CRÉATEUR DE LA NATION BRETONNE
base solide et durable la royauté bretonne, et il Ta fondée ; il a voulu fortifier d’abord et ensuite étendre les frontières de la Bretagne, de manière à écarter loin du cœur les coups des envahisseurs et à les repousser plus facilement ; il y a réussi. Et remarquons que cette œuvre triple du roi Nominoë a eu véritablement le privilège réservé aux créations des grands génies, la durée. La Bretagne aujourd’hui encore a (du moins elle avait en 89) les limites conquises par l’épée de Nominoë; l’indépendance bretonne a duré et la royauté bretonne est demeurée sous le titre ducal jusqu’au jour où la Bretagne s’unit, sans y être absorbée, à la monarchie française qui, en échange de son indépendance abdiquée, respecta sa liberté jusqu’au bout. La constitution ecclésiastique elle-même de nos diocèses (à part l’archevêché de Dol) est restée jusqu’à la Révolution ce que Nominoë l’avait faite.
Et ce héros, ce grand homme, le vainqueur de Ballon, le créateur de la nation bretonne, n’a pas en Bretagne un monument... Du moins il n’en aurait pas si ce Breton au cœur ardent, si dévoué à toutes les gloires bretonnes, La Villemarqué, n’avait pris soin de publier la vieille ballade bretonnante qui — sous une forme ornée peut-être (1), en tous les cas admirable — conserve la légende populaire du premier exploit de Nominoë contre l’oppression étrangère. En voici la traduction.