DESPOTISME IMPâllAL
condamnations à mort furent prononcées, et il fiit qaetMkuL, |hi raison de sûreté, d'envoyer en France les soldats ainsi que le hommes, les plus marquants. La crainte que ee prpjei iuspin redoubla le désir de secouer le joug , et les soulèvemeDts q« éclatèrent eu Espagne en fournirent Toccasion.
Ferdinand , prince héréditaire d'Espagne, caractère ardent^ souffirait de voir sa patrie réduite au rôle desatellitede la France, et livrée aux intrigues du prince de la Paix : dissimulant dom à demi ses projets, il s'était concerté avec Beauharaais, anbassadeur de France, pour renverser ce parvenu însoteot Charles IV, en ayant eu soupçon , accusa pubiiqueincat um flls d'avoir voulu attenter à sa vie , et le fit arrêter. Kapolàn ne fit qu'en rire : Laissez-les , dit-il , s'arranger entre eax A s^ a/faiblir. 11 en résulta que Ferdinand demanda à genooi «a pardon, que son père lui accorda • par ^ard pour Napoléon. >
Dans le même moment, Tempereur, fidèle à sa pcrfltique, faisait occuper l'Espagne par Murât , à la tête de quatre-vingtquinze mille hommes, conscrits pour la plupart. Ces préteodos alliés devaient protéger le pays contre la perfide Albion; mais ils se livrèrent à des excès de toutes sortes : ils pillèrent, ib violèrent les églises et les couvents, et surprirent les forteresses. L'empereur, qui de lion s'était fait renard , dissimulait eneors ses projets , attendant qu'on laissât tomber à terre cette couronne, pour kl ramasser avec son épée. Il menaça , épouvanta b cour, pour la décider à s'enfuir en Amérique. 11 avait toutefois pris ses mesures pour la capturer en route. Mais le peuple, qui voyait déjà des ^rans dans ses hôtes, se souleva, et courut en tamûlte à Aranjoez, où la cour était réunie, criant : yive le prinet des Astwfiesl mort à Godoll et le favori , qui s'était caché, fiit fait prisonnier ( 17 mars 1808). A ce coup funeste, la reine éperdue ne garda plus de ménagement ; elle écrivit à Muiai les lettres les plus abjectes s pour le supplier de sauver cette tfte chérie, lui disant que leur seul désir était de. vivre ensemble tooi trots. Ils offrirent tout pour obtenir cette grâce : Charles s'engagea à abdiquer en faveur de son fils Ferdinand. Ce pnoce
■ Elles ont été publiées par Toreno.
BLOCUS CONTINENTAL. — G0BB1IS D'feSPAGNB. 241
auva Godof en le fiiisant mettre en prison ; et il fut proclamé arec enthousiasme par le peuple (19 mars) comme le représentant de la nationalité, trahie par Charles et par Godoî.
