‹ Histoire de Canada, sous la domination françaiseChapitre 15 sur 20 · Les manufactures de tous genres · texte numérisé non relu

Les manufactures de tous genres

1 5. L'agriculture : le plus ancien de tous les arts,

comme la plus utile profession

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16. Commerce libre et étendu : source de ricliessô d'un pays.

17. Le beau sexe canadien, qui ne le cède à celui d'aucun autre pays.

Il y avait, dans quelques-unes de ces santés, des propositions dont la vérité, ou l'applicabilité à cette colonie était très contestable, mais ce que nous soulignons de la 13ème nous convainc que si, dans chacune des localités où il y eût des assemblées ou des réunions patriotiques, il se fût trouvé des patriotes modérés, qui eussent voulu user de leur influence pour les restreindre dans de justes bornes, on n'aurait jamais eu à les réprouver comme immorales ou séditieuses; et peut être que le temps ne serait pas venu où l'on pût dire ou croire avec Bobin, que ^^ quand on a de bonnes raisons pour ne pas se déclarer ouvertement pour le peuple, il estprtidenty nécessaire même, pour son salut de ne le pas contrarier." Cette prudence, devenue plus tard nécessité, dans une partie du district de Montréal, a fait croire le nombre des révolutionnaires beaucoup plus grand qu'il n'était, et le machiavélisme ou l'antipathie nationale a tenté de s'en prévaloir. L'idée de la pusillanimité plutôt que celle de la prudence, nous ramène à notre sujet, et nous voyons une paroisse, où l'éloquence démagogique eût carte blanche, offrir à sa fête de Saint Jean-Baptiste, des santés qui étaient comme le présage des scènes qu'on eût à y déplorer, un peu plus taixl.

Un autre moyen, sinon d'agitation, du moins de déception, c'était de donner pour *' la voix du peuple," ce qu'on aurait pu appeler, à plus juste titre la voix de la populace. A Stanbridge, comté de Missiscoui, ce fat, il paraît, une populace étrangère qui, le 4 juillet, jour mémorable chez nos voisins, flt parade de ses sen-

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tîmeîis, et de ses idées innées. La farce qu'elle joua fût en harmonie avec les résolutions qu'elle adopta.

Les amis de la constitution et du gouvernement comprirent que les circonstances exigeaient d'eux des démonstrations plus énergiques et plus influentes que des articles de gazette, et résolurent d'avoir aussi des assemblées anti-agitatîices ou constitutionnelles, La première de ces assemblées, convoquée par une réquisition signée d'environ 2,000 noms anglais et français, eût lieu sur la Place d'Armes de Montréal, le 5 juillet. Il y fût prononcé des discours énergiques, en français et en anglais, à l'appr.i des résolutions qui furent:

1. "Que le refus inexcusable de la chambre d'assemblée de faiïe les appropriations nécessaires pour l'administration de la justice et le soutien du gouvernement civil. a élé la principale cause des résolutions proposées par les ministres de sa Majesté, et adoptées par le pîirlem eut .impérial ;

2. " Que cette assemblée désapprouve hautement les procédés outrés de la majorité de la chambre d'assemblée, dans son refus formel de j)rocéder aux affaires publiques, dans sa détermination déclarée de ne point cooj érer avec le gouvernement, et dans sa résolution de continuer à suivre la ligne de politique qu'elle a adoptée, et que ces procédés sont la source des plus grands maux pour la province en général, pour le commerce du pays, et funestes aux intérêts des classes agricoles et induf^trielles;

3. " Que cette assemblée ne peut exprimer en termes assez énergiques son horreur pour l'effet immoral et désorganisateur des mesures recommandées et des résolutions adoptées aux assemblées publiques récemment tenues dans diverses parties de cette province, et que cette assemblée désapprouve comme directe-

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ment opposées aux sentimens de fidélité à sa Majesté et de dévouement à son gouvernement, nourris par ses loyaux sujets canadiens, par toute la province ;

4. ^^ Que cette assemblée est intimement convaincue que les griefs réels et reconnus des sujets de sa Majesté, dans le Bas-Canda, seront pleinement redressés par le gouvernement de sa Majesté ; que la continuation de la connexion du Bas-Canada avec la mèrepatrie est absolument nécesbaire à la prospérité et à Tavancement de cette province, et que toute tentative pour troubler cette connexion, est directement contraire à l'opinion de cette assemblée, et absolument opposée à ses désirs comme à ses intérêts."

