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la conquête française , » il n*eu fut rien. Cependant les persécutions que le pontife avait endurées lui avaient concilié certains adversaires, notanament les Anglais, -qui 8*étaient trouyés un moment faire cause commune avec lui. Ce furent eux qui Fappuyèrent lorsqu'il revendiqua les chefe-d'œuvre d*art enlevés à Paris , et qui dépensèrent deux cent mille francs pour les faire transporter et replacer à Rome; ils lui rendirent aussi ( don encore plus précieux ) grand nombre de ses sujets qui gémissaient dans les bagnes d'Alger. £nfin , ils consentirent à accréditer un ministre près la cour de Rome ( mars 1818). Plus tard, le roi Geofge écrivit une lettre pleine de déférence au cardinal Gonsalvi, ministre d'État. Quand elle arriva , ce prélat venait de mourir; mais Léon XII en prit occasion pour mettre sous les yeux de l'Angleterre les sentimenty de la cour et de l'Église romaine. Bientôt après parut une déclaration des évéques catholiques, et de leurs coadjuteurs en Angleterre , sur les bases de la véritable foi et les limites de robéissanee due au pontife, dans laquelle ils repoussaient les calomnies répandues contre le saint-siége ( 1826 ). Elle était accompagnée d'une j4dresse(les catholiques anglais à leurs coni' patriotes, où ils se plaignaient que, dans un pays de si grande liberté , des exceptions rigoureuses atteignissent les catholiques ; qu'ils fussent passibles de peines très-graves pour professer leur foi, et exclus, comme pairs ou comme citoyens, de la diambre, du conseil privé, du ministère, des emplois, des chaires universitaires, des bénéfices, qui pourtant avaient été institués par les catholiques; qu'ils ne pussent assigner aucun fonds ou aucune rente au service de leur propre église ou d*écoles catholiques; enfin qu'on les condamnât, du berceau à la tombe, à la calomnie, à l'insulte, audouleureux sentiment de leur inférioiité.
Le péle-méle impolitique de nations, effectué par le congrès de Vienne , mit le pape en relation avec d'autres pays non catholiques; la tolérance y gagna de part et d'autre. Ainsi Rome s'entendit avec la Russie pour qu'il y eût en Pologne huit évéques et un archevêque siégeant à Varsovie. Les débats furent longs quant aux Pays*Bas; l'on arriva à conclure un concordat
S94 QUESTIONS BELIGIEUSES.
( 1827 ); mais le roi, cal?imste fer?ent, n'en continnaît pas moins de tracasser les catiioliques. Jamais il ne nomma, quoU qn*il s*y fût engagé, les deux éTéqnes d'Amsterdam et de Boisle-DuC) et il contraignit la jeunesse eatliolique à étudier dan le lycée philosophique protestant. Nous en verrons phis taid les conséquences.
L*£g1îse avait perdu ses possédions en Allemagne. Il j avait, sous le gouvernement des princes protestants qui en avaient hérité, un milHoil et demi de catholiques, pour lesquels ils proposèrent un concordat (1819). Ils étaient disposés à s'en passer en cai de refus; aussi leurs propositions furtot telles^ que Rome ne crut pas devoir y accéder ; mais on eil vint plus tard à des conventions particulières. La bulle Provida soù*rsqve ( 1817 ) pos) les bases du traité du 9 février 1^22 pour le Wurtemberg, le grand-duché dh Bade, là Hesse-ÉIectoràle , le grand-duché de Hesse-Darmstadt, le duché de Nassau , la ville libre de France fort ; puis une autre buHe ( Âd doràinici gregU 15 avril 1827) réuhit ces six pays en une seule province i tique , dite du Haut-Rhin , avec tin archevêque et quatre évêqiies. Le hiinistre de Prusse Hardenberg s^tebdit en personne avec le cardinal Gbnsalvi ( 1821 } pour supprimer les évéchés d* Aix-la-Chapelle et dé Corbie , ainsi qtie iCs abbayte de Neuenzell et Oliva; pour que là dignité métropolitaine fût rendues Cologne , et accordée à Posen ; enfin , }k)ur que le droit d'élire les évéques fût maintenu aux cha[)itres , sauf confirmation de Rom^. En conséquence, il dut y avoir, dans ce royaume, deux mëtH)polibiins , deut chapitres , six évéques suffragants, avee deuk ceht mille tiialers. Cette dotation devait être affeetée sur les biens de l'État; mais jamaiè elle h'a été garantie par ce gouVemehieot.
