COALITION. -^ GAMPAGCIB DE SA3LE
GOAUTION. — CAMPAGHVEDE SAXE.— LES ALLIES EN FRAUCB.
Une fois rentré dans sa capitale, Napoléon adressa des éloges aux uns , des reproches aux autres, et s^efTorça de ranimer la foi éteinte : mais la fascination était détruite : la France commeocait à se défier d*un empereur qui lui annonçait le beau temps au onlieu des tempêtes. 11 ne se relâcha pas néanmoins de ses habitudes ; il accusi de tout le mal les idées libérales, ou, comme il disait,- ridéologie ' ; il demanda de nouveaux sacrificeii sans rooloir rien concéder aux peuples. Il courut à Fontainebleau pour j conférer avec le pape (1813); et il arracha, par la séduction, la signature d^un concordat à ce vieillard de soixante et onze ans , malade, et entouré uniquement de cardinaux asservis an gouvernement impérial. Par cet acte. Pie Vil renonçait à la souvet^ineté temporelle, et abandonnait rinstitution des évéqws au métropolitain ou ao doyen, lorsqu'il ne Taurait pas^ donnée dans les six mois. Napoléon s*en réjouit comme d*un triomphe, et mit en liberté les cardinaux détenus. Mais Pie VII ne tarda pas à gémir de ce quMl avait fait, et publia une protestati<n contre cet acte de faiblesse.
Comment peindre la joie des nations opprimées, à la nouvelle des désastres de Russie ? L'Allemagne célébra ses nouveaux héros sous le nom des anciens, et divinisa la reine Louise. L'Italie 8*agita pour se constituer en royaume indépendant, sous Eugène ou sous Murât. L'héroïsme des Espagnols fut ranimé par celui des Russes. L'Angleterre se sentit encouragée, par le succès de ses efforts, à en tenter d'autres. Les mécontents anciens et nouveaux renouèrent leurs intrigues; Louis XVIII écrivit à
■ Il disait, 1b 20 décembre 1812 , au conseil d'État : « Cest à IV déolotpe, à cetle métaphysique ténébieusequi , recliercliaBt avec ssbtilil^ les causes premières , veut fonder sur ces bases la législation an peuples, au lieu d'approprier les lois à la connaissanoe du cœur bomain et aux leçons de Thistoire, qu'il faut attribuer toos les mua éprouvés par noire belle France. .
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Aleundre ponr loi recommander les milliers de Français restés prisonniers en Russie, et il répandit en France une proclamation où il promettait , avec une amnistie , d'abolir la conscription et de donner au pays un gouvernement représentatif. CTétait Famoree dont tous les rois s'avisaient alors, pejrsuadés qu'il n'était possible d'abattre que parla liberté celui que la liberté avait rendu si grand.
Ainsi la population allait s'épuisant^ et l'esprit public se prononçait contre ce r^me. Mais ce fut alors que se manifesta la paissanoe de l'administration impériale, car elle parvint à renouveler les i^rodiges de la convention. Tandis que l'opinion se faisait jour partout en allusions, en plaintes qui échappaient à la police, de toutes parts arrivaient des félicitations et des of^ fires , tant des préfets que de tous les corps de l'État. Il ne restait ni artillerie , ni cavalerie^ ni jeunesse, ni argent ; mais Napoléon, avec une activité infatigable, appela au service de terre les artil* leurs de la marine, anticipa d'une conscription sur l'autre, et mobilisa le premier ban de la garde nationale; il eut l'idée enfin de créer une garde d'honneur qui , composée des jeunes gens de iamilles, pouvait en outre lui servir de garantie pour le maintien de la tranquillité intérieure. On peut tout quand on n^est retenu par rien, même par la compassion.
Le langage de l'empereur ne différa pas de celui qu'il tenait dans ses jours de gloire. En parlant au corps législatif, il déroula le tableau de la prospérité de la France, dont l'armée était florissante, le commerce en progrès, les travaux publics en activité ■ ; mais la conclusion était un budget préventif évalué à 1,150 millions, alors que les revenus ordinaires, portés au chiffre le plus élevé, atteignaient à peine 060 millions. Il n'y avait point de crédit; les biens communaux et les fondations pieuses fournirent le surplus.
* Les travaux publics coûtèrent, de tSO'i à 1812, y compris toute cette année, 1 17,328,710 fr. 11 résulte, des registres de la police, qve la population de Paris était tombée de six cent cinquante mille ânes à cinq cent trente mille; un tiers des maisons n*étalt pas loué; sur soixante-six mille artisans, la moitié était sans ouvrage.