Cependant, loin de " discontinuer la publication de tous écrits d'une tendance irritante ou séditieuse,*' le Vindicator et La Minerve semblaient s'efforcer de faire tous les jours de nouveaux progrès. Ces journaux avaient appelé à l'aide de la pernicieuse correspondance de Londres la correspondance canadienne du Daily Express de New York, et cette dernière correspondance ne tarda pas à l'emporter de beaucoup sur la première, dans la carrière de la trahison et de la rébellion : la première prêchait " lâchement " la révolte aux canadiens, si l'on faisait ceci, ou si l'on ne faisait pas cela; la dernière, comptant sur la faiblesse et l'inertie de lord Gbsford, voulait, pour ainsi dire, les y contraindre par les motifs les plus coupables, à l'aide de l'étranger, qu'elle appelait de toutes ses forces, en lui traçant effrontément des plans de campagne, un système de guerre dont la scélératesse égalait l'extravagance, faisant do temps à autre des efforts risibles pour se surpasser par le mépris de la morale publique, l'effronterie et le cynisme.

Dans le même temps que le Vindicator et La Minerve

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publiaient impunément cette correspondance '^ arcbitraitresee," on lisait dans ces feuilles des articles comme le suivant (daté, Londres 21 janvier 1837) : ^< On doit faire sentir au peuple la nécessité de cesser de faire usage des articles qui contribuent le plus àr

produire des revenus Il parait être du devoir du

parti populaire de porter la détresse chez le marchand. Si vous trouvez que le système de diminuer ou de détruire les revenus ne réussit pas, alors, il ne vous restera plus qu'une seule ressource, Vindépendance.^'

Toutes ces exhortations à la révolte et ces plans de petite guerre, que lord Gosford laissait publier, et qui tendaient à faire des canadiens, pour la gratification hasardeuse de quelques indigènes exaltés, ou d'étrangers désespérés, un peuple de Miquelets, de Barbets et de Chouans, contrebandiers, brigands, meurtriers, sans foi ni loi, excitèrent Tindignation de tous les journalistes ennemis des excès populaires et la Gazette de Québec exhala particulièrement la sienne, le 13 juillet, dans un article intitulé : f< Plan de trahison formé à Montréal pour livrer le Canada aux américains, et dévoilé par L. M. N.," dont nous extrayons ce qui suit :

'' Nous avons déjà donné quelques extraits des correspondances de Tarchitraître L. M. N., qui écrit de Montréal au Daily Express, de New York, et dont les lettres sont reproduites avec avidité par le Vindicator et traduites avec empressement par La Minerve. On a vu que L. M. N. s'était imposé la ''noble " tâche de convaincre les américains que le Canada était prêt pour la révolte, qu'il leur tendait les bras et les appelait de tous ses vœux, et que l'intérêt, l'honneur et la reconnaissance envers l'Etre Suprême, les obligeaient de venir à son secours. On a vu aussi oue

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une des résolutions de 1834. On n'exigera pas qUd nous fassions Tapologie de ceux qui ont pu innocemment participer à cette détermination, mais il nous sera permis de rappeler les bruits qui ont couru dans le temps, qu*une partie des membres avaient été comme circonvenus, pris aux piège, et qu'ils n'avaient pas plutôt ouvert les yeux, qu'ils voulurent retirer leur adhésion, mais qu'il n'était plus temps, les anlres s'étant immédiatement débandés."