Les difficultés ne furent pas moindres du côtMes puissances catholiques; et pour les surmonter il fiillut toute la prudence, toute Vadiresse de Gonsalvi , qui se plia même à des oondeseendancés que les catholiques zélés ne purent lui pardonner.
Quand Ferdinand prit le titre dte t^ des Deux-Sici^, le pape protesta, au nom de ses anéibas drdits sbr ce royaume: le roi, en i^tour, ne lui reconnut d'autre suprématie qbe eelle de
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dief de TÉglise. I^ vieille querelle de la haqaeoée se trouva remise plusieurs fois sur le tapis, et donn^ lieu à une violente polémique, qui devint plus acerbe encore quand Home se re* fusa à céder à prix d'argent les principautés de Bénévent et dp Ponte-Corvo, source d'embarras des deux côtés. Ënûn, le cardinal GoDsalvi et )e ministre de Naples, Médici , convinrent que le roi nommerait aux sièges de son royaume , qui furent r^r duits de cent quarante-sept à quatre-vingt-douze; que les possesseurs de biens ecclésiastiques ne seraient point inquiér tés ; que les biens qon vendus seraient répartis entre le» contents rétablis, sans considérer à qui ils appartenaient ^vant; que les corp$ religieux dépendraient de leurs généraux ; que les èvéqnes seraient libres pour Texercice du ipinistère pastoral dai^s les limites des canons; qu'ils pourraient ponvoquer des syppdes, visiter le seuil des apôtres , publier des instructions sur les matières ecclésiastiques; qu'ils aur9ient la juridiction ecciési^sr tique et la censure doctrinale sur les livres publiés. Enfin, l'appel au saint-siége, qui se réserya douze mille ducats ppr an sur les revenus des évéchés , fut accordé à tous les fidèles.
On accorda au Piémont un nonœ de première classe, qui ne quitterait cette cour que ppur être décoré de la po^rpre, Les jésuites furent chargés de l'éducation de la jeunesse ^ le diocèse de Savoie fut rétabli ; on institua à pignerol les pblats de la Vierge , prêtres séculiers qui fiaisaient vqpu spécial d'obéissance au pontife. Ailleurs , ce furent les frères de la Charité de Rosmini , spns parler des ordres anciens.
Le concordai avec |a Bavière, conclu en 1818 et publié comme loi de FÉtat en 1821 , est celui qui se rapproche le plus des maximes purement catholiques , et qui favorise davantage les corporations rdigieuses.
Les négociations avec la Suisse ( 1821 ) amenèrent la çupr pression de l'évéchéde Constance. U y eut cinq éyêchés, Bâle, Goire, Saint-Gall> Lausanne e^ Sien; dix-sept collégiales et cent vingt monastères. Firiboiirg , siège de i'éyéque de Lausanne, reçut les jésuites dan3 ses murs, et, aux termes dq pacte constitutionnel, les ordres religieux existants dureni être conservés.
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D'autres conventions à part furent faîtes avee TÉglise Iiod' groise, avec rAmérique septentrionale et divers-Ëtats eatholiques ou non. Qu'en résuite-t-il? C*est que Tunité diseipiittaire manque, et que le nombre des fêtes , les règles établies pour la nomination ou la présentation des dignitaires, pour la pereeptioo des dîmes, pour les questions matrimoniales, varient dans les différents pays. Dans quelques États, même catholiques, c*esl un délit de la part des dignitaires eodésiastiques de communiquer directement avec Rome. Les immunités personnelles et locales ne subsistent nulle part dans leur intégrité; partout le droit d'acquérir les biens de mainmorte est limité. La plupart des prélatures sont à la nomination du gouvernement, ou du moins ûutes sur sa présentation ; les propriétés ecclésiastiques sont surveillées, et les décrets de Rome soumis à Vexeipalur. L'Église perdit en outre les ordres militaires , ainsi que ses fieis, qui étaient une force pour le pouvoir ecclésiastique, tandis que les Gefis laïques sont une cause de faiblesse pour le pouvoir civil.
