‹ Histoire de Canada, sous la domination françaiseChapitre 16 sur 20 · Que cette assemblée croit fermement que · texte numérisé non relu

Que cette assemblée croit fermement que

tous les troubles qui détruisent le pays, proviennent uniquement des rêves ambiteux de L. J. Papineau ]

9. " Que cette assemblée censure et désapprouve hautement la conduite des deux représentans du comté de TAcadie, qui loin de remplir leur mandat, ne se sont appliqués qu'à seconder les prétentions de la majorité de la chambre d'assemblée."

Le 25 juillet, " à une assemblée nombreuse des citoyens des Trois-Rivières," il fût résolu :

*' Que cette assemblée désapprouve le refus opiniâtre de la chambre d'assemblée de faire les appropriations nécessaires

" Que la chambre d'assemblée, en refusant de procéder aux affaires, en a arrêté entièrement la marche, et que ce procédé est la source d'une infinité de maux qui pèsent déjà sur ce pays

" Que l'appel aux passions haineuses, au mépris des lois, aux sympathies étrangères, ne sont que d'autres mots pour signifier le vol, le meurtre et la trahison, et que cette assemblée doit exprimer et exprime son horreur de tels procédés, qui ne peuvent qu^ attirer des malheurs sans nombre sur cette province, comme ils devraient attirer l'animadversion ' des lois sur leurs coupables auteurs."

Le 31 juillet eût lieu, à Québec, particulièrement " pour protester contie les mesures (ou menées) séditieuses de certaines assemblées," et à la réquisition de plus de 3,000 signataires, la réunion la plus nombreuse qu'on eût encore vue en Canada,* et où l'on adopta, entre autres, les résolutions suivantes :

** Que c'est avec un profond regret que nous avons observé les tentatives faites à des assemblées récemment tenues en différentes parties de cette province,

pour diriger les autorités publiques et pour

exciter à la violation des lois ;

* D'après un grand nombre de témoignages publics et privés, elle se composait de 8 à 10,000 personnes.

" Que, quelque différeuce d'opinion qui ait pu régner entre les habitans de la province, à l'égard des affaires publiques, ils se sont toujours distingués par leur fidélité au souverain^ par F amour de V ordre et par Vobéissance à Vautorité légitime, et qu'il est du devoir de désavouer les dites tentatives ;

'^ Que, dans les circonstances actuelles, il est de notre devoir d'assurer le gouverneur qu'il peut compter entièrement sur notre fidélité, etc.

" Qu'une humble adresse soit pré^>entée à son Excellence, etc."

Le gouverneur répondit à Tud rcsj-c qui lui fût présentée : "Ces témoignages de loyauté ne peuvent

être que bien accueillis, dans un temps où l'on a recours à des tentatives, insidieuses pour répandre des doctrines contraires à la moralité et à la justice, et tondant à la violation et à la destruction des lois et des institutions par lesquelles sont maintenus les droits et les libertés dont jouit le corps entier des sujets de sa Majesté."

A une assemblée des francs-tenanciers du comté de rOutaouais, tenue à Aylmer, le 4 août, il fut résolu :

1: " Que cette assemblée exprime son entière désapprobation des procédés du parti de la majorité de la chambre d'assemblée ;

4. " Que l'hostilité invétérée du dit parti de la chambre d'assemblée envers une branche cooixlonnée de la législature a été cause que la province a été privée de plusieurs avantages, dont elle aurait joui sans cette hostilité ;

6. ** Que les individus composant cette assemblée ne peuvent se séparer sans exprimer la détermination d'aider la force civile à réprimer tout trouble, ou tumulte qui pourrait résulterdes coupables tentatives

que Ton fait présontemont pour exciter à la sédition et à rinfraction."

A une assemblée du comté d'Yamaska, tenue à Saint-François, le 6 août :

'* M. Dumoulin (P. B.) se prononça fortement contre les doctrines prêchées dans différentes assemblées dites anticoercitiveSy et contre les résolutions adoptées à ces réunions ; il parla avec énergie contre la contrebande, contre les recommandations faites de recourir aux sympathies étrangères, de s'affranchir de Tobéissance due à notre souverain, et de ne pas obéir aux lois ; il condamna hautement les votes de la majorité de la chambre d'assemblée sur la question des subsides, et sur son adresse, par laquelle ejle a déclaré qu'elle ne procéderait pas aux affaires publiques jusqu'à ce que le conseil législatif fat rendu électif; il s'exprima vivement sur les desseins pernicieux formés par certains individus pour semer le trouble dans le pays, et finir par le perdre ; il condamna ces écrits incendiaires et révolutionnaires, dont fourmillent certains journoaux ; il témoigna son indignation sur les moyens pris par des hommes pervers pour faire mépriser notre clergé. Il insista sur la nécessité de retnplacer nos mandataires infidèles par des hommes fermes, honnêtes et loyaux."

M. Polette applaudit aux senti mens exprimés par M. Dumoulin, et s'exprima particulièrement contre la requête au congrès des Etats-Unis, qu'on essayait de fkire signer par les habitans du comté, il fit voir que bien loin de pouvoir faire un pareil acte, c'était un crime même de songer à s'adresser à une législature étrangère pour en obtenir des lois : il se prononça contre les recommandations faites de s'abstenir des objets importés qui paient des droits, «t fit voir que

ces mêmes droits nous exemptaimt de payer des taxes directes j qui pèsent sur tant d'autres pays "

" Pierre Pesfossés, écuyer, déclara qu'il partageait

les sentimens qui venaient d'être exprimés Le

capitaine Manskau témoigna sa satisfaction de voir le comté d'Yamaska si unanime à se monti*er fidèle à ses devoirs."

"M. Dumoulin proposa alors la résolution suivante, laquelle fàt secondée avec acclamation par toute rassemblée.

" Résolu : Que les discours prononcés et les résolutions passées dans les différentes assemblées dites

anti-coercitives par lesquelles on a recommandé la

contrebande, la résistance aux lois, le mécontentement contre la mère-patrie, le recours aux sympathies étrangères, Taffrancbissement de l'obéissance à notre souverain, le mépris de notre clergé, justement révéré, et autres désordres de cette nature, sont blâmables, monstrueux, destructifs du gouvernement et de l'ordre, et entièrement contraires à la presque totalité des habitans du comté d'Yamaska."

A quelle occasion, pourra-t-on demander, est-il parlé dans le discours de M. Dumoulin et dans sa résolution, du mépris déversé sur notre clergé ? Il faut savoir que dans son numéro du 27 juillet, La Minerve fait précéder un article de VAmi du Peuple de celui qu'on va lire, et qui se compose presque entièrement d'injures directes contre des ecclésiastiques respectables, et d'éloges qui, appliqués à un évêquo et à des prêtres, étaient des insultes indirectes, mais graves.

** Mardi dernier, Messîre Bourget, ex-secrétaire de Mgr. Lartigue, maintenant évêque de Montréal, fût sacré^évêque de Telmesse. Un grand nombre d'ecclésiastiques assista à cette solenpité, ^ui ee termina par un banquQt splendido.