Les 92 résolutions, l'adresse du 30 septembre 1836, et les remarques qu'on vient de lire, rappellent le passage suivant d'un article que La Minerve du 5 décembre de la même année 1836, offrait à ses lecteurs comme transcrit de VEcho de la Louisiane du 9 novembre précédent, laissant à deviner à qui devaient être attribués les desseins et le machiavélisme populicide exposés dans ce passage.

*^ Il est vrai que l'adresse des députés canadiens contient de très-humbles protestations de respect pour sa Majesté, et les assurances d'une constante fidélité ; mais de telles paroles ne peuvent tromper, et ne trompent, en effet, personne. C'est le langage de toute révolution qui commence. Les choses sont encore indécises, et Ton cherche à se ménager une excuse, qui, cependant, ne servirait de rien, après une défaite, parceque le vainqueur sait très bien que si on le respecte, c'est qu'on n'a pu le briser. Cette litanie de dévouement et de loyauté est tellement passée en habitude, que l'histoire nous montre les hommes les plus décidés à produire un bouleversement social, faire souvent usage de cette formule courtisane, que néanmoins, nous devons convenir qu'elle a souvent son avantage, et même sa nécessité ; pour un homme courageux, qui ose envisager une révolutioa et marcher

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droit à elle, il en est cent mille qui l*ècuieraient peutêtre, s'ils comprenaint tout d'un coup le but où on les conduit. Or, ces cent mille, c'est la foule, c'est la masse, dont un jour le poids fera pencher la balance en faveur de la liberté, mais à laquelle il est bon de cacher la longueur de la route, Timmensité de l'œuvre qu'on veut lui faire entreprendre ; c'est elle qu'il faut tromper par des protestations de dévouement, afin de lui laisser l'espérance d'un accommodement, dont la réalisation n'arrivant jamais, ne servira qu'à l'irriter encore plus, et cela doit se faire ainsi jusqu'à ce qu'on ait amené cette foule irritée à n'avoir à résoudre qu'une seule question, * to be, or not fo be.' "

Comme pour venir en aide au but de la correspondance qu'il publiait " avec avidité," le Vindicator comptant, en apparence, sur l'impunité, ne se fit pas scrupule d'exciter les soldats à la désertion, et son numéro du 14 juillet le montra entrant dans cette carrière de lâcheté, et d'iniquité et il s'y distingua tellement, de toutes manières, qu'il fdcha grandement le Canadien qui, finalement, trouva dans ce journal des expressions propres à corrompre le goût, si elles n'inspiraient pas le plus profond dégoût, un dévergondage d'idées et de sentimens qu'on ne s'attendrait pas à trouver dans une maison de maniaques ;il n'y voyait plus que de la "fougue," des " écarts," des "injures gratuites, le produit d'une imagination délirante, de l'extrême violence, de l'extrême imprudence, de l'extrême intolérance, de la tyrannie." Enfin, il ne put s'empêcher do dire '* qu'il y avait, à Montréal, des gens payés pour ruiner le parti qu'ils faisaient semblant de défendre." C'était, en effet, de Montréal qu'était parti ce qui, de Londres, revînt trouver place dans La Minerve, savoir : " Nous lui déclarons une

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guerre ouverte, pour la môme raison qui nous a fait combattre lord Aylmer, et nos hostilités ne cesserons jamais que nous ne l'ayons chassé du pays. Mais, j

hélas ! à quoi bon cette opposition ? Gosford serait remplacé par quelque autre loi*d muni d'instructions semblables aux siennes; de sorte que notre unique espérance est d'élire nous-mêmes notre gouverneur, en d'autres termes, de cesser dappartenir à Vempire britannique," Sur quoi, le Canadien s'écrie en vrai prophète : " Courage, amis, courage ! encore quelque temps de cette belle politique, et le parti oligarchique n'aura plus qu'à vous voter une médaille ou couronne civique." Si cette " belle politique " ne mérita aux " amis " du Canadien^ ni couronne ni médaille, elle réjouit le cœur de l'objet de ses grands et fréquents éloges passés, de M. W. L. Mackenzie, qui, dans une espèce d'extase prévisionnelle, s'écrie : " Tous les yeux sont tournés sur les braves et courageux patriotes du Bas-Canada."