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Napoléon, après avoir remis la régenee à Harie-Looise, i^apprêta à ouvrir une nouvelle campagne formidable; eenx qui n'avaient pas de paib au logis devaient y trouver au moins une mort glorieuse.
Murât, excellent pour frapper des coups hardis, n'avait pas ce qu'il faut pour une retraite. Craignant pour son royaume, il abandonna bientôt Târmée sans attendre d'ordres de Paris, et vola vers sa capitale ; Il agit là comme avait £tit l'empereur. Cette fois encore, au lieu de remettre le commandement à lley, véiitable héros de cette retraite , Napoléon le donna à Eogène, parce qu'il tenait à sa famille. Mais qu'était-il possibl| de £ûre? Il n*y avait plus d*armée ; il n'en restait que de misérables delà* cbements en désordre, assaillis sans cesse par Tennemi, à qui les Polonais et les Prussiens se hâtèrent de donner du pain et m asile dans les hôpitaux. Les Russes maudissaient « ce génie « infernal qui , par pure envie contre un pays florissant , « venu incendier, massacrer, fouler aux pieds la religion, « traînant à sa suite une foule de nations qui lui obéissaient « par peur ou par lâcheté, semblable à ces tempêtes d'où 8'^ K lancent la peste et lai mort. » Et après avoir brûlé, au miiîea de leurs plaines, deux cent quarante mille cadavres , ils poiff* suivirent la lance aux reins , jusqu'aux bords de TOder, le resta de cette armée qui était allée les provoquer jusqu'à la Tiéia. En entrant dans Wilna, ils proclamèrent une amnistie ; Alexandre, en arrivant, visita dans les hôpitaux trmte-cîoq mille Français. Les Cosaques furent reçus à Varsovie sans résistance ; arrivés au Niémen , ils s'pnirent aux Prussiens et inquiétèrent Eugène , qui se dirigea sur TElbe , menacé de tous côtés par les peuples insurgés , et appelant Napoléon au plos vite, s^il ne \'ouIait voir toute l'Allemagne lui écliapper. îiapoléon, qui avait admiré Tarmée russe à Austerlits parce qu'elle était vaincue ) la qualiGa de barbare maintenant qu'elle étst victorieuse^ et traita d'imbécile son généi*aK
Les puissances étaient convaincues qu'il n'y avait pas à es* pérer de paix véritable avec Napoléon. Il est certain qu'il m diminua rien de sa hauteur et de ses prétentions; il ne vonlirt pas même alors relever un peu la Prusse de l'abaissement o«
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îl la tenait, tandis qu'Alexandre adressait à cette poîssance les plus belles propositioQS, et qae le peuple entraînait le gouvernement avec une forée irrésistible. Il se décida done à condure avec la Russie une alliance offensive et défensive, s'engagéant à ne déposer les armes qu'autant qu'elle aurait recouvré tout ce qu'elle possédait en 1806.
Déjà le corps prussien qbi marchait sous les ordres de Macdonald avait déserté. L'armée fut remise sur pied; mais derrière elle Tenait la landwehr, plus redoutable encore. La guerre sainte fut proclam'ée , la guerre de l'indépendance, La littérature se fit patriotique, belliqueuse; et, pour la première fois dqmis des siècles, les Allemands réunis combattirent en frères pour la liberté. Le baron Stein , que le courroux de Napoléon avait frappé, s'était fait , dans son exil , un instrument redou« table de réaction contre la domination française.
Le Mecklembourgeois Blûcher (1743-13i9)f qui avait débuté soos Frédéric II , et qui depuis treize ans vivait occupé de travaux champêtres, avait déposé ses rancunes et repris les armes, quoique déjà vieux ; et le Tugendbund ■ vit en lui le futur vengeur de la Prusse. Parvenu au commandement de l'armée, il n'aspira pas à la gloire du tacticien ; il combattait avec les soldats, déchirait comme eux la cartouche, allumait sa pipe à la mèche des artilleurs. Il rappelait parfois Tétrangeté de Sowarow : ainsi, afiQigé souvent d*un mai d'yeux, il se coiffait d'un chapeau de femme ayec uu voile, et En avant! était son mot habituel, qui était devenu son surnom. Il fut l'instrument le plus actif de la nouvelle alliance contre la France , dont la force de cohésion était due à Swartzenberg, l'iniltience politique à Alexandre. Rutusow, à son entrée en Allemagne, déclara la confédération du Rhin dissoute; l'insurreetioa allemande s'étendit, et un comité composé des représentants des quatre races, saxone, bavaroise, wurtembergeoise et hanovrienne, se forma près d'Alexandre pour reconstituer la nationalité germanique. La Saxe et le Danemark , qui hésitèrent à abandonner Napoléon, furent sacrifiés.
