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ET MORT DE ROBERT LE FORT

Robert le Fort les atteint, ils n’ont que le temps de s’enfermer dans l’église, édifice vaste et solide construit en pierre. Encore bon nombre de traînards furent massacrés par les Franks.

Robert et Ramnuif reconnaissent bientôt que l’église est trop forte pour pouvoir être enlevée d’un coup de main. Le soir tombait; on résolut de la cerner, de camper autour, d’envoyer durant la nuit chercher des machines pour en battre la muraille et de donner l’assaut le lendemain. Les Franks se mettent en devoir d’installer leurs tentes. Robert, accablé de fatigue et de chaleur, se débarrasse de son casque et de sa cuirasse pour respirer plus à l’aise. Voyant leurs ennemis ainsi occupés et se gardant mal, tout à coup les Normano-Bretons font une sortie, s’élancent sur eux en colonne serrée, espérant par cette attaque imprévue rompre la ligne des assiégeants et parvenir à leur échapper. Ils sont rudement reçus, vivement ramenés dans l’église. Mais Robert le Fort, combattant au premier rang sans casque et sans cuirasse, est tué au seuil de la basilique. Presque en même temps, Ramnuif le duc d’Aquitaine tombe mortellement blessé par une flèche. Frappée au cœur par la mort de ses deux chefs, l’armée des Franks cesse la lutte et bat en retraite (1). Les Brito-Normands triomphent. Le Maine, l’Anjou, la Touraine restent livrés sans défense aux dévastations des hommes du Nord. Tel fut l’une des conséquences de la haineuse politique du concile de Boissons.

La mort de ce grand et vaillant Robert le Fort — la tige des Capétiens — fut pour la Gaule franke une vraie catastrophe. On comprit enfin à la cour de Charles le Chauve que, si par force ou par adresse on ne parvenait pas à détacher les Bretons des Normands, à opposer ceux-là à ceux-ci, tout l’Ouest de la Gaule était perdu. Selon sa coutume, le roi frank eut d’abord la velléité de combattre. Au commencement de l’an 867, il fixa le rendez-vous de son armée à Chartres le

août suivant, pour marcher contre la Bretagne. Selon sa coutume aussi il s’apaisa. Au lieu de partir de Chartres le P' août à la tête de ses troupes contre les Bretons, il alla à Compiègne recevoir une ambassade du roi Salomon ayant à sa tête Pascwiten, comte de Broweroc, gendre, principal conseiller, aller ego de ce roi (2), et conclure, avec lui agissant pour Salomon, un traité de paix et d’alliance aux conditions suivantes. Charles céda au roi breton, pour le joindre à ses états, le comté de Cou tances, c’est-à-dire, le diocèse de ce nom et celui d’Avranches (3), avec toutes les abbayes et tous les domaines royaux compris dans cette circonscription, se réservant seulement le droit de nommer aux

(1) Sur le combat de Brissarthe voir Annal. Berlin, an. 866, dans D. Bouquet Vil, p. 94; Reginon. Chron. an. 867, édit. 1566 f. 39 v®; Ann. Mettens. D. Bouquet VlI.

(2) « Paswithen, gener Salomonis, cujus consilio plurimum utitur. i Ann. Berlin, an. 867, dans D. Bouquet Vll, p. 96.

(3) « DCOGLXvii . Karolus Paswithen, vicario scilicet Salomonis, comitatum Coiistantinum cum

omnibus flscis et villis regiis et abbatiis in eodem comitatu consistentibus ac rebus ubicumque ad se pertinentibus, excepto episcopatu, donat » (Annal. Berlin, dans D. Bouquet Vll, p. 96t. L’Âvranchin faisait partie du comté de Coutaiices, en tout cas il était compris dans la cession de 867, car Vilisloire de la translation de S. Lomer (S. LaunomarusJ porte qu’en 872 le pays d'Avranches (pagus Abrincadinusj appartenait à Salomon prince des Bretons, à qui il avait été donné depuis plusieurs années folimj par le roi Charles, et que Salomon en avait distribué les principaux domaines aux seigneurs de sa nation, notamment à un Breton nommé Gurham (Gurhamius), gratifié, entre autres choses, d’une villa dite Palricliacus (Mabillon, A. SS. Ord. S. Bened. Sæc. IV part. 2, p. 246).

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