LES PAPES. — LES CONCORDATS
tainement une nouvelle ère de penseurs , une association future du catliolicisme avec la liberté.
A cette époque, la chrétienté entière et la France d'abord instituèrent des associations de dmrité nouvelles , ou qui se rattachaient aux anciennes. Les unes prirent soin des petits Savoyards; d'autres , des filles repenties, des pauvres honteux « des nouveaux convertis, des libérés. Les frères des écoles chré* tiennes s'adonnèrent à l'instruction des enfants pauvres; les sœurs de Charité, à rhéroîsme de la miséricorde. On vit renaître la Trappe et la Chartreuse, pour o«ux qui voulurent chercher la solitude au milieu du monde. Les prédicateurs, s'adressant à des esprits plus ou moins sceptiques , le prirent sur un ton nouveau; et l'abbé Frayssinous renoua, dans ses Conféremes philosophiques , l'alliance de la philosophie avec la foi. La cou* grégation de Saint Sulpice redevint florissante. La société des prêtres des Missions de France vint en aide au clergé peu nombreux, tandis que les lazaristes portaient au loin la parole sainte. Dans l'œuvre de la Propagation de la Foi , instituée en mai 1822 dans la ville catholique de Lyon, chaque souscripteur donne, outre des prières, un sou par semaine; contribution qui suffit (tant elle est étendue!) à fournir des sommes considérables pour la conversion des infidèles.
Ailleurs encore surgissaient des défenseurs de la suprématie papale et des pratiques du catholicisme. Léopold de Stolberg ( 1750- 181 9 ) , traducteur d'auteurs grecs, charmé de la lecture des Pères, se fit catholique, et commença une histoire du Christianisme, remplie d'un enthousiasme mystique. Alexandre- I^pold, dix-huitième fils du prince de Uobenlohe, élève des jésuites, s*étant ren<*,ontré avec Martin Michel (1821), paysan badois, qui opérait des guérisons prodigieuses, commença aussi une série de prodiges qui devinrent l'édification des uns et le scandale des autres.
Louis de Ualler, membre du conseil de Berne , et auteur de la Jiestauraiion de la science politique, sentait dans cette science, comme dans la religion, le besoin d'une autorité visible et d'une société gardienne de la vérité : en conséquence il se fit catholique. Berne l'exclut des emplois publics, et décréta
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que quiconque changerait de foi perdrait le droit de cUoyen dans sa commune; intolérance contre laquelle beaucoup 4le gens se récrièrent.
A côté de ces victoires de la foi catholique, les pontifes troa- ▼èrent plus d*une occasion de gémir. Dès le moment de son retour, le pape fulmina contre les sociétés bibliques, insliméfs pour répandre gratuitement ou à très-bas prix rÂocten T&tament, traduit dans un esprit protestant. Mais le débit n*en di« minua pas; et l'on compte que, depuis 1803, il en a été distribué quinze millions d'exemplaires en quarante-huit idiocoes. Aussi Grégoire XVI renouYclait-il (1844) ses plaintes à ce sujet.
La religion se révèle aux sens comme puissance, à l'inteUigence comme nécessité , au cœur comme amour. Le protestutisme voulut la briser comme puissance; mais, après avoir rompu réquilibre que le catholicisme pouvait seul mainteair entre Tactivité indépendante, déréglée de Tesprit et sa do* cilité routinière, la raison et Tamour se trouvèrent séparés: n'étant plus conciliés par la charité , comme lorsqu'ils étaient réchauffés tous deux dans le sein maternel de TÉglise , l'intelli* gence se jeta dans les formules abstraites , et le sentiment blessé se réfugia dans le plétîsme. L'une mine tout sentiment ■, l'autre
iLa condamnation da rationalisme, dans la bouche de Benjamia Constant» est chose remarquable : « Quelques-uns, frappés dei âingers d'un sentiment qui s'exalte et s'égare, et au nom duquel forent commis des crimes innombrables, s'effrayent des émotions reii;i«iiies, et voudraient )r substituer les calculs exacts, impassibles, invariables de PintéréC bien entendu, qu'ils croient suffisants pour rétablir Tordre et pour représenter les lois de la morale... Mais... nous serons conlraints de demander si , en repoossant le sentiment religieux ( bien différeot des /ormes religieuses), et en visant au seul intérêt bien entendu, le genre liumain ne se dépouille pas de tout ce qui constitue sa suprématie, en abdiquant ainsi ses titres les plus beaux , en s*éloignanl de sa véritable destination, en se resserrant dans une sphère qui n*est pas la sieime , et en se C4)ndamnant à un abaissement contraire à sa natnje ... Si vous ne voulez pas détruire l'œuvre de la nature , respectez ce senfimcnt (fans cliacnne de ses émotions. Voua ne pouvez couper une brandie rie Tarbrc sans que le tronc ne soit fran>é à mort. Si voos