' OnSignedeia per/tt: société secrète qui avait pris naissance en Trusse.
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Si Napoléon nVait eu affaire qu'à des armées , il annîtCB* core été vainqueur. On reste stupéfait de le voir, après un à grand échec , se rdever soudain contre toute l'Europe , reparaître en Atlemagne (avril 1813)^ reprendre Toffensive avec des conscrits, et déployer sa grande tactique. 11 aurait encore pu , à coup sûr, conserver la barrière du Khin , que la Révolution avait conquise; mais il voulait conserver TOder et FElbe , et il y transporta son artillerie, qu'il fallait conserver pour la défense de la patrie. La victoire lui sourit encore à Lutzen, à Wurtzchen, à Bautzen ; mais un grand nombre d*officiers y succombèrent, et avec eux d'anciens généraux, comme Bessières et Duroc.
L'Autriche cependant s'effrayait du mouvement national qui éclatait en Allemagne, ne pouvant se dissimuler qu*il toumiit tout entier au profit de la Prusse, et que cette paix, dont les autres ne voulaient pas, convenait à ses intérêts. Elle s'oftrït donc comme médiatrice , appuyée de deux cent mille baïonnettes. Napoléon s'irrita, menaça, et se décida pourtant à l'accepter. Un congrès fut réuni à Prague (août ). Mais Napolcoo ne voulut rien concéder, et il réclama l'intégrité de l'empire, depuis riliyrie jusqu'à Hambourg. Les négociations ayant échoué, l'Autriche se décida à se ranger dans la coalition; l'Angleterre promit de lui fournir 1,300,000 livres sterling par an, d'en donner 666,000 à la Prusse dans les derniers six mois de 1813, pour tenir sur pied quatre-vingt mille hommes. Elle s'engagea à payera la Russie 1,533,834 livres sterling , ontre un demi-million sterling pour sa flotte, qui se trouvait dans les ports britanniques. L'Angleterre émit alors, sous le nom de denier fédéral, cinq millions sterling de papier-monnaie garantis par les trois puissances. De nouveaux subsides étaient promis an cas où la guerre se prolongerait en 1614. Les Anglais inondèrent le continent : comme agents, ambassadeurs, généraux, ib allèrent de cour en cour pour stimuler, promettre, payer, mettre un peu d'accord parmi tant d'alliés. Lord Castlereagb , se iai« sant Torgane des haines de tous les pays, tint l'Europe en ha* leine par le mot magique de délivrance. Gomme c'était le cabinet anglais qui payait , il finissait par imposer ses volontés.
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lies alliés eoroptatent dans leurs rangs Bemadotte et Moreau , ivréts à oombattre leurs anciens camarades; les disciples de Nih poléon marchaient contre leur maître, et les enfants de la Révolution contre le drapeau tricolore , devenu impérial. Là se trouvaient ^es diplomates les plus distingués de FAllemagne, ses poètes, ses écrivains fameux. Kômer et Ruckert composé* rent des chants qui entraînèrent les armées. Humboldt devint ambassadeur de la Prusse. Cétait Pozzo di Borgo, compatriote dePiapoléon et ayant pour lui la haine d*un Corse, qui, lié avec Steîn, Stadion et \^ patriotes allemands, avait inspiré Alexandre et décidé Bemadotte. Les manifestes de ce dernier étaient écrits par Schlegel; Gentz rédigeait ceux de TAutriche. Le général suisse Jomini , savant stratégiste , était passé aux alliés. Les bataillons westpbaliens et badois désertèrent ; le général bavarois de Wrède se donna à 1* Autriche; enfin , les Saxons eux-mêmes et la cavalerie wurtembergeoise abandonnèrent Napoléon.
Par reconnaissance pour 1* Autriche, que des liens de famille Bravaient point arrêtée, les alliés donnèrent au prince de Schwartzenberg le commandement des cinq cent vingt mille hommes qu'armait l'Europe pour la liberté commune. Ils s'aperçurent alors combien Tadministration napoléonienne était fiivorable au développement des forces nationales, par la promptitude et la facilité avec lesquelles ils purent lever, dans les seuls États du second ordre , plus de troupes que l'ancien empire tout entier n'en avait jamais fourni dans ses meilleurs temps.