Cependant Murât s'avançait ( 28 mars) : lorsqu'il fut entré dans Kadrid , il devint le centre de toutes les intrigues et de liNites les espérances. Napoléon voyait avec déplaisir un roi faible remplacé par un prince dans la force de Tâge ■ ; en coniéqoence, il se proposa comme médiateur et arbitre entre le père et le fils. Trop peu confiant dans Famour du peuple, Ferdinand se laissa persuader de se rendre à Bayonne pour se concilier la fiivenr du fort (avril 1808). C'était un piège ; et Napoléon espérait bien l'amener à échanger le trône d'Espagne contre celui d'Éirôrie, en épousant une de ses nièces. A peine fut-il arrivé, que Savary, instrument de cette fraude, lui enjoignit d'abdiquer. Ferdinand résista : le chanoine Escoiqulz , son confident , exposa ses motifs; de Pradt , évéque de Poitiers , qui plus tard
' M. Thiers, qui prétend avdr en en main beaucoup de doeomeats iMveaax, et qoi entre dans de longi détails aur ces lioDteuaes intriptêt arrive à cette condosion : c'eat-à-dire que Napoléon imagina de M pas reeonnaiire Ferdinand F//, dont la royauté jeune , dési" fée des Espagnols ^ serait difficile à détruire, et de considérer Charles i V eommsiétant toujours roi , parce qtte sa royauté vieille , luéfy odieuse aux Espagnols, serait facile à renverser. Il coo- Tieat aussi que Napoléon, d'astuce en astuce, devenait à chaque wtant plus coupable. Outre l'abbé de Pradt, nous avons des témûM oculaires, tels que Pedro Cevallos, Exposition des moyens employés par Napoléon pour usurper la cotaronne d'iT^pat/ne, Ma- W, ISOS; et Jean Escoiquis, Exposition des motifs qui délerminèrent en 1 808 5a Majesté Catholique à se rendre à Bayonne, Paris, 1S16. Il D'y a d'important, dans le livre du général Foy sur ecCte guerre ( 1824 ) , que le morceau sur l'organisation militaire de la France et de l'Angleterre. Les Mémoires des maréchaux Suchet et GouvioQ Safait-Cyr concernent des opérations partielles. La meilleure rehfion est VHistory qf the war in the Peninsula and in the South efPiranee,from theyear 1807 to theyear 1814, fty W.-F.-N, Nafier, 184 1. Voyez la Storia délie campagne degP italiani, du gë- Béral Taceani , ainsi qne V Histoire de la guerre et révolution é^Es- MM, par Tormo. ( Note die Vauteur, )
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243 PESPOTISME IltPBBIAL.
devait juger Napoléon avec tant de sévérité , fut charge de les réfuter ; mais les infants résistèrent à la ^rannie. Alors Napoléon eut recours h d'autres artifices : il se fît envoyer Godoî, qui avait été mis en liberté, appela Charles IV et la reine, puis les reconnut cdmme seuls souverains de l^pagne. Le ■vieux roi voulut , en présence de Tempereur, forcer Ferdioani à lui rendre le sceptre, et alla même jusqu'à le menacer de sa canne. Le prince dit qu*il y consentait, pourvu que oefâtdeirant les cortès du royaume.
De ce moment i*Espagne fut bonlevereée d'iin bouta Tmitrc. Déjà le peuple, dofnt le bon sens était plus clairvoyant quelouie i*aétuce des eonseiilers royaux, avait tenté d'empéeher-le voyagi dé Bayonne ( 22 mai ), et le sang oomtnença à 4)ooler dan Madrid; le éoutean fit plus que la mitraille, et cinq cents soi* tiarts français manquèrent à Tappe^, Mnrat -fit en ednaéqitcM» nfficber e^'drdre du jour : « Quiconq^ sera pris las armes à k « main sera fusillé; de même ceux qui recèleront chez eux des « personnes armées^ Tout attroupement de plus de huifper- « sonnes sera dispersé à coups de fusil; totlt IIcibi où il 'aura été a tué un Français sera brûlé, Quiconque feira on di^tribtfen a des écrits provoquant à là sédition , sera fusiFlé. iJes maints a seront responsables pour leurs domestiqués , les marcluuid^ « et les chefs d'ateliers pour leurs ouvriers ,* les père et mère « pour leurs enfants , les supérieurs des couvents pour leurs <« religieux. » L'effet suivit les menaces; mais le peuple vénéra les victimes comme des martyrs.
