DESPOtlSHE tlfPÉBlAL
que <se furent véritablement les guerres de Fempire qvi rcrent la suprématie maritime de rAngleterre^ L^amiral Linois^ qui avait mission de reprendre PcMidichéry dans l'ooéan Indien , iiit vaincu .par uneescadre marchande \ puis , à son retour, étant tombé au milieu de Tescadre de Tamiral Warren, il fut forcé de se rendre% Une autre flotte, sortie deBcest pour approvisiomier la colonie de SaiiH-Domingue, fui battue et capturée^ d*tiutRs furent dispersées.
r^apoléon avait en mépris les spéculations, qui pourtant disaient la grandeur de l'As^leteripe; et l\)n eut peine à lui bin ooni|)rendre Tutilité d'une banqjue^ qui fut fondée à Paris par des particuliers.
L'An^eterrâ usant de rigueurs contre les neutres, Napoléon arrêta de même contre elle le plan d*Ua grand système prohibitif. L'idée du blocUs continental avait commencé à être appliquée en Amérique. La convention aviait, par le décret du 18 vendémiaire an XI, proscrit toutes les marchandises et produits manufacturés des pays soumis à l'Angleterre, et cela sous des peines sévères (jusqu'à vingt ans de fer pour les contrevenants). JSapoléon avait donc pris le principe de son système à ces deax républiques ; mais il y donna une extension bien plus redoutable par les moyens qu'il y employa , et par l'intention évidente d'une domination universelle. 11 songea à ceindre TEurope entière d'un littoral tout à lui, depuis la Hollande jusqu'aux Iles Ioniennes, d'où l'Angleterre devait demeurer exclue, la contrai» gnant ainsi à mourir de faim, faute de débouchés pour ses ma* nufactures et pour les produits de ses colonies»
Un décret daté de Berlin, puis un autre de AUlan , plus terrible encore, déclarèrent prisonnier de guerre tout Anglais trouvé dans les pays occupât, et de bonne prise tous nanres, marchandises , propriétés , magasins appartenant à des sujets britanniques. Ordre fut donné de repousser tous bâtiments provenant des ports anglais.
Puérilité gigantesque > qui portait à une foule dlntéréts an coup funeste , et tournait la guerre contre les peuples , plus dtfliciles h vaincre que les rois. Il en résulta des pillages, des ooiifiscations et un espionnage oi^anisé dans toute l'Europe, b
TAVOCVS CONTIHEKTAL. — GUEAIB ]>'BSPAONfi. 235
vMatkm des magasios et celle des cenrespondances, la niiae des villes oDinmerçantes, et la néeessité d'un despotisme auquel ii*avait pas été réduit le résine de la terreoTi, Un bâtiment nratre cessa d*étre respecté, lorsqu'il avait subi la visile des. craiscitts anglais; ce qui pana le* dernier coup au commerce,
Toe les navigations neutres ne pouvaient plus subsister. p<rféoo voulut donc aecabler les Anglais, unis en commenijnit par aeeabler le monde entier : les hommes devaient se condanmer am privations , les terres produire des fruits inac* comanids, les rois déployer une force despotique, que tous n'avaient pas ou dont tous ne voulaisat pas user; les pays. mÉme qui ne produisent rien, et n'ont , comme la Suède, que desodtes et des ports, devaient étfe obligés de les fermer. La mine do eontioent en était le résultat certain ; et il n'était pas possible qu^une violence qui mettait l'empereur en opposition ^ avec la ehrifisation entière, en voulant réduire à un trafic local tout le commerce qui naguère embrassait rusivers , U n'était pas possible qu'une telle violence fât de Itmgue durée.
Des bûchers s'allumèrent (nouvelle inquisition commerciaiel pour brûleries marchandises provenant de Tlle ennemie; puis ravidllé en fit permettre l'introduetion moyennant une prime de cinqdante pour cent, et ensuite par des licences particulières qm nHiItipliaient la contrebande (1810). Des plaintes, des violaiioBS , des résistanices, s'élevaient de toutes parts; le besoin de sucre, de eo^^ de coton^ devint une arme contre Napoléon, à qui une erreur économique nuisit bien plus que l'ininûtié des rois '. L'industrie nationale fit des progrès; mais à qui profite- t-elle , si elle ne donne les objets meilleurs et à plus bas prix ? Il avait pensé que les avantages clont jouissait TAai;leterre pro?enaient du commerce extérieur, et qu'elle succomberait lorsque le continent européen lui serait fermé. Mais il * aurait fallu fermer le monde ; sans quoi on montrait à l'Angleterre
■ Colelta est le seul écrivain , que nous sachions , qui défende on excuse le système continental (liv. VI), et bl&me la présompluetue Italie ( livre Vil ), qui n'était pas charmée de se voir contrainte à sebir toutes les mesures françaises. ( C. C. )
!^86 ' DESPOTISME IHPÉBIAL.
combieB elle était puissante, puisqu'elle pouvait se passade TEurope. De ce moment, la politique de Kapoléoo etoeUede TAngleterre se traduisirent, la première parle mot prohibitÛMi, la seconde par celui de liberté du commerce ; et c'est au oon de ces principes que se firent les guerre^ et les alliances qui soi* virent.
