‹ Histoire de Bretagne. Tome secondChapitre 287 sur 392 · SITUATION GÉNÉRALE DE LA BRETAGNE DE 919 A · texte numérisé non relu

SITUATION GÉNÉRALE DE LA BRETAGNE DE 919 A

qu'ils disposent, trafiquent entre eux du sol breton comme s’ils le tenaient encore entre leurs mains.

Ainsi le témoignage très net, très formel de Flodoard sur les désastres et les conséquences de l’invasion normande de 919-921 en Bretagne, ce témoignage concorde entièrement avec les traditions et les documents bretons relatifs à cette catastrophe. Tout ce qui constituait la vie et la puissance de la race brito-armoricaine, moines et prêtres, comtes et tierns, nobles et marchands, tous les éléments jeunes, riches, robustes de la population émigrèrent hors de Bretagne, ne voyant pas, dans l’effarement et le désarroi général, d’autre moyen de se soustraire au joug et à la férocité des Normands ; il ne resta sur le sol breton qu’un certain nombre de pauvres colons ou serfs de la glèbe, retenus par les pirates pour cultiver la terre çà et là à leur profit. Donc, depuis l’inondation normande de 919-921 jusqu’au retour de ces nombreux exilés sous la conduite d’Alain Barbetorte fils de Matuédoi en 936-937, la Bretagne désertée par ses fils fut pendant tout ce temps vide de Bretons. Les Normands établis dans des stations maritimes et des camps retranchés régnaient seuls sur ce désert, dont ils avaient fait, nous l’avons dit, une vaste et forte place d’armes, d’où ils s’élançaient pour piller les provinces voisines et où ils rentraient mettre en sûreté leur butin.

Telle fut durant ces dix-huit années la situation de la Bretagne.

Le ler*h de KeroUif en iMnguidic.

(CUdessuB, p. 290.)

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