Le concordat conclu entre Rome et la France , en 1817, an* uula celui de 1801 , et rétablit Tœuvre de Léon X : ilréoiganisa les diocèses avec leur dotation, et raya le divorce du code civil ; mais la liberté nouvelle et les privil^es anciens, les jansénistes et les gallicans, se liguèrent contre ce concordat. L'abbé de Pradt tourna en ridicule les trois concordats, soutenant que le meilleur parti à prendre était d'isoler la religion de Tordre civil ; si bien que le ministère retira l'assentiment qu'il avait donné. L'ancien concordat se trouvant ainsi aboli sans que le nouveau fût accepté , on intrigua pour déterminer les évéques à reconnaître, comme décisions de foi, les quatre pro* positions de 1682; mais ils s'y refusèrent.
On voit combien les ponûfes eurent de peine , auprès des princes catholiques, pour concilier les nouvdles prétentions de la souveraineté avec la vieille discipline de l'Église. Le cardinal Gonsalvi , qui avait l'expérience des cours et celle du malheur, inclinait pour faire toutes les concessions compatibles avec la dignité du saint-siége; aussi était-il mal vu des catholiques zélés. A la mort de Pie VU ( 1823 ) , ils appelaient de tous leuis vœux un pape plus rigide en fait de discipline, et moins mal-
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léabte aux exigences des cours; mais \^ faction des eoitronnes^ pleine de ménagements pour les princes , déploya toute son activité durant le conclave et pendant tout te règne du nouveau pontife, qui prit le nom de Léon Xfl. Gonsaivi, éloigné des affaires, ne tarda pas h mourir: tous les présents qu*il avait reçus des souverains , à Toccasion de tant de négociations diplo* matiques, furent consacrés, selon ses volontés dernières, à ériger dans le Vatican un monument en Thonneur du pontife dont il avait étéTappui.
Léon XII ( Annibal délia Genga) s'annonça comme TadversaifO déclaré de cette politique méticuleuse qui, toujours timide aut vers les forts , affectait la hauteur à Fégard des faibles. Lorst qu^H publia le jubilé , qui n*avait pu être célébré depuis long-r temps, la bulla fut mal accueillie par les divers sojiverains, Elle ne put être publiée en France; et F Autriche nVn accepta les dispositions qu'en ce qu'elles auraient de compatible avea les lois et avec les intérêts de l'État.
Pie VIII (Xavier Castiglioni),son successeur (31 mai 1829), attaqua dans une encyclique les sociétés bibliques , la philoso-» phie irréligieuse , les sociétés secrètes , les mauvais livres, le peu de respect pour le mariage. Mais il ne tarda pas à mourir, et il eut pour successeur Grégoire XVI ( Maur Cappellari ) ( 3 février 1831 ), qui était réservé à traverser des circonstances extrêmement difGciles.
En effet, si l'on parut considérer pendant quelque temps hi religion sous son aspect purement bienfaisant; si Ton se Gt scrupule d'abord de troubler cette source sacrée des consolations célestes , on s'aperçut bientôt que son soutfle se répand dans toutes les questions; et les passions politiques ou philosophiques la Grent intervenir dans tous les débats.
Les libertés gallicanes trouvèrent en France d'éloquents adversaires. Le comte Joseph de Maistre, ambassadeur de Sar*» daigne à Saint-Pétersbourg, puis ministre d'Ktat, doué d'une grande hardiesse d'esprit, d'une conviction ardente , d'une vit gueur de style enflammée par la colère, exposa et appliqua son système de philosophie théologique dans trois ouvrages publiéii successivement : les Soirées de Saint-Pétersbourg , le Pape^