<^ Nous ne saurions dire si ces pasteurs se sont conformés à la règle que partout dans le pays s'imposent les canadiens de ne faire usage que des produits indigènes ou d*articles non importés, afin que des européens ne puissent pas, à Ta venir, piller notre trésor public,

rempli des sueurs du peuple Quoiqu'il en soit, l'évê-

que de Montréal aurait, ainsi que le bruit en aurait circulé d'abord, profité de cette occasion pour s'adresser à son diocèse de vive- voix, en recommandant aux pasteurs assemblés, de se renfermer dans les bornes de leurs attributionSj et de ne pas se mêler de poUtiqtte, car tout ce qui tient aux exigeances mondaines devait, disait-il, être sévèrement proscrit do leur sein, leurs ambitions ne devant jamais dépasser les limites du spirituel."

" A ce langage judicieux ot marqué au coin de la prudence la plus raisonnée, nous reconnaissions un ancien compatriote, qui, sous le titre de monseigneur de Telmesse, avait su si bien maintenir ses droits, alors qu'une influence étrangère, et en dehors de toute sympathie, s'efforçait de Ven dépouiller, et lui faisait honteusèment subir toutes sortes de persécutions et dinsultes. Nous nous disions à nous-mêmes, voilà de sages conseils qui, s'ils sont suivis, auront de salutaires résultats. On nous avait pourtant représenté sa Grandeur comme penchant, depuis quelque temps, vers la bureaucratie

mais évidemment, on le calomnie Il sauve sa

réputation et fait voir hardiment qu'il est un ecclésiastique éclairé, autant que consciencieux:. Il est digne

d'occuper la chaire épiscopale."

'^ Yoilà, à peu près, les réflexions que nous faisions, lorsque le morceau suivant, inséré dans VAmi du Peuple nous jeta dans le plus grand étonnement;

''Nous sommes heureux de pouvoir mettre sous les

yeux de nos lecteurs l'extrait suivant des paroles prononcées par le chef de Téglise de Montréal à ses pagh teurs réunis chez lui, à Toccasion du sacre de Mgr. deTelmesse Le nombre des prêtres ou ecclésiastiques présents était de plus de 140. Après la santé du pape Grégoire XTI, Mgr. Tévêque de Montréal s'est levé et a dit, que < jamais il ne se présenterait une occasion aussi solennelle que -celle-ci ; qu'il voyait presque tout son clergé réuni, et qu'il allait en profiter pour donner aux pasteurs des paroisses quelques avis, de la plus grande importance, dans les circonstances où se trouve le pays ; que les pasteurs devaient faire tous leurs efforts pour établir la charité et l'union parmi leurs ouailles; qu'ils devaient représenter à leurs paroissiens qu'il n'est jamais permis de se révolter contre V autorité légitime ni de ti-ansgresser les lois du

pays; qu'ils ne doivent point absoudre quiconque m-

seigne, ou que Von peut se révolter contre le gouvernement sous lequel nous avons le bonheur de vivre, ou qu'il est permis de violer les lois du pays, particulièrement celle qui défend la contrebande.'

" Alors sa Grandeur a proposé la santé du roi, et elle a été accueillie avec un enthousiasme difficile à exprimer. Les six évêques présents et tout le clergé, d'un mouvement unanime, se sont levés et ont répété avec respect le nom Au rai. Tous les prêtres aussitôt ont témoigné leur approbation de l'avis que venait de leur donner leur premier pasteur."

Après cette citation, JLa Minerve continue : ** Il s'agit de savoir maintenant qu'elle version est vraie, pour Vhonneur du sacerdoce^ pour l'intérêt surtout du clergé du diocèse de Montréal, nous aimons à croire que

c'est la nôtre. Cependant nous dirons qu'il se

peut malJieureusem>ent que ce soit le contraire, et que

l'extrait ci-dessus soit plus conforme à ce qui a été dit

par Mgr. Lartigue alors Tex-évêque de Telmesse

aurait subi une curieuse transformation, au moral, en passant par le titre de monseigneur de Montréal."

Après avoir divagué sur l'influence désastreuse du gouvernement théocratique, sur le danger de l'alliance de l'église et de l'état, La Miîierve ose dire que la question de la contrebande ayant été soulevée dans le cours de la conversation, la majorité des prêtres présents fût d'avis que la contrebande n'entrait pas dans la catégorie des cas de conscietice. Plus tard, elle trouvera une autorité irréfragable, pour prouver que la contrebande n'est pas défendue par les canons, ou décisions de l'église, celle du prêtre réfractaire et suspendu, O'Grady, homme que le "respectable" et " vertueux " Mackenzie estimait, quoiqu'il fût un boute-feu ou plutôt parcequ'il était un boute-feu.

Qu'il n'eût pas été défendu expressément dans un code quelconque de lois ecclésiastiques ou civiles, de faire encourager et recommander la contrebande, dans la vue de tarir les sources du revenu de l'état, de rendre son pays pauvre et misérable, il n'y aurait rien eu là d'étonnant, car la chose était sans antécédent, non prévue, mais certainement défendue implicitement par la morale ou la loi naturelle.

Pour revenir à l'allocution de l'évêque de Montréal à son clergé, quoique dans son numéro du 27 juillet La Minerve Q^t dit qu'il lui répugnait de traiter un tel sujet, elle y revient, d'une manière empiréo, dans celui du 3 août, par un article communiqué si rempli d'injures grossières et dégoûtantes, (contre l'évêque et les prêtres du séminaire,) qu'il ne déparerait pas seulement, mais souillerait les pages d'un livre quelconque. Au reste, la vérité du rapport de VAmi du Peuple ne

tarda pas à être prouvée par les injures, les déboires et les avaries qu'eurent à essuyer, de la part des agitateurs, un grand nombre de curés de campagne. Mais si alors, la religion, la morale et la loyauté avaient des prédicateurs au-dedans des églises, Tesprit de sédition et l'immoralité avaient les leurs au dehors, souvent aux portes de ces mêmes églises, ou dans les salles publiques des presbytères.

Le progrès du désordre dans les campagnes et du délire dans les journaux révolutionnaires, était dû, sans doute, en grande partie, à la crainte que Tinfluence du clergé ne fit avorter des desseins qu'on ne prenait plus la peine de cacher : aussi travaillait-on à paralyser cette influence, dans les assemblées qui eurent lieu ensuite. On oublia pourtant de le faire, à l'assemblée " anti-coercitivo " du comté de Laprairie, tenue à Saint-Constant, le 6 aqût, et où figurèrent principalement deux de nos futurs généraux (Tarméôy T. S. Brown et Amury Girod, et le Dr. André Laoroix. On y résolut aussi bravement que " fermement,"

^^ Que, dans les circonstances présentes, les habitans de ce comté déclarent et jurent solennellement que, vu la conduite infâme du pouvoir envers ce pays, ils verront avec plaisir Toccasion qui leur donnerait les moyens de secouer le joug tyrannique qui pèse sur eux et que, s'ils prennent les armes, ce ne sera pas pour conserver au gouvernement un pouce de terre dans VAmé. rique ;

" Que le peuple de ce pays a considéré, dès son arrivée, la soi-disant commission royale d'enquête comme une bande d'espions, d'agens méprisables de corruption^ et

que ses rapports ont prouvé qu'elle a poussé la

fausseté et la stupidité au plus haut degré possible ;

" Que, quoique cédant, pour le moment au droit inî-

que du plus fort, nous nous engageons à faire tous nos efforts pour tarir les sources du revenu de cette province^ en attendant de Dieu et de la justice de notre cause et de notre propre énergie, V occasion et les moyens de nous affranchir''

Ceux-là, sans doute, auraient bien mérité, s'ils avaient su ce qu'ils faisaient, qu'on leur imposât de fortes taxes directes ; mais le comité central et permanent avait dit, quelques jours auparavant, qu'il espérait que les représentans du pays encourageraient, par leur exemple ferme q\. patriotique, les babitans bien disposés dans leurs efforts pour détruire les sources du revenu qu'un gouverneur corrompu et ingrat était sur le point de saisir et de distribuer; il avait aussi résolu impérativement et comminatoireraent, que le peuple devra tenir pour responsables tous ceux qui autoriseront ces paiemens, ou qui consentiront à recevoir aucune partie de Vargent public, en vertu de cette prétendue autorité."