Napoléon enjoignit impérieusement à Ferdinand de rendre la couronne à son père; et des menaces corporelles, des feerreors morales, ain^ que la petir qu'on lui fit d'un p^roeès relatif an soulèvement de *Madf ili , déterdinèrcfnt l'adhésioé ée ce jeune prince (6 mai IBOS), placi entre un ladre favori, tm père aveugle^ et un voisin tout^puissant. A peine Charles ïV fut-fl re- «devenu souverain, qu'il céda l'Espagne et les Indes à Napoléon, à la condition d'y placer un roi indépendant de la France. Il obtint peor lui 4e obâteau et les chasses giboyeuses de Compiègne, âv€»e trente millions de léaùx; q«iilre cent mille francs poir les inÊmts ; la restitution de tous séb i>iebs à «Godon qoî ««t
Blocus contirbhial. — oushbb d'espagne. 34d
ménagé le traité; et à Ferdinand le titre d'altesae, avec des biens en HaTarre \ Cest ainsi qtie NatH>léon détrônait la fa** mille rdyale d'E^agné, et disait an peuple, dans sa proclamation : « Aprèa une longue agonie, votre nation périssait J'ai « ¥ti Tos maux , et je viens y lemédier. Vos princes m'ont cédé « la eodronne des Espagnes. Je ne veux pas régner sur vos pro* « vînees^ mais acquérir des titres étemel& à Tamour et à la re- ■. eonnaîssance de votre postérité. Votre monarchie est vieille ; « me mission est de la rt^eunir. Confiez-vous dans le présent; m. tts je ireux ^e vos nevepx gardentsouvttiir de moi ^ et disent : « Il a régénéré notre patrie 1 »
C'était on acte non-seulement inique, mais inutiles car Napoléon pouvait d^ tout ce qu'il voulait dans ce royaume, tandis qiu'il se compromit par là en face de ^Europe, non plus en rdfrayant par l'enlèvement et Texécutioii d'un prince s mais tt s^abaissant jusqu'à l'Intrigue, lui qui avait la force à sja dis» position.
Les pai^enus aspiraient au trAne des descendants dégénérés de Charles-Quint et de Louis XI V, et Murât se croyait certain d'y monta:. Mais I>iapoléan jugea qu'il y fallait un homme plus habite dans le gouvernement. Gomme il n'avait pu se ré(H>ncilitr avee Lucien, dans une conférence qui avait eu lieu à Mantoue^ il y fit passer Joseph, qui régnait à Naples, sans plus con«' sttiierle peuple qu'U nePavait fait sur l'abdication. Uneconstitu» tion fut donnée à l'Espagne, dans une représentation dont la mise en aeène eut lieu à Bayonne; et c'est à peine si d'anciennes dénominations y servirent à déguiser les formes fîran<^i6es.
flapoléon s'empara à Madrid de tout ce qt(i appartenait à Tin- ^nisition, et il ne trouva dans le palais de ce redoutable tribu» nal que sept cent dnquante mille francs, sans un seul détenui
* ftapoléon tni donna pour résidence te château de Vatençay, appar' teaaQlà Talleyraodi auquel il écrivait de procurer au prince des diatrac* lions et des plaisirs; de ne le laisser manquer ni de linge ni de batterie de eaisioe; de lui amener quelques dames ; et concluait : Quant à vous^ rv/re 1111551011 ^«/ assa honorable ! Lettre de Bayonne , du 9 mai 1800,
344 DESPOTISME lUPBRUL.
Le noaveau roi Joseph fîit traité en vassal : on onlonna et disposa tout sans même l'écoater, ce qui excita ses plaintes; et ce monarque intrus se trouya sans argent, parce que les prorinees ne payaient point Napoléon, peu habitué jusque-là à oompler avec les nations, croyait que, tout étant fini avec la cour, il en était de même avec le peuple. Au contraire: après avoir enlewé un roi , il se trouva en face d*un peuple qui , débarrassé de maîtres timides, put embrasser avec ardeur la cause natâonaie, inaccessible aux séductions, aux intrigues , aux vaines frayeurs, et ne voyant, selon l'ordinaire du peuple, qu'un seul but, vos lequel il s'élança sans dévier.
La France ne fut informée de l'intrigue de Bayonne qu^au moment où éclata la résistance de l'Espagne. Ganning et Castlereagh s'étaient réjouis de cet envahissement , persuadés que le peuple résisterait. Napoléon disait au contraire an ehaociae Escoïquiz : Les pays oùily a beaucoup de moines sont faeUet à subjuguer; je le sais par expérience. Et à l'abbé de Pradt : « Si cette entreprise devait me coûter quatre-vingt mille hommes, je ne la ferais pas ; mais douze mille y sufGront , c^est un en£mtillage. Ces gens-là ne savent pas ce que c'est qu'une mnipe française. Les Prussiens étaient comme eux, et l'on a vu comment ils s'en sont trouvés. Croyez-moi , ce sera bienldt fini. Je ne voudrais foire de mai à personne; mais quand mon diar politique est lancé, il faut qu'il passe. Malheur à qui se tnwie sous les roues ! » Il n'y envoya en conséquence que des eontcrits; mais ce fut encore un signe de mépris, et un encouragement à la résistance.
