‹ Histoire de Bretagne. Tome secondChapitre 74 sur 392 · RÉPUDIÉ PAR LES BRETONS DE SON DIOCÈSE · texte numérisé non relu

RÉPUDIÉ PAR LES BRETONS DE SON DIOCÈSE

TErdre, TAnjou et la Loire — car l’évêché de Nantes ne passait pas encore au Sud de ce fleuve. Dans le Nord-Est du diocèse il n’y avait point de Bretons, et même dans le Nord-Ouest Actard, nous le verrons, n’était point sans partisans.

Gislard d’ailleurs disparut promptement. Erispoê laissa, se semble, Charles le Chauve le livrer au jugement de ses évêques qui l’internèrent dans te monastère de Saint-Martin de Tours (1), et après 851 il n’est plus question de lui. Mais le schisme ne finit pas avec lui. Les Bretons bretonnants du pays de Guérande et de la presqu’île entre Loire et Vilaine ne purent se résoudre à reconnaître pour pasteur Actard, l’ennemi de leur race; ils se donnèrent presque tous à l’évêque de Vannes Courantgen et à ses successeurs jusqu’aux dernières années du IX« siècle. Toutefois, après la disparition de Gislard, Erispoë ne réunit pas au diocèse de Vannes Guérande et sa presqu’île ; il n’y eut rien de semblable. Mais ce roi et son successeur laissèrent, je l’ai déjà dit, leui's sujets entièrement libres de se donner soit à l’évêque de Nantes soit à celui de Vannes, et jusque vers l’an 900 ce pays resta un territoire contesté disputé entre les deux prélats. C’est ce que prouvent à l’évidence les chartes de Redon.

De 852 à 866 ou 868, on trouve dans le Cartulaire de Redon onze actes relatifs à diverses localités du diocèse de Nantes, dans lesquels l’évêque en exercice indiqué à la date est Courantgen : Courantgenus episcopus ou Courantgeno episcopo in Venedia ou in Venetis civitate. Sur ces onze actes, sept se rapportent à des terres ou à des salines de Batz {BafJ ou de Guérande /WenranI (2) ; les quatres autres concernent des lieux ou des terres situés dans les paroisses de Guemené (Penfau), de Plessé, d’Avessac et de Fougerai (3).

A côté de ces actes il y en a d’autres relatifs au même pays et aux mêmes paroisses, dans lesquels l’évêque en exercice indiqué à la date est Actard évêque de Nantes : Actardo episcopo Namnetis ou in Namnetica civitate; nous le trouvons, entre autres, à Guérande en 857 et de 857 à 869-870 (4), — en 859, à Cair ou Caër, ancienne paroisse qui n’existe plus, qui bordait la rivière de Chère à laquelle elle avait donné son nom (5), — en 860, à Fougerai (6), — en 864, à Cornou, ancienne paroisse dans le voisinage de Derval, et à Moë (aujourd’hui Mouais) près Fougerai (7), — en 869, à Avessac (8). Le plus curieux, c’est que dans plusieurs de ces actes les deux évêques sont indiqués à la date concurremment, par exemple en 857 et années suivantes, dans trois actes concernant des salines de Guérande, on lit : Actardo episcopo in Namnetica civitate, Courantgeno episcopo in Venedia, — Courantgeno episcopo in Venetis, Actardo episcopo in Namnetis (9).

(1) c Consilio episcoporum , ilium, quem in sede Namnetcnsi Nomenoius fecerat ezordinari, in monasterio S. Martini [Carolus] jussit exularc. » (Hincmari Epist. xlv, cap. 12, Opéra II, p. 749, cité par D. Bouquet VII, p. 455 note c.)

(2) Voir Cartiil. de Redon, Append. n® 42, p. 370; n® 22, p. 19 et App. 39, p. 369; n® 30, p. 365 et D. Morice Preuves, I, 295; Cartul. de Red. n® 23, p. 20, n® 84, p. 64; n® 95, p. 72; n® 98, p. 75.

(3) Ibid. App. n® 33, p. 367; n® 162. p. 126; n® 126, p. 96; n® 215, p. 166.

(4) Ibid, n®» 26, 72, 104, p. 22, 57, 78.

(5) Ibid, n® 69, p. 55.

(6) Ibid, n® 30, p. 24.

(7) Ibid, n® 57, p. 46.

(8) Ibid, n® 242, p. 193.

(9) Ibid. p. 22, 46, 57, 78.

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