‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 108 sur 127 · LES ALLIÉS EN FBÀNCB · texte numérisé non relu

LES ALLIÉS EN FBÀNCB

r Alsace et la Lorraine [a&ulsx Imperii ) ; l'Angleterre , de réduire ee royaume à ce qull était en 1789^ et de lui eu» lever Anvers.

Un million d'hommes avait été levé en France depuis 1812; napoléon en demanda encore trois cent mille. Les pa* rotes qu*il adressa au corps législatif avaient une teinte de iiiélaneolie>. Mais quand. cette assemblée et le sénat demandèrent des garanties pour la sécurité des personnes et des propriétés, il y vit une insulte, et cassa le corps législatif. Tandis que les autres rois faisaient appel à la victoire en proclamant la liberté, il voyait encore dans le despotisme Tunique moyen de salut. En face de l'Europe réunie , armée contre lui seul, il se conGrma dans l'idée que le pouvoir de* vait être concentré en lui seul : il agit en conséquence , et se créa dictateur. Il augmenta tous les impôts, offrit luimême trente millions sur ceux qu'il tenait enfouis aux Tui* leries, et, s'îsolant de la natton, il ne mit sa conGance que dans Farmée.

Napoléon avait encore, en effet, trois cent soixante mille com* battants, mais disséminés de l'Espagne à la Dalmatie. Depuis que les forteresses n'arrêtaient plus les armées, il n'y avait plus de sûreté que dans les défenses géographiques; il fallait choisir

' « Des victoires éclatantes ont illostré Tannée française dans cette campagne , des défections sans exemple les ont rendues inutiles ; toot s'est tourné contre nous : la France elle-même serait en péril » sans l^éDeqpe et l'union des Français.... N*ayant point été séduit par la prospérité, Tadversité me trouvera plus Tort. Plus d^une fois j'ai donné la paix à des nations qui avaient tout perdu ; d'une portion de mes conquêtes, j'ai élevé des trùnes pour des rois qui m'ont abandonné. J'avais conçu et exécute 3e grands desseins pour le bonheur du monde. Monarque et père, Je sens combien la paix ajoute à la sûreté des trônes c! des familles... Rien nes'op|)ose pour ma part au rétablissement de la paix. Je connais les sentiments des Français : je dis des Français ,

parée qo^aucon d^eox ne désire la paix au prix de l'honneur Mes

peuples ne peuvent craindre que la politique de leur empereur traliisae jamais la gloire nationale, oomme j*ai la confiance que les Français te* roQi toujours dignes d*eux mêmes et de moi. » ^

SIS COALITION. — CAMPAGNt DB SAXE.

OU les montagnes on les fleuves. Napoléon aurait dâ, ee amblë, se déterminer pbulr l*iln ou Fautre nkfyen; porter surleRhm une partie de ses forôes , et une autre partie en Suisse, où il ourait donné la main au pHnce Eugène , de tniinîère à etftaycr les puissaniies sur lesquelles il aurait pu tomber à sbti choix. Il se décida ettfili à ordonner la levée en masse., en joignant aux préfets et hux maires d*armeif idns les hommes valides , et de traiter comme traîtres tons les i^caldtrants.

Mais la nation entière appelait la (Niix de tous ses voeux, et à ses yeux Napoléon perdait sa légitimité en perdant sa grandeur. Le sénat lioua dés intelligences avec tous les partis ; Talleyrand et Sieyes se concertèrent ( cbaenn songea à soi : les rois d'astiqué race travaillaient à se procurer de l'argent, et les horaims d'afFaJres tOtirnâient le dos au présent pour se ménager Pavenir. Les alliés firent entendre au sénat que si un gouvernement quelconque était établi, ils le respecteraient.