L'Espagne , bien qu'en retard sous le rapport du progrès pratique, conservait dans son énergie un sentiment national, ou d^ir de régénération politique et de^espect du droit, bien plus forts que chez aucune nation protestante '. Le peuple, religieux.
* L'historien, qnl s'est montré dans tout ce récft aussi indiilgeat pov la poHiiqne égoïste et envahissante de TAngieterre qui! est sévère pour Napoléon» nous parait méconnaître ici les qualités fondamentsles ds caractère anglais, qui sont le sentiment patriotique et le respectés droit tradidonnel. La plupart des autres peuples rrotestaals de FEa-
BLOCUS CONTllf£NTÀL. — 6UEBBB D*ESPÀGN£. i4b^
gronier, isolé de TEurope , sobre au milien de i*abondanee , y tire TanHé de ses privations eontme les autres de leurs jouissinees; le clergé y est habitué à exciter à la guerre , depuis le temps où Ton combattait contre les Maures; et il y est aimé, inrce qu'il partage les sentiments nationaux. Les provinces divisées et hostiles se réconcilièrent pour combattre rétran* ger, et le pays entier se souleva contre les maudits Français. Sohante mille soldats restaient encore à FEspagne, indépen* damment du peuple, qui prit pour guide des chefs de bande, dont plusieurs devinrent célèbres, tels que Mina, PEmpecinado , ]laDelio;1es étudiants se donnèrent les noms deBrutus, de Gttsius, de Scévola, soldats, généraux , héros improvisés. Une junte révolutionnaire se constitua dans diaque province : moyen efficace pour soutenir la défense , en ce quMI multiplie ractivlté, dette rémuHktion, met obstacle aux desseins de Tennemi, et cfflpêebe qu'une défirite partielle ne ruine la cause commune. Ailleorsc'étalt la guerre aux gouvernements; là c'était la guerre n peuple: véritable armée républicaine qui obéissait à ses ca* fl^tàûtM tant qu'ils faisaient sa volonté; qui combattait pour le rai, mais en naanifestant toujours l'espérance d*arriver à un répne meilleur, de convoquer les eortès, de remédier aux maux delà patrie.
Les chaînes de montagnes, qui avaient mis obstacle à l'unité Ai pays, devinrent les barrières de fîndépendance. Les grandes Mes étaient bonnes , mais les chemins de traverse étaient impiticables ; point de villages , point d'eau, jamais d'ombre : il ^it donc imposable qulme armée nombreuse ne succombât Pv* Les Espagnols ne considéraient pas comme une honte de ^\ ils éprouvaient dbnc peu de pertes dans une bataille ; puis, ^mbosqués dans les bois derrière de petits murs , ils tiraient à ^^ posée , et tous fés coups portaient. La victoire ne faisait Pper aux Français que Tespace du champ sur lequel ils avaient ^^■^tlo; l'énorme train d'équipages et de butin dont ils
^ septentrionale , la Hollande , le Danemark , la Suède , rAllemagne ^ !fonl, ne nous semblent pas mériter davantage le reproche de **CaaUi. (Am. R. )
