DATE DE LA MORT DE NOMINOË
(Voir ci-dessus, p. 65, note 3.)
RESQüE toutes les chroniques contemporaines, entre autres celle de Fontenelle, les Annales de Saint-Berlin, la chronique d’Aquitaine (2), le Chronicon Britannicum (3), etc., mettent la mort de Nominoé en 851 ; date confirmée parles actes du Cartulaire de Redon. Il n’y a donc pas lieu de s’arrêter à celle de 862, donnée par Réginon (4) dans cette partie de sa chronique dont la chronologie, sans doute par la faute de quelque copiste, a été fort altérée.
Mais quel jour ou au moins en quel mois de 851 Nominoé est-il mort ? Aucun de nos historiens n’a eu la curiosité de le rechercher ; cependant pour un personnage aussi important cette recherche vaut bien la peine d’être faite. Rappelons d’abord (c’est indispensable) ce que nous avons dit plus haut (p. 63-65) de la campagne de Nominoé et de son allié Lantbert contre les Franks en 851. — Dans cette campagne, tout à fait distincte de celle de 850, les deux alliés, qui avaient en 850 conquis le pays de Nantes, ne s’y arrêtent pas, mais se jettent immédiatement sur l’Anjou, et après avoir pillé une grande partie de cette province y compris la ville d’Angers, ils entrent dans la vallée du Loir et la suivent jusqu’à Vendôme, d’où leurs troupes se répandent à travers la Beauce pillant cette fertile contrée, et au moment où Nominoé monte à cheval pour s’élancer sur Chartres, il est frappé par la mort. — Lantbert ramène les troupes bretonnes en Bretagne, et bientôt Charles le Chauve, espérant surprendre les Bretons, marche contre eux avec une immense armée. Le 16 août 851, il est à Juvardeil sur la rive droite
(1> Il s’enfuit d’une halcinée jusqu’au Mans, selon les Annales de Saint~Bertin ; voir cUdessus p. 467 noie 1.
(2) Voir D. Bouquet, Rec. des hist. de France, VU, p. 42, 67, 223.
(3) Dans D. Morice, Preuves, I, 3 et 150.
(4) Edit, de Francfort 1566, f. 36 v* ; et dans Pertz, Mon, Germ. hist. Script., I, 571.