Quatre cent mille hommes firanchirent le Rhin à la fin de Tannée 1813, pour mener à An la guerre des nation». Le fleme, tant d'autres fois disputé avec acharnement, fut traversé sans qu*il y eût un coup de canon tiréi La Suisse livra passage à Schwartsenberg; Blûcber entra par Coblentz, Bernadette marcha sur la BelgiquCb Les alliés violèrent les trontièrps de ] 793, en déclarant toutefois qu'ils ne faisaient pas la guerre à la France, qu'ils voulaient^ au contraire, forte et satisfaite, avec des limites plus étendues que celles d'autrefois; ils protestéreot q«Mî leurs intentions étaient « justes dans leur objet, généreuses et libérales dans l'application, rassurantes pour tous, honorables pour chacun. »

Les puissances, réunies de nouveau au congrès de Oiâtiltonsur-Seine (4 février 1)314), offrirent à la France ses limites d'autre fois. Napoléon rejeta ces conditions; il prétendit, nonseulement conserver tout le territoire des Alpes au Rhin , mais en outre obtenir des compensations pour ses frères dépossédés, et pour d'autres intéséts de famille.. En conséquence, les tmis souverains du Nord conclurent une alliance pour vingt ans, s'obHgeant à fournir chacun cinquante mille hommes pour eootinuer Ja guerre , |tt l'Angleterre on subside de cinq miUioos

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de litres sterling. Chacan s'interdit tout traité particulier '. Ainsi Napol(k>Q avait perdu toutes left conquêtes de la Révo* lution, et Cette magniGque France, et cette armée éprouvée dans la bonne tot la mauvaise fortune -^ qu^elle lui avait confiée pour lui iassurer la paix , et qui s'était recrutée successivement de deux milHons cent soixante*treice mille conscrits. En dix-huit mois, il avait reculé de sept cents lieues ( celui qui avait assailli Moscou ne pouvait défendre Paris; celui qui avait pris Cadix voyait maintenant le drapeau anglais flotter à Toulon et à Bor* deaux. L'arttlée de la MoscoWa donna là main à celle du Tage; les Bachkirs de TAsie foulèrent les rives de la Seine, comme' au temps d'Attila^ et Paris etttendft pour la première fois le canon étranger ^.

I pozzo di Borgo, ett leur persUadaAt de mârchej^ sur Paris, « décida dm sort du monde. » (O'Méara).

' On sMtonnera & bon droit que riifstoriea italien , qui se propose bien moins de décrire en détail les opérations militaires que d'en saisir la pbysioiioarie aïonile et les nSsuUats, ne mentionne même pas ici la campagne de France de 1S14 , où Napoléon , réduit à an reste d*arniée, sépara, par l'on des plus grands prodiges de sA stratégie, les masses de la coalition , remporta coup snr coup les victoires de Cliamp-Aubert , de Montmirail et do Montercau , et fit reprendre par trois fois le rbemin de la frontière à renncnii épouvanté. M. Cantn, les yeux tournés surtout vers M)n pays, écrivant d*abord poor ses com|)atriotes , se complaît à multiplier les détails, très-iutéressants d'ailleurs, qui concernent ritalie; nous comprenons ses préférences et son patriotisme; mais il ne fout pourtant fias que les événements principaux de Tliistoire du monde soient omis dans une histoire générale. Nous tâclierons d*y suppléer bien imparfaitement par la citation qui suit :

» LVunemi s*était décidé à pousser jusqu^au bout la fortune, ranimé « |iar ses auxiliaires de Tintérieur. Le bras de Tempcreur avait besoin « de se déployer librement dans cet effort suprême. Napoléon se trou> « vait placé dans une situation qui était celle de ses débuts : il redeve- • naît utile et national , comme au temps de ses guerres d'italio. « Pourquoi ne retrou va- t-il pas les mêmes succès? pourquoi éclioua^ ■ t-il, en 1814, dans Pœuvre quVait accomplie la révolution de 179'i? « C'est que Tempire dans cet intervalle avait passé sur la France , « avait pesé sur elle autant que sur les vaincus; c^est que le pays » était à bout de sacrifices. Le génie même de femiiereur répugaail

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