Les plans de Pitt avaient ^ repris par Ganning et par CasiSreagh ^ qui étaient persuadés , avec toute la nation , de la née» site d'une lutte à mort contre la prépondérance de I^apoMoa. L'empereur déclarait le blocus de l'Angleterre, quand il m pouvait mettre un bâtiment à la mer sans qu'il fût pris par ki croisières britanniques ; mais l'Angleterre, en déclarant qae il pavillon neutre ne couvrait pas la marobandise, et que tout bâtiment qui toucherait les côtes de France serait capturé, anéanti véritablement le commerce français.
L'Angleterre, informée qu'aux termes d'un article secret di traité de Tilsitt (1807) , les flottes russe , portugaise et daaolR devaient s'unir contre elle à celle de la France, envoya da forces redoutables devant Copenhague (août), et exigea qae sa flotte lui fût livrée jusqu'à la paix ; il fallut en eonséqaenea lui donner vingt vaisseaux , armés de plus de deux mille canook L'empereur Alexandre s'indigna de cette violation du droit d« gens , dont la sécurité publique fut le prétexte , et adhéra aa système continental (octobre), bien qu'il y fût détermiDé ea réalité par le désir de ne pas être troublé dans les conquêtes qoll méditait ; et , s'nnissant à Napoléon malgré la répogoaocs de sa nation et de sa femille pour cette alliance, il déclara la guerre à la Grande-Bretagne.
Nous avons vu quels sacriQces avait faits à la répubiiqQe française le roi d'Espagne Charles IV. Un sentiment de loyauté et de solidarité royale l'avait fait protester avec force coatie l'arrestation de Louis XVI, et dépenser des sommes considérables pour le sauver. Après la mort du roi, il déclara à la FraïKX la guerre la plus patriotique , car le peuple lui offrit soixaatetreize millions pour en faire les frais. Cependant les première déÊiites le découragèrent, et Charles fit la paix avec la république. Devenu vieux et dégoûté des affaires, il mettait son plaisir
BLOCUS CONTINEIlTAt. ^ GVEBBS B'ESPâGNE. 287
i&ire observer Tantique cérémoDial, h vivre en famille, à èhasvr assis dans son fenteuîl , laissant toute Taiitorité à la reine Louise de Panne, femme active et spirituelle. Emmanuel Godoî, Mnpiegarde du corps, s'était élevé au premier rang par sa grande apadté ■ ; il eut l'ambition de régénérer l'Espagne , et s'entoura des hommes les plus capables du pays *. Amant de la rcme et favori du roi , il saisit Toccasion de se grandir et d'éta* 1er son influence en décidant le traité avec la France , ce qui lui nhit le titre de prince de la Paix. Cependant lorsque IVapoléon nt renversé les Bourbons de Naples (5 octobre 1806), et enleréles fies Baléares à FEspagne en compensation de la Sicile, Charles IV, concevant des soupçons, entra dans la coalition, rt le Midi répondit au cri de guerre poussé par le Nord. L'Espagne, restée à découvert par le désastre de la Prusse, se résigna à subir toutes les conditions; et Napoléon, qui ne se piquait pas de générosité , lui enleva son armée : seize mille ^mes, sous les ordres du marquis de la Romana, furent envojrés combattre dans le Holstein.
la couronne de Portugal reposait sur la tête de Marie I'^ : tt £t que les découvertes amenées par le procès de Pombal augmentèrent son hypocondrie habituelle , et la mirent hors 'tet de gouverner jusqu'à 1816, époque de sa mort Don Juan, prince du Brésil, son fils, prit le titre de régent. Une éducation <^iQ8trale avait fait de lui un prince sans énergie, qui chantait vhitrin. Il se jeta dans la première coalition contre la France , (t y envoya des troupes ; mais les corsaires français capturèrent pov deux cents millions de chargements qui venaient de l'Inde
' Le nérite de Giidoi nous semble ici an moins exagéré : on sait de '^ que si grande capacité, titoatefoit elle exista, ne fat point la <*■>« la plus eificaee de son élévation. M. Canlu accuse ici, dans une ■^(pie ooas ne reproduisons pas, M. Tliiers d'avoir répété sur Godoï n aecmations les plus injustes de se» ennemis. M. Thlera nous paraît •iccord en cela avec la plupart des écrivains, tandis que nous ignorons * «nielte griYe autorité M. Cantii se fonde quand il parle de la grande '•P^^iW de ce personnage. ( Au. R. )
' Il Mffit de dter le grand économiste Jovellanos et le poêle M elendez.
