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LA BRETAGNE SOUS LE JOUG DES FRANKS

§ — Sous Charlemagne,

753 (voir tome I, p. 505), le premier roi de la dynastie carolingienne Pépin le Bref fit une expédition dans la péninsule bretonne, s’empara de la ville de Vannes occupée alors par les Bretons, et selon les chroniqueurs « soumit à l’autorité des Franks toute la Bretagne (1). De l’aveu de ces mêmes chroniqueurs, nous verrons tout à l’heure que cette prétendue « soumission de toute la Bretagne i n’éfait pas sérieuse. Très probablement. Pépin imposa aux Bretons un tribut que plusieurs de leurs chefs promirent d’acquitter. Ce qui le prouve, c’est qu’Eginhard donne pour cause à une expédition ultérieure des Franks en 786, dont nous allons parler, le refus des Bretons de payer le tribut (2). Il ne dit point à la vérité à quelle date ni en quelle circonstance cette charge leur avait été imposée ; sous les Mérovingiens, on l’a vu dans notre premier volume (p. 287, 288, 479), il n’en est aucune mention ; ce tribut ne peut donc avoir eu pour cause que l’expédition de 753.

On peut croire en effet que, l’armée de Pépin le Bref une fois sortie de Bretagne, les Bretons ne continuèrent pas longtemps à solder ce tribut. Les comtes franks de Rennes et de Nantes ne manquèrent pas de leur rappeler cette obligation avec des menaces hautaines qui provoquèrent et entretinrent sur la frontière des deux peuples de fréquentes hostilités dans le genre de celles du VI® siècle. Aussi la garde de la Marche franko-bretonne était>elle un poste périlleux, où l’on plaçait les guerriers réputés les plus braves, entre autres, le célèbre Rolland qui en était chargé en 778 (3).

Pour mettre fin à cette situation, Charlemagne crut nécessaire, en 786, de faire de nouveau une grande expédition en Bretagne. Un peu après Pâques, qui fut

(1) c Pippinus rex... exercitum in Britanniam doxit et Venedis castrum conqnisivit, totamque Britanniam subjugavit partibus Francorum > (Annal, Francor, Mettens., dans D. Bouquet, Recueil des historiens de France, V, p. 336).

(2) « DCCLXXXvi. Cùm et hyemis tempus expletum esset et sanctum Pascha in Âttiniaco fuisset a rege celebratum, exercitum in Britanniam cismarinam (Karolus rex) mittere constituit. Nam, cum ab Ânglis ac Saxonibus Britannia insula fiiisset invasa, magna pars incolarum ejus mare tngiciens in ultimis Galliœ finibus Venetorum et Coriosolitamm regiones occupavit. Is populus, a regibus Francorum subactus et tributarius factus, impositum sibi vectigal licet inoitus solvere solebat. Cumque eo tempore (an. 786) dicto audiens non esset, missus illuc regiœ mensæ prœpositus Âudulfus perfidœ gentis coutumaciam mira celeritate compressit ^ etc. (Du Chesne, Hist. Franc, Script. II, p. 244).

(3) Eginhard, dans sa Vie de Charlemagne (chap. 9), rappelant le désastre de Roncevanx, nomme comme l’une des principales victimes « Hruodlandus Britannici Umitis prœfectus, »

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