A une assemblée des comtés réunis de Lacbenaie et de l'Assomption, qui avait eu lieu quelques jours auparavant, on avait mis un peu plus de modération dans le style des résolutions, qui, an reste, n'étaient guère que des répétitions, à l'exception de la suivante :

" Que c'est à tort et sans. raison que nos ennemis politiques essaient d'insinuordans l'esprit du bon peuple canadien, que l'hon L. J. Papineau cherche à faire une révolution dans ce pays, et à s'élever aux plus hautes dignités sur les ruines de ses compatriotes,"

Cependant la correspondance entre le secrétaire civil et les magistrats et les officiers de milice qui avaient figuré activement aux assemblées agitatrices, continuait toujours : le gouverneur répugnant (malgré que leurs dits et gestes fussent consignés dans les gazettes

officielles de l*agitatîon,) à les destituer avant de leur avoir demandé des aveux formels ou des explications. Les réponses, même de ceux qui ne savaient guère que signer leurs noms, étaient quelquefois d'une exti-êmo longueur, et ordinairement assaisonnés du plus grand nombre et de la plus grande variété d'injures possîsibles: celle de M. Papineau, interrogé comme officier de milice, fut au moins laconique, sinon élégante et polie.

" Montréal, 14 août, 1837.

"Monsieur, — lid prétention du gouverneur de m'interroger sur ma conduite à Saint-Laurent, le 15 mai dernier, est une impertinence que je repousse par le mépris et par le silence.

"Je ne prends donc la plume que pour dire au gouverneur, qu'il estfauXy comme dans son ignorance il le peut croire, ou du moins il le dit, que quelques-unes des résolutions adoptées dans l'assemblée du comté de Montréal, tenue à Saint-Laurent, le 15 mai dernier, recommandent la violation des lois.

• " Votre obéissant serviteur.

" L. J. Papineau.

" Samuel Walcott, secrétaire civil."

Gomme les réponses n'étaient jamais satisfaisantes, elles étaient suivies de la destitution, ordinairement après un avis préalable motivé et quelquefois raisonné.

Si les révolutionnaires du Bas-Canada avaient con tre eux le gouvernement et le clergé, ils s'en croyaient dédommagés ou compensés par le vacarme que faisaient alors leurs " frères réformistes " du Haut- Canada, d'où il leur venait de temps à autre, ce qu'ils

Dtî CANADA. 463

appelaient de *^ glorieuses nouvelles.'' Dès le 28 juillet '^ à une assemblée des amis de la réforme/' tenue à To« ronto, il avait ëlë <' propose par M. Mackenzie, secondé par M. MoRRisoN : Que les plus vifs remerciemens et V admiration des réformistes du Haut-Canada sont dus à l'honorable L. J. Papineau et à ses compatriotes, en dedans et en dehors de la législature, pour la constante, mâle et noble indépendance dont ils ont jusqu'à présent fait preuve, en faveur de la liberté civile et religieuse, et pour leur opposition ferme^ honorable et patriotique à la tentative du gouvernement britannique de violer leur constitution^ de détruire les pouvoirs et privilèges de leur parlement, et de les intimider par des mesures coercitives, pour leur faire renoncer honteusement à leurs rœnx justes et raisonnables.^^

Les '' réformistes du Haut-Canada " résolvaient, en second lieu, de faire cause commune avec leurs concitoyens du Bas-Canada, etc.

Cette dernière résolution était une réponse conforme, ou d'assentiment à la lettre circulaire de M. Papineau aux orateurs des chambres d'assemblée des provinces britanniques, lettre qui venait d'être traitée par la chambre d'assemblée du Nouveau-Brunswick avec autant de mépris qu'en avait fait celle du Haut- Canada,* et qui n'avait pas été mieux accueillie dans la Nouvelle-Ecosse et dans l'Ile du Prince Edouard ;

* <' M. WiLMOT pensait qu'il était da devoir de la chambre d'exprimer ses sentimens sur ce sujet, afin d'encourager les amis de la constitution dans le Bas-Canada/'

" M. Street observa qu'il était très convenable que la cbambre exprimât ses sentimens sur cette lettre, afin que le gouvernement connût que les agitateurs séditieux du Bas-Canada ne rencontreraient pas de sjmpathie dans le Nouveau-Brunswick."

'' M. Bbowe pensait qu'il était au-dessous de la chambre de s'occuner de ce document.''

"M. Weldon: Cette lettre ne mérite pas qu'on perde son

temps à Texaminer. Il n'^ a pas communauté de sentimens entre les habitans de cette province et M. Papineau et son parti."

464 HISÏOIBE

de sorte que la majorité de notre chambre d^assemblée après avoir imprudemment '^ déclaré la guerre à tout le monde," et cherché plus qu'inutilement à se faire des alliés puissants, en était réduite à compter sur l'inutile sympathie de la chambre radicale de Terreneuve ; car elle ne pouvait plus même se promettre l'appui de M. Joseph Howe, de l'assemblée de la Nouvelle-Ecosse, qui lui avait clairement donné à entendre que chcB lui, opposition ou " réforme," ne signifiait pas, comme chez elle, révolution, c'est-à-dire, " la lutte des pouvoirs et des factions, l'état d'anarchie et de terreur, le mépris des lois, la violation des personnes et des propriétés, l'impunité du crime, les soulèvemens populaires, la guerre civile."*

Personne ne s'était attendu que notre chambre d'assemblée pût survivre aux coups désespérés qu'elle s'était portés ; en d'autres termes, qu'elle aurait encore une fois l'occasion de se tirer du mauvais pas où elle s'était aveuglement jetée, à la suite de son orateur, et de le faire sans perte, sinon "avec honneur." La convocation de la législature pour le 18 août, fit présumer que cette occasion inattendue allait lui être offerte, mais ne fit pas espérer qu'elle s'en prévaudrait pour sa guérison et sa santé future.

Dans son discours d'ouverture, le gouverneur dît aux deux chambres :

" En obéissance à l'ordre qui m'a été signifié, je vous ai convoqués, à cette époque inusitée, afin de vous communiquer les procédés qui ont eu lieu dan>9 le parlement impérial, depuis votre dernière session, et les résolutions qui y ont été adoptées pour les affaires de cette province.

" Cette démarche m'a été prescrite, afin de donner

• M. Sauquairb-Souligni.