240 DESPOTISME tHPSMlÀL.
éuient suivis était pour eux une cause de dé&ites. La lioam et la barbade marchaient front levé avec ces envahisseurs. Mais les besoins renaissants épuisaient Tarmée, toujours contrainte de se retirer dans des pays incultes, et dont on n'avait que des pians inexacts ; pour vivre il fallait dévasief) et par ià exaspérer les populations;
Le dépit d'avoir affaire à un ennemi insaisissable exaspéra les soldats de Napoléon, qui devinrent aussi féroces dans IcMr obéissance <)ue les Espagnols dans la dépensé de leur territoire. Le gouvernement se flt détester par les exécutions qji'ii se vit cQAtraint d'onk>nner) et par les mesures qu'exigeait une gncne à outronoci II fit \wm levée de dievaux dans la Vieiile-Castiile, et ordonna que Ton crevât Un œil au reste , ou qu^il fUt sendu impropre Su service militaire. Les généraux pillèrent, et oooh mirent des- violations impies, parant leurs maîtresses des dîa* mapts enlevés aux madones. Il semblait que la conduite da maître autorisât les soldats à recourir a toutes sortes de roses^ mais ce qu'ils appelaient des stratagèmes blessait la loyauté espagnole, qui les accusait non-seulement dWrogancei mais aussi de perfidie et de lâcheté.
Il ne pouvait résulter de ià que des représaill^ terribles : le frère de Tuu avait été tué après capitulation ; on avait violé la femme d'un aUbt«; on ravissait les filles^ W troisième ; et ceux qui avaient été blessés ainsi dans leurs plus chères afTectioos devenaient des brigands farouches. Les femmes se jetaient sur la blessés pour les mettre en pièces, les faire griller sur descharr bons, les égorger à plaisir \ Un empoisonnait le vin des tonneaux et Teau des puits. A Oporto s à Coïmbre , des hôpitaux entiers furent livrés au massacre •, sept cents prisonniers périrent novés dans le Minho. Il est vrai que lei juntes patriotiques étaient peu d'accord entre elles, et que les haineftttnéridionales y pullulaient; mais les généraux de Nap^lépn eux-mêmes, loin de Toeil du souverain , opéraient aussi sans aeâord. Soult, Tua des meilleurs, avait dons Tarmée qu'il commandait des républicains et des ambitieux V qui s'entendaient avec les Anglais: l'on dit quil fut question de le, proclamer roi du Portugal. Ney, jaloux de lui , le secondait mal ; et il fut sur le point de périh
bLocUs coNTifiteNTAt. — tsutebBte b*K^pAbN'fc. M
Dupont «e rendit par capitulation avec vingt-trois mille bomimsi âU gtoëral Castarios , en réservant le butin quil avait hîij et en s'obligeant à s^embaf^uer pour la France. Mais les insurgiSs ne respectèrent pas des gens ^ul s'attribuaient leurs dépouilles sans garder des afmes pour les défendre; dussi , lors* qu*ti9 forent eittbarqués , les Anglais les firent-ils prisonnier^. Savary déclnra qu'il ne pouvait plus se soutenir à Madrid , et I) ' se retirai derrière l^filbe avec un petit nombre d^ partisans du roi Joseph.
Kn Porttlgal , JUnot se ressentit de ces échecs. Il était déjà . dans tlne position difficile , brsqu^une armée anglaise débarqua à PtMiO, Commandée pat* Wellinj^ton. tJn premier revers des Frant(aiis, à Vimiefro, encouragea Pinsuntction^ à tel point qei'W leur fallut eapitttler, pour être transportés en France par mer. Alors 1« ^rtugàl soulevé conclut , sous Tinfluence de^ - Anglais V une ligué aVec PF^pague. Masséna ^ qui fut envoyé de nouveau, eut à combattra la famine autant que l^ennémi, et fut obligé de se retirer.
Les Anglais connaissaient l'Importance dé cette possession ^ et tinrent tête vigoureusement à Soult, Ney et Junot. Wellington était un général qnl n'avait rien qui tînt h l'école napoléonienne : homme de raison fî^oide et sèche ^ de calent et de mesure, n^ayant rien qui seettt Fépopée ni le roman ^ il se montrait ex» trémement soigneux de ménager les populations au milieu des- «fueltes U avait à combattre, et tfès-rigide à faire observer la discipline aux siens. Dans les douze énormes volumes qui contiennent sa eomespondanee relative h la guerre de la Pénfn^ sQle> le mot fîoltiè ne se trouve pas une seule fois. Ses haranini€9 à ses soldats se réduisaient à leur dire : fut» êtes bien t^ius , bien nourrisi ceux qui ne fetont pas leur devoir seront pendus.