29S DESPOTISME IHPBaiÂJL.
eC dv Brésil. tJoe mauvaise administnitioD aeonit les dépoMS de ces armements, et, eo 1707, il fallut créer in pa|He^ inoonaie. Depuis lors les finances tombèrent de plus en plus; puis TAngleterre occupa les forteresses qui entourent Là* bonne, et mit une garîiiflon dons la ville, sous prétexte de h garantir.
Juan avait épousé Charlotte Joacfaime, fille de Charles 1T d'Espagne, femme altière et fougueuse, qui gounnandait 1» fainéantise de son mari, et vivait en mauvaise intelUgcnoeavee lui. Pris de mélancoHe, il s'enferma dans le monastère de )l<fra , où il vécut presque invisible (1805) ; mais ayant déoDiiot une trame dont le but était de le faire passer pour aliéné , il devint ombrageux : il prit sa £emme en haine, et s'imagÎBa foir un ennen^ dans tout homme de talent. L'intendant géoéralde police , Ignace de Pina Manique, qui semait les soupçons dm son esprit, possédait seul sa confiance.
Pïapoléon , à cette époque , s'unit à l'Espagne contre k P<v* tugal , qui, abandonné par l'Angleterre, acheta la paix oodseulement par des sacrifices d'argent , mais encore avec des provinces ^ et fut obligé d'engager à la Hollande les mines di^ Brésil. Mais la paix d^Amiens rendit une grande prospérité i Lisbonne, qui redevint le marché du monde, et où arrivèreat les galions, qui de longtemps n'avaient pu y aborder.
Napoléon éblouit, Charles IV en lui proposant un partage dt Portugial , dans lequel la partie septentrionale aurait été doanée au roi d'Étrurie , les Algarves au prince de la Paii, h capitale remise aux troupes françaises ; puis il offrait à CbarksIV le titre d'empereur des deux Amériques. L'ayant entraioé per ces belles promesses , il envoya eu Espagne un corps de troepa françaises (1807), commandé par Junot, pour maréber sur k Portugal : il n'était composé que de vingt-quatre mille oonscriUi n^ayont que des chevaux neufis et une artillerie novice , attnidn qu'il faisait peu de cas des hommes du Midi. Il enjoignit alofi au Portugal de déclarer la guerre aux Anglais (octobre), ^ remettre la flotte aux Français, de fermer les ports du TigCt et de détruire les vignes de Porto , la ricliesee du pays.
napoléon, habitué à tout faire à coups de décrets , déda*
BLOCUS COKTmEMT^L. ^ 6UEBBE P*E8PÀGNE. 239
lue la maisonde Bragance avait cessé de régner > . Il espérait <qii*aa moment où parattniît ce manifeste, Junot aurait déjà «m la maiii su)r la famille royale et sur les didmants du Brésil ; flBJs il n'atait pas bien cdlodlé les marches à travers les mon» tagnes,sur lesquelles le despotisme ne peut rien. 'Il avait écrit : 4Jn€ armée de vingt-quatre mille'hammes peut se nourrir mime étaum désert. En dépit de Sa parole impériale, Parmée, dénuée %toat , eut horriblement à souffrir, et ih souffrir \ég autres. On ftâfs eartoudies d^ec lesairebives ; on Ôta le .pain de la bouche des paiysaiâ, qtii conçurent une haine nloirtelfe contre les «w de leur roi, et oommencèretit la gtxerre à Coups de couteau,
Lerégent se vît Ibrcé de signet la ruine du Portugal ; mais fidney SmHh arriva avec sa flatte pour prévenir le cdUp, et IbUger les rois d'Espagne et de Portugal à se retirer en AmétipB sons )a proteotion britannique; ce (fm devait rendre kl eolcmies Indépendantes , et fournir des débouchés i TinAus* Irie anglaise.
Le ragent de Poitugal , qui s*était embarqué dans uti dédû^ iDRit tel qu'il eut à pâtir de la f^im (25 novembre 1S07) , Meepta un asile sur les bâtiments anglais ; et Junot , à la téta ta petit non^bre d'hommes ei^ténués de fatigue, entra danfa Lisbonne. Il était impossible de tenir un royaume avec si peu ^ inonde ; mais Napoléon commandait , et il n'y avait pas ie raison à lui opposer. Quand une députaticm Ae Parmgais se ft^^setita devant lui à Bayonne , sans attendre qu*ih eussent pns la parole, il leur âîl: Jene sais pas encore ce qUe je ferai àemu; cela dépendra des événements. Étes-eous dans le cals ^former un peuple? avez^vous le volume nécesiatre? Fatrè P^ce vous a abandonnés} U s* est fait conduire au Brésil ?tr les Anglais : ilafcAt uhegrande sottise, Us'en repenïira'*. ^ milHons furent hnfposés sm pays par les Conquéiran'ts*, des
' Malgré Tanertion de divers historieDS , il serait difficile de produire le teste ofliciel de ce décret, qui ne se trouve ni au Moniteur, ni dans W ArtUiTes. { Am. R. )
' De Pradt. Son livre sur les aiïaires d'Espagne peut être consulté «Itlemeat, mais avec précauUon.