à la chambre d'assemblée, avant que la résolution qui a rapport an paiement des arrérages maintenant dns pour le service de ce gouvernement, ait pris la forme d'une loi obligatoire, l'occasion de considérer de nouveau la marche qu'elle a jugé à propos de suivre, pendant les quatre années dernières, relativement aux difficultés financières de la province; et aussi dans la ferme espérance que l'intervention opportune de cette législature préviendra la nécessité de l'exercice du pouvoir dont on se propose de revêtir le chef du gouvernement local, résultat pour l'obtention duquel il fCest aucun sacrifice que le gouvernement de sa Majesté ne ferait volontiers, excepté celui de l'honneur de la couronne et de l'intégrité de l'empire.*

*^ Depuis que j'ai reçu les instructions dont je viens de parler, l'affligeante nouvelle nous est parvenue de la mort d'un monarque justement chéri : peu de rois ont plus que Guillaume lY régné dans les cœurs de ses sujets : le vif et ardent intérêt qu'il a toujours pris à tout ce qui se rattachait au bonheur de ses sujets canadiens ne peut manquer d'accroître leur sentiment de douleur pour sa perte.

" L'avènement de notre gracieuse souveraine actuelle, la reine Victoria, au trône de l'empire britannique n'a produit aucun changement dans la marche qui m'avait été antérieurement prescrite.

" Les rapports des commissaires royaux sur les diverses matières qu'ils ont eu à examiner, ayant été communiqués aux deux chambres du parlement impérial, des propositions, au nombre de dix, furent, peu de temps après, introduites par les ministres, au sujet des affaires de la province.

• Cette éooncîation, si opportune dans les circonstances, et si insignifiante, après l'adoption des résolutions de lord Russell, étaitelle de lord Glenelg ou de lord Oosford ?

466 fitâfôlËfl

^Dans la vue d'éviter, autant que possible, toiiid intervention qui n'est pas impérativement demandée, par la force des circonstances, *les ministres de sa . Majesté sont déterminés à ne point soumettre au parlement actuel les projets de loi qui doivent être basés sur les résolutions dont je viens de parler. Cependant, comme ils ne peuvent fermer les yeux sur la nécessité de pourvoir sans délai au paiement de la dette due par le gouvernement civil de cette province, ils ont résolu de proposer à la chambre des communes un vote de crédit pour avancer, au moyen d'un emprunt sur les fonds britanniques, la somme requise pour le paiement de cette dette.''

A la chambre d'assemblée. '^Le principal objet pour lequel vous êtes maintenant réunis, est de vous fournir l'occasion, en accordant les subsides nécessaires, de rendre inutile de la part du parlement impé rîal, tout recours ultérieur à la huitième de la série de résolutions, auxquelles j'ai fait allusion, et je puis vous assurer que ce sera pour moi un sujet de satisfaction sincère, si vous prenez la résolution de céder à la voix réunie de la nation britannique, telle qu'exprimée par les diverses branches de la législature, ce que vous n'avez pas jugé à propos de céder à la voix de son gouvernement."

Aux deux chambres : " Je vous répéterai ma détermination d'adhérer aux principes que j'ai choisis pour guides, lorsque je me suis adressé à vous pour la première fois. Ils sont, je le crois consciencieusement, propres à assurer à toutes les classes des sujets canadiens de sa Majesté les droits, privilèges et liberté qui leur étaient destinés par l'esprit de la constitution, et que tout ami de cette constitution doit soutenir et maintenir."

hn OAKADA. 467

Après le retonr des membres de rassemblée, M. Leslîe introduisit son bill " pour mieux assurer la

liberté des ëlectpns '' puis M. Morin fit sa motion

aceoutumée, savoir, ^' que la chambre se forme en comité pour prendre en considération l'état de la province," (ou pour donner à M. Papineau Toccasion de déclamer '' furieusement " contre le parlement britannique, le gouvernement métropolitain, l'administration coloniale, la commission royale, etc.,) et sur motion du même, le discours du gouverneur est référé à ce comité général.

M. Gugy fait inutilement une motion à Teffet de continuer Pacte qui constitue le district inférieur de Saint-François. Elle ne fdt appuyée que par dix menbres.*

La chambre se forme en comité sur Tétat de la province. Le comité se lève pour siéger de nouveau. Même procédé le lendemain, 19, M. Morin n'ayant pas achevé de préparer ses résolutions.

Le 22, M. Morin lit le projet d'adresse qu'il a préparé en réponse au discours d'ouverture.

Dans cette adresse, tissue de contre vérités exprimées, dans les teroies les plus offensants, et d'accusations infiniment plus applicables à ceux qui les portaient qu'à ceux contre qui elles étaient portées, ^' les fidèles et loyaux sujets de sa Majesté assurent son Excellence qu'aucuns inconvéniens personnels ne les empêcheront de travailler à assurer les libertés et le bonheur de leurs concitoyens, à faire disparaître les maux qui ont pesés et continuent à peser sur eux avec aggravation, et à les protéger contre le système qui a corrompu le gouvernement provincial, et qui a

* MM. Baker, 61ackbarD| Bowman, Colby, De Bleury, Gugy Larue, Merrit, Moore et Wood.

468 msToiBS

été assez puissant, non seulement pour faire refuser

toute justice Bxi peuple au sujet de ses demandes

pour V amélioration de ses institutions politiques......

mais pour porter les autorités les plus élevées de la métropole à des actes de violence, et à une violation des droits les plus sacrés et les mieux assurés du peuple canadien et de sa législature, et à ^ destruction des bases fondamentales du gouvernement.''

Ils déclarent " avec franchise, et après une mûre délibération," que depuis qu'ils ont été convoqués pour la dernière fois, ils n'ont vu, dans la conduite du gouvernement métropolitain et de l'administration coloniale, rien qui puisse faire renaître dans le peuple la confiance et l'affection détruites par la longue et funeste expérience du passé, mais qu'au contraire, tout a tendu récemment à effacer le reste de ces sentimens, et à consolider, à rencontre des libertés, des intérêts et des vœux du peuple, Voligarchie coloniale factieusement combinée contre lui, et le pouvoir, jusqu'ici sans frein et sans contrôle des ministres coloniaux siégeant à Dovming street ; et qu'ils n'ont vu dans les travaux de la prétendue commission royale, constituée et agissant sans lois et hors la hiy Ai liée d'avance aux vues partiales et à la politique étroite du ministère britannique dans le gouvernement des colonies, que des opinions préjudicielles, des préventions opposées à sa mission et à son devoir, des vues de gouvernement fondées sur des données entièrement étrangères au pays, la formation de la division et des distinctions nationales, l'oubli des principes constitutionnels, la CALOMNIE contre la représentation nationale, et la déception pratiquée envers la chambre d'assemblée et le peuple.

Ils signalent dans ses travaux, ou rapports do la

commission royale une contradiction essentielle et majeure, une aggression contre la chambre, et la destruction du gouvernement représentatif, au moyen

de la spoliation violente des deniers du peuple,

tandis qu'il eût été du devoir de cette commission et de^ la métropole de reconstituer la seconde branche de la législature coloniale, au moyen du principe d'élection, de révoquer les lois et privilèges indûment obtenus, etc.

