëtcar in plebe Giliac » (Cart, de Redon, n* 268, p. 217). — « Partem tremissam quœ vocatur Buiac, quam cornes Matuédoi sibi (Bili episcopo) ad possidendum dederat » {Ibid., n* 275, p. 223) acte de janvier ou de juin 913. Buiac, auj, Boiac, en Ploërmel, voir ci-dessus p. 180 note 1.

(3) En janvier ou juin 913 : a Episcopus Billet Matuédoi cornes dimidiam plebis Guicbri S. Salvatori graffiaverunt. » (Cartul. de Redon, n« 276, p. 223.)

(4) « Quod ita factum est, Gurmahilon régnante Britanniam » {Ibid., ri* 279, p. 226).

(5) « Bili episcopus ac Matuédoi cornes miserunt Gurgnou monachum ad Gurmahilon comitem qui tune monarchiam Britanniœ regebat, ut et ipse parrœchiam supradictam graffiaret et manu propria firmaret. Quod ita factum est. Gurmhailon cornes testis, Deniel filins ejus testis. » {Ibid., n® 276, p. 224.)

(6) Dans une charte donnée hors de Bretagne de 920 à 926 (probablement en 924) un personnage du nom de Hepwou rapelle certains actes l^aux accomplis par lui précédemment en Bretagne, « coram multis testibus Cornubiensibus nobilissimis ; Wrmaëlon cornes Cornubiœ, Huarwethen episcopo Sancti Chourentini, Benèdicto abbate S. Wingualoœi, Wrvoët abbate S. Tutguali » {Cartul. de Landevenec, édit. A. de la Borderie, n* 24, p. 154). A la date des actes iei rappelés, Wrmaëlon

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