Armer les populations^ n'en venir aux mains que dans des positions sûres et bien étudiées^ couper les routes et les ponts ^, tlëiruireles moulins, les magasins, les villages^ dévaster les Hiampsi tels furent Itâs moyens de défense que les habitants de la Péninsule enseignèrent aux Russes. Les rois ennemis de la France avaient en vain essayé de nombreux systèmes \ les
348 DESPOTISME IMPEBIAL.
peuples s'avisèrent seuls de celui-là. Napoléon, qui n*avait jamais que les rois en vue , n'y fit pas attention; et , persistant dans son système des batailles décisives, il voulut vaincre dans le même moment aux deux bouts les plus extrêmes de TEu» rope, en Portugal et à Moscou.
Napoléon avait ordonné de prendre Lisbonne, où l'armée, exténuée , espérait trouver du repos et des jouissances ; maïs Wellington déploya devant elle , à Torres-Vedras, une admirable ligne de fortifications , et la contraignit de rétrograder par on pays dévasté.
Le corps espagnol de la Romana, qui , transporté dans le Nord , avait assiégé Stralsund , se trouvait alors relégué dans la Fionie, où il combattait les Suédois avec Bemadotte. Infomét des mouvements de leur patrie, tous résolurent de lui porter le secours de leurs bras ; ils s'embarquèrent secrètement sur la flotte anglaise, et arrivèrent dans la Péninsule au nombre dedîx mille. Quel enthousiasme pour les Espagnols! quel courroux pour Napoléon! quel exemple pour les troupes qu'il déportait? L'Angleterre semait partout l'or pour détacher de lui les corps d'armée auxiliaires , et toutes les cours prêtaient assisfanœ ou du moins faveur a l'insurrection. Ainsi ce grand mouvement s'organisait en Espagne; partout les guérillas se multipliaient, en même temps que se signalait l'armée commandée par Castanos et par Palafox, héros comme le Cid. Ils étaient appuyés par quarante mille Anglais ; mais les liaines de religion contre ks auxiliaires britanniques empêchaient ce concert qui était indispensable pour chasser Joseph et les Français, concentrés à Vittoria. Ceux-ci investirent Saragosse ' (janvier 1809) , ville entièremeot ouverte ; mais les femmes elles-mêmes y déployèrent un coura^
• La longue résistance de Saragosse serait inoompréliensàble, « Vtm omettait de dire qiie les ingénieurs espagnols , Irës-renommés depuis le seizième siècle, avaient entouré Saragosse d*ouTrag(« nonibreiii et redoutables. Sans être régnlièremenl fortifiée, Saragosse était très-prof <^ Itar son site ; elle avait t'Èbre pour défense , avec nne encriofe et de nombreuses conatrncUons , qui étaient île véritables fortereaâes; olle renfermait une armée de quarante mille hommes, outre ses liaiMlants. ( An. R. )
BLOCUS GOIITIHB^TAL. — GUEBBB I)*E8PAGNB. 249
kérMqoe, sortoot TAugiistîne et la odniteasedeBariUi ' . Palafox lépoodît aux propositions d'acoommodemont : Guerre jus* fu'au couteau! et dnquaste-quatre mille Espagnols 8*enterlèrait sous les raines de Saragosse, 911 succomba le 20 fénierl809*.
Napoléon fusait tout ponr détralre Fimpression sinistre causée par les capitulations d'Espagne et de Portugal ; mais il fallut en tirer vengeance» 11 fallut recourir aux grands efforts : il «irigea alors son armée du Niémen aux colonnes d*Hercule.