Ils voient dans les résolutions de lord Russell, d'un côté, le refus formel, en totalité, des réformes et améliorations demandées par la chambre et par le peuple, et de l'autre, un abus des forces du parlement pour détruire violemment les lois et la constitution de cette province, pour violer les pactes les plus sacrés et LES plus solennels,^ ctasscoir sur les débris do leurs libertés, la corruption, F intrigue, la dilapidation du revenu, Taccaparement des meilleures ressources du pays par les fonctionnaires coloniaux. . .la domination et l'ascendance pour le petit nombre, et l'oppression et la servitude pour la masse des habitans de la pro*

vince.f

• Quand ces pactes solennels et sacrés furent formés, il y avait, sans doute, égalité de puissance et de dignité entre les parties contractantes : mais la teneur de cette aarese ferait croire que les clioses avaient changé, et que notre chambre d'assemblée, ou le peuple qu'elle prétendait représenter, avait pris le dessus.

t " Pour décider de la bonté d'un gouvernement, il faut consî-

Fizez vos regards sur le peuple et sur la contrée qu'il habite : Si les campaffnes sont florissantes et les champs cultivés ; si la joie

ques sont pures; si les citoyens sont unis par les liens de la paix et de la confiance; alors bénissez cette heureuse, nation, et n'allez pas discuter la forme du gouvernement qui la régit ; croyez qu'elle a de bonnes lois, de sases institutions, et que le bonheur dont eUe jouit assure sa liberté. —M.~ —

4YÔ mBfotkit

Ils ont le courage de déclarer à la métropole, que si elle met à effet le principe de ces résolations dans le gonvemement de F Amérique britanmque^ son gonverment ne reposera pins snr des sentimens d'affection, de devoir et d'intérêt réciproques, mais snr la force physique et matérielle, et que c'était V Angleterre qni perpétuait, avec connaissance de cause, sur le continent américain, un Hat de criseJ* Ils se plaignent de la faveur, ou de la préférence donnée à des fonctionnaires accusés par le peuple de cette province, et du maintien d'un gouvernement qui jusqu'ici en a fait le malheur. Ils ont eu un système de coercition anticipée pour mettre à effet le renversement des lois et de la constitution, cP incriminations, de persécutions et de destitutions arbitaires, dirigé contre la masse du peuple. Ils représentèrent déplus que rea:é(n<f2/ actuel étant entré dans la voie glissante et dangereuse qui a perdu les administrations passées, et s'étant entièrement aMéné l'affection d'une portion importante des sujets de sa Majesté, pour donner sa confiance, avec partialité à ceux qui Vappuient, n'est à même, ni dans son chef, ni dans ses menbres, d'opérer les réformes indispensablement nécessaires, commQ préliminaire de tout arrangement entre la métropole et la colonie. Le gage qu'ils auraient voulu avoir de /^ sincérité du gouvernement ne lui ayant pas été donné, ils déclarent que leur devoir envers le peuple leur dicte impérieusement de suivre la marche qu'ils ont adoptée par leur adresse du 30 septembre 1836, et c'est pourquoi ils y persévèrent, ainsi que dans toutes les déclarations et deràandes qui y sont contenues. Ils prétendent n'avoir eu recours qu'à des moyens constitutionnels, fondés suf les prin-

* Cet état de crise régnait-il dans la Nouvelle-Ecosse, le Nouveaa-Brunswick, etc. ?

btr OAKADA. 471

Cipes les mieux approuvés et les mieux reconnus; et ils ODt tellement à cœar de voir le gonvernement màiter de nouveau la confiance publique, qu'ils ne reculeront devant aucun sacrifice, (tout en persévérant dans toutes leurs déclarations et demandes,) hormis celui des libertés et de rhonneur du peuple, et ils affirment qu'ils ont prouvé cette disposition, même à des époques récentes, déclarant, en même temps, qu'ils n'ont trouvé ni dans la discours d'ouverture, ni dans aucune autre source, des motifs de se départir même mamentanémenty de leur détermination de retenir les subsides, jusqu'à ce que leurs griefs aient été réparés. Mais il faut les entendre parler eux mêmes directement dans leurs derniers paragraphes.

" Ce ne pourrait donc être que des considérations de crainte servile, étrangère à notre mandat, et dérogatoire au caractère du peuple, qui pourraient nous engager à forfaire a nos dsvoibs en ratifiant la violation des droits de nos conmettans et de cette chambre, par les autorités britanniques, et en prenant sur nous la responsabilité des conséquences qui en pourraisnt résulter. Nous laissons cette responsabilité à ceux qui l'ont assurée, et forts de la justice de notre cause, nous nous reposons également sur la Providence, et sur les vertus publiques et privées de toutes les classes du peuple, sur sa constance, sa persévérance, et son attachement aux principes d'ordre et de liberté, qu'à son exemple, nous nous sommes efforcés sans cesse de maintenir.

'' Nous répétons que nous regardons toutes mesures administratives quelconques comme insuffisantes pour assurer, d'une manière efficace et durable, la sécurité et le bonheur de la province, et que les réformes essentielles et constitutionnelles, que nous avons deman-

4!J2 ftisTOiES

dées, et en particulier l'application dn principe électif an conseil législatif, le libre exercice des droits et privilèges de cette législatore, et de cette chambre en particnlier, et l'établissement d'nn gouvernement populaire et responsable sont le êeiU moyen d'assurer les avantages ci-dessus, ainsi que de rendre avantageuses au peuple du Canada ses liaisons avec la Grande-Bretagne.

'' Nous souhaitons donc ardemment que les résolutions adoptées par les deux chambres soient rssoin- DÉBS, comme attentatoires aux droits et libertés de cette province ; comme étant de nature à y perpétuer les mauvais gouvememenSf la corruption et VaJniS du pouvoir y et comme Tend^int plus juste et plus légitime la désaffection du peuple.'*

Quelles durent être les émotions de l'homme patient, timoré et poli, qui avait craint de manquer, ou qui avait espéré qu'on ne l'accuserait pas d'avoir manqué au respect dû à la chambre d'assemblée, non plus que dérogé à sa dignité, en lisant cet insultant et provoquant manifeste de sa majorité ou de son orateur ? Ce qu'on peut affirmer sans hésitation, c'est qu'il effraya une partie des membres de la majorité même de la chambre. Après que M. Stuart eût proposé inutilement d'y faire des changemens essentiels, M. J. C« Taschereau proposa de substituer à l'adresse présentée par M. Morin, un autre projet d'adresse, à peu près le même, quant au fonds, mais beaucoup radouci dans les termes.*

* ^ Elle renferme un abandon d'une position antérieure, et yirtuellement du principe électif, quant au conseil : elle ne dit mot des résolutions de lord Russell et de la violation des droits qu'elle enfreignait : elle garde le silence sur la commission dite rojale et le rapport que ses membres ont fait : elle supprime toute censure de lord Gosford, et de son administration, et espère même qu'il restera dans le pays pour effectuer des réformes demandées : dans

Dtt OANABA. 473

Ces doux adresses occasionnèrent des débats dont nous croyons devoir rapporter la substance, d'autant plus que ce seront les derniers qui se feront entendre dans une chambre qui réussissait enfin à se suicider, après plusieurs tentatives infructueuses.

