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HOMMAGE DIRECT DE BARBETORTE AU ROI DE FRANCE EN

à Herbert de Vermandois qui faisaient la guerre au roi; il prit même une part directe à leur campagne contre lui, concourut avec eux au siège de Reims (1) et demeura dans leur alliance. Cependant Louis IV lui ayant envoyé un habile ambassadeur finit par le ramener à son parti, et en 942 Guillaume Longue-Epée invita le roi à venir à Rouen, où il lui fit une très belle réception. L’historien Richer dit à ce sujet : c Guillaume duc des Aquitains et Alain duc des Bretons, y> voyant que les pirates (les Normands) étaient rentrés dans le parti du roi, » vinrent le trouver à Rouen et lui prêtèrent serment de fidélité et de service y> militaire (2). x> Le Poitevin et le Breton ne se bornèrent point à un simple serment, de suite ils passèrent à l’exécution, Flodoard s’explique ainsi : « Guillaume » de Poitiers et les Bretons avec leurs princes vinrent trouver le roi à Rouen. Le 3> roi en leur compagnie se rendit sur la rivière d’Oise [pour combattre Hugues » de France et Herbert de Vermandois qui lui faisaient la guerre]. Mais Hugues » et Herbert joints à Otton duc de Lorraine, ayant coupé les ponts et retiré tous les bateaux, se tenaient sur l’autre rive avec toutes leurs forces. Les deux partis » finirent par conclure une trêve et par donner des otages (3). »

Ce fait patent, constant, avéré, est la preuve claire et irrécusable des mensonges de Dudon de Saint-Quentin, quand il affirme et répète cent fois dans son ouvrage que les Bretons à cette époque sont les vassaux et même les sujets du duc de Normandie.

Or voilà le duc d’Aquitaine et le duc de Bretagne avec les principaux seigneurs bretons, qui viennent à Rouen : quoi faire ? Le duc d’Aquitaine comte de Poitiers (Guillaume Tête d’Etoupes) fait serment de fidélité et de service militaire au roi de France. Si les Bretons sont sujets ou seulement vassaux du duc de Normandie, c’est à lui qu’ Alain duc de Bretagne devra faire serment de fidélité et de service militaire. Pas du tout; il agit exactement comme Guillaume de Poitiers, il ne reconnaît comme lui qu’un suzerain auquel il doive fidélité et service militaire , et ce suzerain c’est le roi de France. Nul n’ayant jamais soutenu que le comte de Poitiers duc d’Aquitaine fût vassal du duc de Normandie, le duc de Bretagne, dont la conduite ici est pareille, la condition identique à celle du Poitevin, n’est pas plus vassal du Normand que lui. Ck>nclusion évidente et inattaquable, preuve qui convainc pleinement de mensonge toutes les assertions contraires de Dudon (4).

(1) « An. 940. Hugo princeps cum Heriberto comité et Willelmo Nordmannorum principe, Remensem obsidet urbem » (Flodoardi Chron., dans D. Bouquet VIII, p. 193). c An. 941. Prœmissi comités (Hugo et Heribertus), cum Willelmo locuti, mox Lauduni repetunt obsidionem » {Id., Ibid., p. 195). — Reims et Laon appartenaient au roi, dont Hugue de France et Herbert de Vermandois — alliés de Guillaume de Normandie — étaient les plus redoutables adversaires.

(2) c Wilelmus Aquitanorum dux Britannorumque Alanus, piratas regiam rem curare comperientes, regem adeunt, atque fide pacti milicicun Jurant. » (Richeri Histor., lib. II, cap. 28.)

(3) ff An. 942... Willelmus Pictavensis et Britones cum suis principibus (in Rodomo) ad regem venerunt. Cum bis ergo rex super Isaram venit » etc. (Flodoardi Chron., dans D. Bouquet, Histor. de Fr., VIll, p. 196).

(4) Un moderne défenseur de Dudon, sentant fort bien que l’hommage de Barbetorte au roi de France en 942 ruine entièrement la prétendue suzeraineté de la Normandie sur la Bretagne , affirme « qu’en 942 les comtes bretons vinrent rendre hommage au roi de France à Rouen, sous la suzeraineté » de Guillaume Longue-Epée » (Dudon, édit. Lair, p. 193 note c). — Mais ni dans Flodoard, ni dans Richer ni ailleurs , il n^g a trace de cette prétendue suzeraineté. D'après le texte formel de ces deux auteurs cité aux deux notes précédentes, le comte de Poitiers et les comtes bretons, en ce qui touche cet hommage au roi de France, sont placés sur le même pied et agissent exactement de la même façon. Le comte de Poitiers ne rendait certes pas cet hommage sous la suzeraineté du duc de Normandie : Alain Barbetorte et les comtes bretons pas davantage.

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