• Soldats y dit-il, après avoir triomphé sur le Danube et sur la
• Visbile y vous avez traversé à marches forcées T Allemagne « eteosoite la France , sans prendre un instant de repos. Sol- « dais, j'ai besoin de vous l L'odieux léopard souille les conti- «neots d*£spagne et de Portugal; à votre vue, il s'enfuira
• épouvantée Portons nos aigles triomphantes jusqu'aux oo- « lonnes d'Hercule, où nous avons des outrages à venger. Ce « qœ vous avcE ftât et ferez pour la félicité du peuple français « et pour ma gloire sera éternellement gravé dans mon cœur. »
La conseription , dont le nom devint , à partir de ce moméat, un sujet d*e£froi , lui fournit son contingent de 1810, aàilescents destinés à périr dans les hôpitaux; il demanda en- <»re de nouveaux soldats aux classes déjà épuisées : mais les Mlleurs généraux formés par la Révolution combattaient pour Ini^ Os généraux réunis, Û contiuuade vaincre ; et, arrivé près
• * «JMMiSy lire, éerivail le marédial Lannes, je n'ai vo autant 'iKhaiiMnieiit.... J'ai vu des femmes venir se faire Iner devant.la brèclie ; A M faire le liége de cliaqae maison. ... S^fin^ sire, c'est nne guerre fsi fait horreur, ... Autant ils sont bons derrière leurs murailles , écrit^il encore, autant ils sont misérables en plaine. » (An. R.)
* Il y eut deux sièges de Saragosse : Tun en août 1806 , l'autre en liBTier 1809. Dans le premier de ces sièges, les Français, parvenus au ^tre delà ville, firent arrêtés au milieu de leurs succès par la retraite ^ roi Joseph au delà de PÈbre ; le siège fut repris quatre naois après, fttad Napoléon entra luinmême en Espagne* en novembre 1808.
(Ah. R.)
^ Les généraux des guerres de la Révolution, tels que Hoclie, Pichei^, Joubert, Kléber, Cliamplonnet, Desali, étaient morts à cette
ISO BispOTtftiift iMi^iaui*.
de Madhrid, qm fol pris me par me % il abolit les inoiiiei , !*&!•' quisitioo, les dioita féodaux. Il marcha alors contre les Anglais^ oommandés par Moote, qui Ait tué*; et après les aVoir repousses du continent, persuadé que la guerre étiiit ûsûéy il se Ula de retourner en Fkance « dans la {lensée que toutes les ea^talei ont antantd*impOrtanea que Paris ^.
Joseph, rétabli à Madrid par les victoires de son frêr^, cher* eha à se condlîer les esprits en se déclarant ledéienaeurdek foi, de rindépendance, de Tilitégritédu territoire, de la liberté. H fv Yorisa les arts , introduisit Tuniforniité dans la justice , propages les loges maçonniques, instrument de police alors pàôssaDt^ il s'habilla à Tespagnole, et alla à la messe; mais il ne gaps pas les ccfeurs, et ne put vo)rager qu'avec des escorte^ qui étaiot des armées» La guerre continua sOus le commandement da Jourdan, général babile; mais elle était inextinguible, pares qu'elle ne se faisait pas entre de grands corps de troupes, et que chaque buisson, chaque fossé , chaque accideut de (enraî!! était une forteresse à emporter. Lannes échoua à un second siège de Saragosse ^ ; c'est en vain que l'on fusilla des moines « et que des héros furent traités en brigands.
Dua mai 1D08 jusqu'au lOavril i814, il y eut six campiigiMS en Espagne, où Ton combattit avec tout rachamement de la liaine privée, et dans toute la Péninsule, sans intervaUe de
époque; les autres s'étaient foniiës presque tous h Técoie de Napottea. On pot voir, du reste, en Espagne combien ils avaient beMiia de a« présence : livrés à eux-mêmes, ilsavaieoi été betlus; InSis qaaiii.l!iipoléon eut francbi les Pyrénées, PiSspagne fut. reconqnise praqee Ml entière en deux mois. (Aa. R.)
' Madrid céda devant la crsibte d'ua assaut, et la résistaaœ ; M presque mille. (As. R.)
* Ce fut au combat de la Corogne , livré aol Aa^ais par SobIL