M. Taschereau, en présentant, en amendement, le 1er. paragraphe de la contre-adresse, dit: ^' Dans la session de 1835-36, je votai, avec la grande majorité de la chambre, sur la question de subsides : je ne me répens pas de mon vote : mais je dois dire que si nous eussions alors voté les subsides, nous en serions mieux. J'ai voté aussi en faveur de l'adresse de cette chambre, déclarant qu'elle suspendait ses délibérations, jusqu'à ce que le conseil législatif fût réformé selon les vœux du peuple. Selon les déclarations de quelques membres, ils voulaient dire jusqu'à ce qu'il fiit électif. Je suis convaincu que la majorité des membres n'ont pas eu intention de donner une aussi forte portée à leur déclaration. Ce n'est pas le sens que j'ai donné à mon vote, et je pense que notre adresse ne comportait pas une interprétation aussi rigoureuse; et je pourrais m'appuyer de la surprise, du chagrin exprimé par plusieurs membres, lorsqu'ils virent que le gouverneur lui donnait ce sens. C'est à cette malheureuse interprétation que nous devons les résolutions de lord John Russell. Cependant, malgré le mal qui est résulté de cette erreur, l'adresse qu'on nous présente ne contient rien pour y remédier. On y déclare persister dans toutes les déclarations contenues dans notre dernière adresse, sans faire entendre qu'on s'est étrangement mépris sur le sens de cette adresse, dans un des points les plus essentiels.

le premier et le dernier paragraphes, on chante snr le ton des " constitutionnels,'' et l'on donne assez à entendre qu'on est satisfait de l'acte constitutionnel."— Za Minerve,

474 filBTOtAS

" Une objection qne j'ai au projet d'adresse qui nous est présenté, c'est qu'il demande le rappel du gouverneur actuel On aurait mieux fait, dès le commencement, de seconder lord Gosford, qui était venu dans le pays avec les meilleures intentions ; au lieu de cela, on l'a abandonné, maltraité, injurié, ainsi que la commission royale, dont il était le chef. On s'appuie, pour demander le rappel du gouverneur sur les destitutions qu'il a faites dernièrement. Ce sont les assemblées qui ont eu lieu dans quelques parties de la province, et particulièrement dans le district de Montréal, qui ont donné lieu à ces destitutions ; les procédés de ces assemblées respirent un esprit de révolte^ m y fait appel à r étranger, et on y proclame la contrebande.**

M. C. Dbolet : '' La chambre n'a-t-elle pas déclaré assez clairement qu'elle ne procéderait pas aux affaires, tant que le conseil ne serait pas électif f C'est le

sens dans lequel j'ai compris l'adresse L'adresse

de M. Morin s'exprime dans le même sens que celle de 1836, et il n'y a pas lieu de se départir de cette position. Il y a déjà deux aps que le gouverneur règne ici par la corruption et par la flatterie, et il a réussi à semer la division Des anglais ne se soumettraient pas plus que nous à la tyrannie de Downing Street. Ce sont des anglais qui ont fait la révolution américaine."

M. Tâsohereau : <* Nous disons que nous ne voulons pas voter les subsides, avant que le gouvernement ait commencé l'œuvre de la réforme ; mais nous disons aussi que si le gouvernement réforme convenablement le conseil, nous ne voulons pas laisser le peuple sans législature, sans lois, sans éducation, sans protection. Je sais que la démocratie est inévitable en Canada, et je ne suis pas opposé à ce principe de gouvernement;

mais c'est trop tôt, le moment n'est pas encore venu^ le peuple n'est pas assez instruit, le pays n'est pas prêt, à moins qu'on ne veuille le jeter, avant le feynps, dans toutes les horreurs de la guerre civile. Je ne connais pas l'opinion du district de Montréal, mais dans le district de Québec, plus des trois quarts des électeurs sont d'avis que les membres de la législature doivent reprendre leurs fonctions, doivent procéder aux aifaires. Nous ne proposons pa3 de voter les subsideSy nous ne le promettons pas ; nous disons seulement que ce sera plus tard, quand les réformes auront été faites, un sujet de considération. Nous sommes tous d'avis qu'avec le conseil actuel, nous ne pouvons pas procéder aux affaires ; mais jo voudrais mettre le gouvernement en demeure de le réformer."

M . Cii APHAM "Je regrette de ne pouvoi r pas

être en faveur des conclusions de M, Taschereau ; le gouvernement impérial en est venu à certaines résolutions auxquelles il nous faut acquiescer, ou recourir à des mesures hostiles. Suppose-t-on que la chambre des communes abandonnera la position qu'elle a prise ? M. Roebuck ne lui a-t-il pas dit que, passer ces résolutions, c'était créer la révolte dans cette province? cela Ta-t-il empêché de décider qu'il n'est pas expédient de rendre le conseil législatif électif? On a discuté ce point beaucoup trop longtems pour l'intérêt du pays. J'ai dit à la chambre qu'elle demandait plus qu'elle ne pouvait obtenir, et qu'il serait pour elle plus sage et plus prudent d'imiter le peuple anglais,

qui se contente des réformes qu'il a obtenues Il a

été fait assez de concessions au pays, sous la présente administration, pour que la chambre ait mauvaise grâce à persister dans ses mesures coercitives. Nous devrions donner notre confiance au g'*

476 tosîoiftfi

magnanime qui nous protège, et procéder sans dëlaî aux affaires de législation pour les besoins les plus urgents du pays, et pour la réparation dos maux qu'il a soufferts. Les deux adresses renferment, quoiqu'on termes différents, un manque de confiance, un égoïsme et une opiniâtreté qui seront mal reçues de la nation anglaise, après Ténoncé ferme de son opinion : elles justifieraient toutes les mesures qu'elle pourrait, en conséquence, juger à propos d'adopter. L'adoption de l'une ou de l'autre de ces adresses laisserait encore le gouvernement dans une situation embarrassante. Il doit s'efforcer de contrebalancer de mauvaises mesures par de bonnes, mais il ne serait pas sage à lui de recourir à une dissolution de la chambre, quand les membres sont en possession de moyens sans opposition, pour colorer et dissimuler les faits et les circonstances à leurs honnêtes constituans, dont je suis persuadé que les neuf-dixièmes sont satisfaits de leur condition, et n'ont jamais rêvé à des changemens, avant que des chefs turbulents et ambitieux leur en aient donné l'idée. Il faut après tout, que le pays se soumette, ou qu'il se mette en guerre ouverte, nonseulement avec la puissante Angleterre, mais encore avec la population anglaise du pays, qui est opposée à un changement organique. Est-on prêt et disposé à en venir à de telles extrémités? Je suis persuadé que non. Il faut donc faire de nécessité vertu, et cela, avec d'autant moins de honte que, par l'appel de la chambre d'assemblée au parlement impérial, le pays a été mis dans l'obligation de s'en tenir à la décision de ce tribunal."

M. Lafontaine : " Je me lève pour répondre principalement à M. Thaschereau. Je rends hommage à ses talens, à ses convictions. L'adresse est écrite,

ot rédigée avec talent. Si le style de la première est trop diplomatique, celui de la seconde Vest cent fois plus. C'est dans le style de l'école de Metternich. Cette adresse confirme aussi les imputations de Sir Geo. Gipps contre les membres de cette chambre. Sir Geo. Gipps a dit que les nouveaux amis de l'administration n'insisteraient pas, dès qu'ils V oseraient, sur le principe électif, et l'abandon de ce point, dans le moment actuel, confirmerait cotte imputation calomniatrice, fausse, injurieuse à la chambre et à tous ses membres, faite par Sir Geo. Gipps. Le défaut de l'adresse en amendement est l'engagement que Ton prend de procéder, même avec un commencement de réforme. Que le gouvernement fasse d'abord ces réformes, et Von verra ensuite ce que nous aurons à faire. Il y a impossibilité pour le gouverneur de faire des réformes, parce qu'il ne peut nommer les hommes qui jouissent de la confiance du peuple. Enfin, on semble se borner à des réformes administratives, et ne pas insister sur les réformes constitutives. Or, il no peut pas y avoir de paix et d'harmonie dans ce pays, sans un conseil électif: abandonner ce point, c'est faire un pas rétrograde Qu'on jette les yeux sur la législature de Terreneuve; on verra qu'on y fait les mêmes demandes quici.