Les armées ennemies se heurtèrent à Dresde (37 août) , où un boulet donna la mort à Moreau : les alliés furent repoussés. Une suite de batailles aussi prodigieuses , sous le rapport de Fart, que les premières livrées en Italie, ajoutèrent à la gloire de Napoléon. Son intention était de marcher sur Berlin , de dégager les garnisons françaises renfermées dans les places fortes , et d'en grossir son armée. Mais le feu sacré, comme il l'a dit, s'éteignait à ses côtés ; ses maréchaux n'avaient plus en lui Taveogle confiance d'autrefois; ils n'aspiraient qu'à regagner la Fhmce , sous prétexte de la protéger. L'empereur se replia donc sur Leipsick, où il engagea une bataille décisive ( 18 octobre).
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La première journée fut mauvaise « et Napoléon se déoldt k opérer sa retraite par le seul pont qui tiavorsait l'Ëlster; mais à peine Feut-ri pané, qu'il le fit sauter, coupant ainsi son armée en deux '. Vingtrcinq mille hommes furent faits prisonniers , avec deu]( cent quatre-vingt-dix canons. Il8*en noya beaucoup en essayant de passer le fleuve à gué : ee fut là que périt Poniatowski , qui ne désespérait pas encore de l'indépendance de sa patrie. Alors se renouvela le pêle-mêle de la retraite de Russie *.
' Napoléon, quand il apprit la défection de la Bavière, qid devait en entraîner d*autres» dut chan|{er tout à coup son plan d*opératioas : il se porta sur Leipsick» dans le but d'y VéTenir la jonction des troii armées alliées. Dans ce brusque diangement , la marche de plusieurs corps se trouva retardée, et l*empereur ne put aborder Pennemi la 15 octobre, assez tôt pour faire écliouer ses projets. Dans la journée du ie, l'empereur resta maître du champ de bataille : « Aacon de bos
corps, a-t-il dit, n'avait été entamé C'était beaucoup pour la
gloire.... mais, dans la situation désespérée de nos affaires, on dénisuccès équivalait à une délaite, > La journée du 17 se passa presque sans engagement. Napoléon commença un mouvement pendant la aait, pour se rapprocher de Leipsick, dans l'intention de livrer bataitts dans une position plus favorable. Il fut attaqué par Schwartiates le 18 octobre, et conserva l'avantage jusqu'au moment de la défectioB des Saxons, qui passèrent à Tennemi avec leurs batteries en tète. Le combat continua une partie de la nuit; et Temperepr, n'ayant pu eoipécher la jonction des aillés , se décida à la retraite sur le Rbfai. Il n'existait qu'un pont sur TEIster, que Napoléon ordonna de &ire«aoter, mais seulement après le passage du corps de Macdonald , qui devait oouvrir la retraite. Par malheur, à l'approche de quelques tiraiUeBn ennemis, un caporal de sapeurs prit l'alarmev et mit le fèn aoK poadres trop tét. Cette fatalité entraîna la perte du oorpt de Macdonald; quiujçe mille hommes furent tués, ou tombèrent aux mains de Tcanemi. ( An. R. )
* Carrion-Nisas décrit ainsi la retraite de Farmée française après la déroute de Leipsick ( Essai sur Vhist, génér. de Cart mil.^ Il, 485) :
« Qui pourrait se figurer, sll ne l'eût vu, durant la nuit paaéeavtfl d'arriver à Hanau, ra.%pect de cette moMitnde amoncelée sans trace ai apparence de rangs, sans qu'il y eOt ensemble quatre homaMS du miM corpaP Ce n'ëlait pas une mêlée, ni le premier enoombremcnt des pienfien Instants d'une fuite , mais une confusion IranqoUle, ce trioavbi
LBS ALLIÉS BR FBÀirCE. 816
L^épidémie se déolara parmi ces liominds exténués. Les Bavarois Toulurent barrer le {mssage h Napoléon ; mais il les culbuta à fifitnau (30 octobre). Rentré en France, il redemanda des bottiines pour combler les videsénormes de cette seconde armée.
do chaos , od l^etitassement btiarre des éléments suffit pour produii^ niorrear: liomines, cheTsnx, soldats, diels, bagages ^ thariots, canons^ s^atançaient lentement et pèle- mêle.