Si le gouvernement était trop faible et trop inerte pour tenter de réprimer autrement que pai* des exhortations, une presse qui allait jusqu'à exciter les militaires à déserter leurs drapeaux pour passer à l'étranger, et à publier pour le peuple des plans d'insurrection et de chouannerie, il crut pouvoir au moins punir par la destitution ceux des agitateurs qui tenaient de lui des charges honorifiques.

Le premier sur qui tomba l'an imad version du gouverneur fût le lieutenant-colonel Ignace Eaizennb qui avait figuré éminemment à l'assemblée anti-coercitive du comté des Deux-Montagnes^ et ensuite refusé de se conformer à l'ordre général du 21 juin. Une longue lettre en réponse à une demande d'explication n'ayant pas paru satisfaisante, l'ordre général suivant fût publié sur la date du 3 juillet :

** Le lieutenant-colonel Eaîzenne ayant désobéi à Tordre du 12 juin, requérant la lecture, à la tête de son bataillon, de la proclamation de son Excellence, le gouverneur en chef, sa Majesté se dispensera, à Tavenir, de ses services."

M. Raizenne ne tarda pas à être dédommagé de la perte de son grade par une résolution du comité central et permanent, dans laquelle, après un préambule contre la conduite du gouverneur, il était dit que "le colonel Raizenne, ^ar un refus de lire la proclamation, a donné une nouvelle preuve de sa fermeté et de son

indubitable patriotisme, et que sa démission lui

donne de nouveaux droits à l'estime de ses concitoyens, conséquemment, ce comité lui offre, à Tunan imité, ses remercîmens."

Le second objet de Tanimadversion de lord Gosford fût un juge de paix, accusé d'avoir " traité la proclamation avec le plus grand mépris et conseillé au peuple d'en rire." La correspondance entre ce magistrat et le secrétaire civil, commencée le 30 juin, fût terminée le 29 juillet, par la lettre suivante : " Le gouverneur on chef m'enjoint de vous informer, que votre conduite comme juge de paix a été telle, que son Excellence s'est crue obligée de faire émaner l'instrument nécessaire pour vous décharger de la commission de la paix, et que, conséquemment, vous êtes déchu de vos fonctions magistrales."

Il fût résolu par le comité central et permanent, que ce juge de paix *' avait acquis de nouveaux droits à l'estime et au respect de ses concitoyens," etc.

Si les magistrats et officiers de milice destitués

avaient leurs approbateurs, le gouverneur avait aussi,

de temps à autre, des manifestations publia''

faveur.

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A une assemblée nombreuse, tenue à NapîervîUe, comté de TAcadie, le 24 juillet il f^t résolu : *' avec une entière connaissance de cause,"

2. " Que la ligne de conduite tenue par la majorité de la chambre d'assemblée, depuis quelques années, et le refus continuel de ce corps de coopérer avec les

autres branches de la législature ont imposé aux

ministres de sa Majesté la nécessité de recourir à l'autorité du parlement impérial, afin d'arrêter un cours de choses funestes aux intérêts de la colonie, et pesant avec le plus grand préjudice sur toutes les classes de la population ;

3. " Que la chambre d^assemblée ayant virtuellement abdiqué ses fonctions, en refusant de pourvoir aux dépenses du gouvernement local. . . .cette assemblée se sent appelée à exprimer son approbation dos résolutions récemment soumises aux chambres du parlement ;

4. " Que cette assemblée condamne les mesures suggérées, et les principes avoués dans les différentes assemblées tenues dans diverses parties de la province;

5. ** Que cette assemblée conçoit que la majorité des lois, ainsi qu'un ferme exercice de l'autorité confiée au gouvernement, sont devenus nécessaires pour réprimer la difTusion de principes séditieux et désorganisateurs ;

G. " Que cette assemblée se repose sur les honorables intentions du gouvernement de sa Majesté envers ses sujets canadiens ;

7. " Que cette assemblée approuve l'administration de lord Gosford ;

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