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ÉTAT DES PERSONNES ET HIÉRARCHIE POLITIQUE

S|Ci même, à la suite du règne de Salomon — ère de grandeur et de r prospérité pour la Bretagne, — il convient de placer Tesquisse des f mœurs et des institutions bretonnes au IX® siècle. Un volume ne serait pas trop pour traiter complètement cette matière ; restreint à un petit nombre de pages, nous n’en pourrons guère donner qu’un aperçu sommaire. Voici d’abord le plan général de la société bretonne au IX® siècle.

Tous les Bretons se partageaient en trois classes : 1® les hommes libres; 2® les colons, mêlant dans leur condition la liberté à la servitude ; 3® les serfs, héritiers de l’esclavage antique fort mitigé déjà par le christianisme.

La hiérarchie nationale et politique s’étageait ainsi : 1® au sommet la royauté; 2® immédiatement au-dessous, les comtes, héritiers ou représentants des anciens petits rois ou chefs souverains des diverses principautés bretonnes pendant la période mérovingienne; 3® les machtierns ou chefs de plou, qui relèvent des comtes; 4® les habitants du plou (en breton ploaéïs, en latin plebenses), liés héréditairement à l’autorité du machtiern, héritier lui-même et représentant du fondateur primitif du plou ou tribu bretonne établie en Armorique par les émigrés venus de la Grande-Bretagne (1).

Cette organisation politique des Bretons du IX® siècle ressemble beaucoup à celle du VI®, sauf la superposition de la royauté suprême au-dessus des petits rois ou comtes souverains de l’époque précédente, dont les successeurs, tout en conservant un grand pouvoir, durent reconnaître au-dessus d’eux un chef et un maître. On voit aussi paraître dans les actes bretons du IX® siècle un nouvel élément hiérarchique engendrant, entre divers membres de la classe des hommes libres, de nouveaux rapports de supériorité et de dépendance constitués, non par un fait primitif, antérieur et permanent, comme la situation des plouéis à l’égard du chef de plou, mais par une convention volontaire, individuelle, acceptée des deux côtés : c’est l’institution de la recommandation et du bénéfice, qui en se développant finira par donner une base et une forme nouvelle à l’organisation nationale. Il

(1) Voir notre tome I«, p. 281.

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