‹ Histoire de Bretagne. Tome secondChapitre 38 sur 392 · FORMATION DE LA MONARCHIE ERETONNE · texte numérisé non relu

FORMATION DE LA MONARCHIE ERETONNE

I^OMiNOE n’avait pas le droit de se reposer encore : sa tâche n’était pas achevée. Il ne suffisait pas d’avoir délivré la Bretagne, il fallait lui assurer la conservation de son indépendance Pour cela deux choses étaient nécessaires :

Constituer d’une façon définitive l’unité de la nation, en faisant de la dictature militaire que le vainqueur de Ballon lui avait imposée une institution fixe et permanente, une royauté unique et héréditaire.

2® Donner au royaume breton un rempart avancé, en interposant entre lui et les Franks un territoire plus ou moins étendu formant une première ligne de défense plus développée vers l’Est et empêchant les envahisseurs de pénétrer immédiatement au cœur de la Bretagne.

A cette double tâche Nominoê va consacrer ce qui lui reste de vie, cinq ou six ans à peine : ce temps si court lui suffira.

§ l«^ — Consécration de la royauté bretonne par VÉglise.

Pour faire accepter par les Bretons à titre définitif l’institution d’une monarchie unique et d’une royauté héréditaire, il y avait un moyen et un seul : faire adopter, instituer et consacrer cette royauté par l’Église; faire couronner le titulaire par les évêques avec, s’il était possible, l’approbation formelle du Saint-Père. Chose sacrée, la royauté bretonne obtiendrait alors des Bretons le respect inné en eux pour les choses sacrées. Nominoë le sentait bien, il y visa de suite, mais il avait devant lui de grands obstacles. La domination franke s’était efforcée de remplir et d’entourer la Bretagne d’un clergé de race germanique tout dévoué aux intérêts des vainqueurs, chargé dé soutenir, développer, propager chez les Bretons l’influence franke. On n’a point oublié l’abbé Witcar placé par Louis le Débonnaire aux portes de la Bretagne pour exercer de ce côté un rôle de surveillance et même d’intervention politique fort important (ci-dessus p. 9, 10, 14). On se rappelle Raghener (Rainier), l’évêque frank de Vannes, mettant l’intérêt de l’empire des Franks au-dessus de l'intérêt religieux représenté par saint Convoion (p. 35 ci-dessus).

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