M. KiMBEB ^^Lcs principes sont les mêmes,

mais avec cette différence que la seconde adresse donne plus d'espérance de procéder aux affaires et do ramener la paix dans le pays. Je n'approuve pas plus que les membres qui m'ont précédé, l'administration actuelle : je mets Tindividu de côté, pour fixer mon attention sur la situation dans laquelle se trouve le pays vis-à-vis du gouvernement métropolitain, et je dis que de notre manière de procéder, dans ces cir-

constances, dépondra, par la suite, le bonheur ou le malheur du pays. De quelle manière veut-on procéder aujourd'hui? je pourrais dire, à coups d'insistance de notre part, et on nous i-épondra à coups de gouvernement. En effet, les 92 résolutions nous ont amené la commission royale, dont nous sommes mécontents : la résolutien sur le conseil électif, dont on a fait un sine quâ non dans l'adresse de l'année dernière, nous a valu les résolutions coercitives de lord John Eussell : la présente adres}^e nous vaudra encore un bill pour prendre nos deniers : alors, de nouveaux troubles dans le paySj de nouvelles assemblées, et quelle sera la fin de tout cela? de résister par la force au gouvernement? serait-ce praticable, serait-ce prudent de le faire? Je ne le crois jjas. La marche adoptée par M. Morin tend à repousser le gouvernement par la force. Cette ligne de conduite est dangereuse et peut mener à la révolution. Quand les Etats-Unis se sont révoltés, les treize colonies souffraient également, et se colisèrent pour résistera l'oppression, le clergé prêchait la révolution, et malgré cela, ils n'auraient pas conquis leur indépendance sans un secours étranger. Où en sommes-nous ici, sous ce rapport ? Les provinces voisines ne sont pas aussi avancées que nous dans la demande des réformes: le pays même n'est pas d'accord de résister au gouvernement : le district de Montréal est divisé sur ce point, et les deux autres sont presque unanimes à s'opposer à une résistance illégale."

M. Huot: Lorsqu'il s'agit de se décider sur une question qui doit décider, en quelque sorte, du sort du paySy je ne dois pas donner un vote silencieux. Je ne veux pas faire de reproche à ceux qui, en 1886, ne votèrent que pour six mois de subsides; mais j'ai raison de croire que, si les subsides avaient été votéd,

les affaireB en seraient mieux anjourd'hui, que noas ne eerioDB pas réduite, ainsi que le dit M. Morin, dans son adresse, à nous jet«r, en désespérés, dans les bras de la Providence, et à nons confier au bon vouloir et anx vertus du peuple. Je suis contre l'adresse de ïf. Horin pour les mêmes raisons que M. Lafontaino est contre l'adresse de M. Taachereau : Je ia trouve cent fois plus diplomatique que cette derniâre. Je suis contre l'adresse de M. Morin, parce qu'elle n'est que la répétition de celle de 1836, parce qn'eite rend impossible le retour de la paix, la conciliation et la reprise des travaux parlementaires. Je n'ai jamais entendu dire que je ferais d'un conseil électif une condition sine quâ non de procéder ; je n'ai jamais entendu dire que nous cessions de passer des lois, tant que le conseil ne serait pas électif, car il pourrait se passer vingt ans avant qu'il le devienne. Quoiqueje désapprouve l'adresse do M. Morin dans les détails, je suis d'accord avec lui sur certains points: je pense comme lui, que dans le moment actuel, nulle reforme n'ayant été effectuée, nous ne devons ni voter les tubsides, ni procéder aux affaires. Les communes d'Angleterre ayant déclara que le conseil législatif ne mérite pas la 'yrnjidiice,* t-iiiit qu'il ne sera paa réformé, twus ne den'u» pos coter les subsides. Quant à procéder aux affaii-cs, je crois qu'il serait inutile de le faire, dans ce moment, puisque tous nos bilU seraient ryetéSif le conseil étunt composé comme il

M. Drolet parle do nouveau, et dit en substance, que ceux qui parlent de guerre civile se créent des fantômes; que la, fermeté et V énergie avec lesquelles la chambre demande des réformes^ auront l'effet de forcer le gouvernement d'accorder nos demandes : que le gouvernement se refuse toujours d'abord ïj^mx justes vœux du peuple, et finit par s'y rendre

M. Gugy: ** Je m'aperçois qu'il y a un schisme parmi les réformistes, deux partis distincts ; mais les vucB de Tun sont à peu près celles de l'autre, et les doux adresses qu'ils nous offrent ne valent pas mieux

l'une que Tautre Ce sont les mêmes sentimens,

les mêmes idées, les mémos principes différemment énoncés, différemment habillés : c'est le même air avec des variations ; toutes deux insistent sur l'introduction du principe électif dans le conseil législatif; toutes deux sont bâeéos sur des principes démocratiques que j'ai cent fois combattus, dont j'ai cent fois exposé les funestes conséquences. L'adresse de M. Taschereau est plus respectueuse, plus douce,;plus conciliante ; celle de M. Morin avec son ton dur et brusque, avec ses formes toutes démocratiques, avec son air de provocation et son ton d'empire, est peut-être la plus sincère: néanmoins, il serait difficile de dire laquelle de l'une ou de l'autre est la plus diplomatique,

M. O'Callaghan L'adresse Taschereau semble

attendre beaucoup de nouvelles nominations, tandis que nous n'en attendons presque rien. Pourtant, si Vexécutif nous donne des instrumens pour obtenir notre but; s'il nous donne un corps qui passe toutes nos mesures populaires nous nous en servirons. Le gouverneur se servira du conseil powr séduire et corrompre, comme il s'est servi de la milice et de la magistrature pour gagner des gens et faire des traîtres. C'est Vexé-

cutif et la commission* qui ont créé Tirritation dans le pays, et quand cette juste indignation se manifeste, on nous opprime, on nous tyranise par des proclamations et des destitutions/'

M. Baker: "Je me flatte que le membre pour Yamaska fera plus de bruit que de besogne. Je puis du moins lui assurer qu'il n'a point de secours à attendre du comté do Missisquoi pour ses plans révolutionnaires.f II est vrai qu'il y a dans ce comté deux classes d'individus m alafPec tiennes, qui sont venus des Etats voisins ; les premiers étaient des chercheurs de places qui, n'ayant pu faire leur chemin, ont cru qu'ils réussiraient mieux, en excitant le peuple à la révolte. On peut appeler les autres des niveleurs ou des communistes qui, comme les sauvages ou les ours, voudraient que leur proie fût en commun; mais l'hon. membre ne doit se fier ni aux uns ni au^ autres, car au premier cliquetis des armes, ou au bruit des fanfares militaires, ils décamperont promptement.^..,. L'hon. membre accuse le conseil d'avoir rejeté quelques-uns de nos biUs les plus importants J e lui dirai

que le conseil a eu raison de rejeter ou d'amender, particulièrement le MU dos écoles, qui effectuaient de grands changemens, et exigeait la sortie d'une somme d'argent très considérable, quand la chambre ne pourvoyait pas au paiement de dettes légitimes; le bill du canal de Chambly, qui allait à ruiner les premiers entrepreneurs, et le ôiW des élections, qui défranchisait

* " J'ai -été témoin des inyectives et des sarcasmes lancés par l'organe de la modération et de la décence, (0*Callaghan) contre les membres de ce corps respectable, tandis qu'il ea^Tojait un présent. C'est un libelle contre les habitans de ce pays, dont la courtoisie envers les étrangers est passée en proverbe." — M. Glapham.

t Le Vindicator avait déjà publié un grand nombre de lettres de l'architraitre L. M. N., excité et réexcité les soldats à la déaertioD| insulté et menacé le clergé, etc.

les co-propriétaires, et qui était un des actes les plus iniques qui aient jamais été passés par un corps délibératif. Je sais prêt à admettre que le conseil a besoin de réforme, mais je dirai aussi que la chambre en a un plus grand besoin."