« Ad pins épais de cette tourbe» on reconnaissait, avec un MnSsse* meot înTolontaire, Napoléon, qui, pressé, porté plutôt que suit!, ne paraissait plus maître de ses propres moUTements; dont le visaga pâle, éclairé de temps à autre par les torches des Tivandlères, sWrait, dans ce tableau sinistre , Comme poui' laisser à Timagination i dans un cetJl soutenir, tout ce que le gébie peut subir d^erredrs, combien la fortune et là grandeur humaine peuvent avoir de reVers et de retours donloOrenXi.... Que les temps sont changés! Ce n'est plus ce soldat Volootaîre que nous avoos vu paKir en 1792, après nn si long repos de nos armes; homme de vingt k trente ans» qui abandonnait avec joie la maisoo paternelle. Impatient des loisirs et de iHnnocente tranquillité des occupations domesUques; qni marchait d^un pas ferme et assuré, le jarret tendu , la tête liante, Pœil plein d^audace et d'avenir; dont le geste etprimait la vigueur et iMntelligeneC ; toojoOrs dispos, toujours avisé , connaissant tout , répondant à tout , capable de donner à Poccasien un conseil salutaire, nn avis utile à son capitaine, à son général; affrontant les périls comme les fatigues » supportant gaiement des privations forcées, et content du nécessaire ad milieu de l^abondânce.
« Vingt ans de guerre ont passé ; le conscrit de I Si 8 est un être fluet * 1 moitié formé, moins encore au moral qu^au physique ; pauvre garçon étourdi du passage subit de b paix et de Tabondance grossière du toit mstlqne à la vie bruyante et aventureuse, aux fatigues et aux priva-» tiotts des camps, acceptant la guerre et ses efforts avec une résignalion sans Volonté, miné par la nostalgie, découragé depuis qu'il a perdu de tue le clocher de son Village; à qui on a donné un fusil , mais non U manière de s'en servir; qui a jeté au loin cette arme inutile, ou la traîne d*un pas chancelant, le visage amaigri, l^oeil fixe, et qui ne sait répondre si on l'interroge.*.. > Spectacle alimenté par des convois ton-> jours nouveaux de recrues de dix- huit ans; et lorsqu'on voyait ces malbeoreiix passer la première et dernière revue de Temperenr, on croyait entendre sortir de leurs faibles poitrines ce triste cri des giadia* leurs romains : Ceux qui vont mourir (e salue^i/
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Lors même que Napoléon eût été vainqueur à LeipsîÀ, i n'aurait retardé sa chute que de quelques jours. L'annonee de sa défaite suffit pour renverser tout Fédifice qu'il avait élevé : Jérôme Bonaparte s'enfuit à Casse! ; Dalberg , grand-duc de Francfort, à son évéché de Ratisbonne; la Prusse, F Angleterre, la Hesse, Oldenbourg, Brunswick, reprirent tout ce qulb avaient perdu. Le Wurtemberg, Baden, Hesse- Dannstadt, assurèrent leur existence par des traités particuliers avec FAu* triche. Pendant ce temps, WeUington battait en Espagne les Français à Yittoria. Le roi Joseph était repoussé dans la Biscaye, et il àillut penser désormsis à défendre aussi le territoire français du côté des Pyrénées.
Une fois la confédération du Rhin dissoute, les villes hanséatiques se soulevèrent. En Hollande , le prince d'Orange déclara , dans une proclamation , que « le moment était venu de recouvrer l'indépendance nationale. * Pressé de tous côtés de reprendre la couronne, « je n'y consentirai, ajoutait41, qu'avec une constitution sage qui protège la liberté contre tons les aiws possibles. »
L'illyrie et le Tyrol s'agitèrent; Morat prêta Foreille aux propositions que lui firent secrètement les alliés : las des insultes de son beau-frère , il occupa Rome, après s*étre entendo avec les Autrichiens. L'Angleterre lui offrit vingt-cinq millions et vingt-cinq mille hommes pour s'assurer la possession de Fltalie, qui appelait l'indépendance de tous ses vœux. Élisa n^ cia avec les ennemis de son frère. Enfin , la Suisse s'unit aux Autrichiens.
On n'avait songé jusqu^alors qu'à faire rentrer la France dans ses limites du Rhin. Napoléon reçut à Francfort, comme à Prague , de nouvelles propositions dans ce sens. Les alliés loi offraient encore une large part, en proposant de « maintenir la prépondérance de la France entre le Rhin , les Alpes tX les Pyrénées, et d'assurer en même temps l'indépendance des nations continentales et maritimes. » Mais il tergiversa, et les souverains prirent le parti d'entamer le territoire de b France. Les Russes brûlaient du désir de venger sur Paris le désastre de Mosotu; les Prussiens, de réunir à l'Allemagne