M. Stuart dit qu'il votera contre les deux adresses, dont les principes sont à peu près les mêmes.

M. Morin dit qu'il ne croit pas que le conseil législatif puisse être réformé convenablement, dans les circonstances actuelles, mais que pourtant, il fera à son adresse un changement dans le sens do l'adresse Taschereau.

M. Berthelot "J'ai penché, je l'avoue pour

"jf ^* l'adresse Taschereau ; j'avais des doutes, quant au sens ^^^mbigu de l'adresse Morin, mais avec le nouvel amendement, je voterai pour cette adresse."

M. DE BLETJRY..,..."Mon Opinion cst, quc si nous eussions voté les subsides, en 1836, on ne se trouverait

pas dans l'embarras où l'on est aujourd'hui Nous

avons soumis nos plaintes aii parlement impérial, qui a décidé contre nous, et surtout contre la question d'un conseil électif. Puisque nous avons choisi ce grand tribunal pour notre arbitre, nous devons nous soumettre à ses décisions. Si je ne me trompe, la doctrine de la soumission a été prêché par l'honorable orateur de cette chambre, en 1824... .Si cette chambre avait voulu prêter un appui généreux à milord Gosford, nous ne serions pas dans la confusion où se trouve ce pays. Cest la faute de la chambre â! assemblée. Si au lieu d'injurier son Excellence et les commissaires, nous les eussions attirés dans nos filets, nous serions mieux que nous ne sommes. Au lieu de conjai*er l'orage nous V avons attiré sur nous; U est peut être

encore temps de le détourner, et c'est par une politique sage et prudente que nous le ferons."

Le Dr. Côte fait un long discours tout personnel contre M. de Bleury.

La minorité ordinaire n'ayant voulu voter ni pour l'une ni pour l'autre adresse, colle de M. Taschereau n'eût que 18 approbateurs, et l'adresse Morin fut adoptée, à la majorité de 46 contre 31.

Le lendemain, 26, à une heure, aux messagers chargés d'aller demander au gouverneur quand il lui plairait de recevoir la chambre avec son adresse, son Excellence répondit laconiquement, " à trois heures." L'adresse ayant été présentée, à l'heure indiquée, par l'orateur et les membres qui l'avaient votée, son Excellence leur répondit :

" M . l'orateui' et MM. de la chambre d'assemblée :

" Je transmettrai sans perte de temps, pour l'information du gouvernement de sa Majesté, l'adresse que vous venez de me présenter. Je ne puis, néanmoins, m'empêcher d'exprimer la douleur que j'éprouve, en apprenant que vous persistez dans votre détermination de priver le pays des avantages d'une législature domestique, jusqu'à ce que toutes les demandes que vous avez faites aient été accordées, demandes qu'il n'est pas au pouvoir du gouvernement d'accorder, et que les plus hautes autorités de l'empire ont déclaré qu'il n'était pas expédient d'accorder.

" Cet abandonnement volontaire et réitéré de vos fonctions comme branches de la législature locale, nonobstant l'assurance que vous avez reçue des plus hautes autorités auxquelles vous en avez appelé, que des améliorations seraient faites dans les conseils exécutif et législatif, tout en augmentant journellement les mtaux qui pèsent sur cette province, est en même

temps une annihilation de la constitution dont cette législature tire son existence.

'< Comme l'on m'a malheureusement dénié Passistance que j'espérais recevoir des représentans du peuple, pour tirer le pays des difficultés pressantes dans lesquelles il se trouve, il ne me reste plus qu^à vous assurer que j'exercerai, au mieux de mon jugement, les pouvoirs dont je suis revêtu, comme représentant de notre souverain, pour préserver les droits et avancer les intérêts et le bienêtre de toutes les classes des sujets canadiens de sa Majesté."

Le conseil législatif n'eût guère à s'occuper, en corps que de sa réponse au discours du gouverneur.* Voici ce que nous y trouvons de plus remarquable :

" Nous assurons votre Excellence que nous regarderons comme notre devoir de concourir dans tout bill constitutionnel pour pourvoir au paiement des arrérages actuellement dus pour le service civil de ce gouvernement, afin de prévenir la nécessité d'avoir recours à l'exercice du pouvoir dont on se propose d'investir votre Excellence, par un acte du gouvernement impérial.

" Nous pouvons assurer votre Excellence que nous sommes fermement convaincus que votre Excellence croit consciencieusement, que les principes qu'Elle a posés comme devant lui servir de règle de conduite, sont propres à avancer les vrais intérêts du pays

" Dans les circonstances actuelles, où quelques hommes malintentionnés et d'influence ont, par leurs efforts secrets et publics, répandu la méfiance et la crainte dans différentes parties de cette province, et

* Bien qu'il eût nommé des comités spéciaux pour s'occuper de mesures utiles, particulièrement un comité pour " prendre en considération les meilleurs moyens d'avancer efficacement l'éducation élémentaire dans les paroisses de la province.''

recommandé publiquement la désobéissance et la résistance aux lois, le conseil législatif croit qu'il est absolument de son devoir d'assurer de nouveau votre Excellence de son soutien ferme et constant, lorsqu'il sera nécessaire, pour maintenir l'intégrité de la constitution, défendre la connexion qui subsiste heureusement entre la mère-patrie et cette province, favorisée à un si haut degré, et qu'il fera tout ce qui dépendra de lui pour remplir avec une loyauté dévouée à son souverain, et les égards dus aux intérêts de l'empire en général, et au bien-être de cette province, les devoirs importants qui lui ont été confiés par la constitution, et qu'il concourra volontiers avec votre Excellence dans toutes les mesures qui seront propres à maintenir et perpétuer la paix, le bonheur et la prospérité de toutes les classes des sujets de sa Majesté."

liCs honorables Viger et Malhiot protestèrent contre quelques paragraphes de cette adresse, dont la rédaction avait été confiée aux honorables Cuthbert, Debartzch, Stuart, Jolietteet de Rocheblave. Le gouverneur* y fit la réponse suivante :

"M. le président et MM. du conseil législatif:

" En vous remerciant de cett« adresse, je ne puis me dispenser de vous témoigner la satisfaction que j'éprouve, en apprenant que mes efforts pour effectuer les améliorations qui peuvent avancer et maintenir la paix, le bonheur et la prospérité de toutes les classes des sujets de sa Majesté, seront secondés de votre coopération zélée et de votre appui.

*'' Les tentatives auxquelles vous faites allusion.. .en même temps qu'elles ne peuvent qu'exciter un profond regret, imposent, à tous ceux qui ont le bien du pays à cœur, le devoir de mettre de côté, dans une conjoncture comme la présente, toutes considérations

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