LES PAPES. — LES CORCOBDÀTS
qui, selon Tesprit de leur saint fondateur, ne trouvera pas d'obs* tade dans la nature des choses, attendu que les deux partis la veulent sineèremeut, dans une intention vraiment chrétienne. En eonséqurace, ajoutait le roi, je célébrerai moi«m^e la fête séculaire, en réunissant les deux communions (réformée et luthérienne) de la cour et de la garnison de Postdam , en une seule Église évangélique chrétienne, avec laquelle je participerai h la sainte cène. » Ce que demandait Guillaume , c'est que cette union résultât non de rindifférenoe religieuse, mais d'une conviction libre; qu'elle vint non-seulement des livres, mais des cœurs ; ce qu'il était moins facile d'obtenir.
La garnison se présenta à la cène, par discipline, a l'heure et dans Tordre prescrit On consacra à Berlin, au nouveau culte, un temple qui fiit fréquenté par des membres de toutes les confessions. Un ministre luthérien donna le pain de la oommu* nion, un calviniste le vin du calice. I^ roi lui-même, pape laïque, publia une liturgie qui différait des précédentes , et se flatta de constituer l'unité protestante en face de l'unité catholique; mais Gnns dit à ce propos : lis se sont unis dans le néant.
Cette unité importait peu au peuple , à qui l'on avait appris à faire peu de cas de toutes les différences de doctrines. Elle souriait à ceux qui considéraient le calvinisme et le luthéranisme comme deux expressions partielles du |)rincipe protestant, pou* vaut se perfectionner dans son union dogmatique et ecclésiastique. D'autres y virent néanmoins une espèce de violence , qui avait pour but de les faire entrer dans une Église nouvelle ; et les vieux luthériens, réunis à Breslau sous la présidence du pro* fesseur Kuschke, tentèrent de se constituer en Église luthe» rienne. Mais qu'arriva-t-il ? Les décisions de ce synode furent déclarées antilutbériennes par les deux autres sectes nées de celle-là. Ainsi il ne suffisait pas , pour écarter les obstacles , d'avoir réduit la f(H à un petit nombre de règles le moins susceptibles de contestation. Il se fit, sous le manteau de la reli* gton , une foule de persécutions , et un grand nombre de luthé* liens émigrèrent tant en Amérique qu'en Angleterre.
Combien ne devait-il pas en coûter davantage pour soumettre les catholiques ! Frédéric-Guillaume y travaillait sous main ,
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soit pour imprimer de TuDÎté à radmlnistratîon , soit parce qu'il voyait dans le protestantisme une nouvelle barrière contn la France. Les catholiques étaient écartés des fonctions les pi» importantes, soit dans Tarmée, soit dans la maison durai. L'instruction inférieure dépendait entièrement du ministère: pour renseignement supérieur, les universités de Berlin , de Kœnigsberg, de Halle, de Gri&waid, étaient esdusivemeat protestantes; il n'y eut de mixtes que celles de Bonn et de Breslau.
Tout cela provoquait des plaintes , autant qn*il peut s'en faire entendre dans un pays sans représentation. Il y avait um question, celle des mariages mixtes, qui devenait un sujet de trouble non-seulement pour les consdenoes, mais encore pou le culte. L'Église catholique ne bénit les mariages avec les pio« testants qu'avec les plus difficiles restrictions. Or les employés, presque tous protestants,' que la Prusse envoyait dans les provinces catholiques, y épousaient des jeunes filles catholiques; et un décret avait prescrit que les enfants devaient être élevés dais la foi du père. En 1898, le roi obligea Ie3 prêtres à bénir les onriages mixtes , et Pie VIII (1830) poussa la condescendance jusqu'à ses dernières limites, « en permettant au prêtre d^assisterà la célébration , mais sans prononcer les prières ui accomplir les autres cérémonies , si Ton ne promettait pas d'élever les ôifaots dans le catholicisme. »
Le gouvernement prussien ne s'arrêta point là ; et en 1845 il étendit sa décision aux provinces rhénanes. L*évêque de Cologne , Drost, refusa l'autorisation de bénir les mariages mixtes. Le gouvernement, ne pouvant rien obtenir, fit enlever l'évégae et l'enferma dans une forteresse, mettant en avant une de ces imputations générales qui peuvent , au besoiu , suppléer aux ac* cusations positives.
Une affaire particulière venait d'émouvoir alors l'Église de Cologne. Un chanoine de Bonn, nommé Hermès ( 1881 ), en recherchant « s'il est possible de démontrer sûrement la vérité du christianisme , comme révélation divine , au moyen de la raison et de l'analyse , • forma un système de croyance qui prit beaucoup d'extension. Condamné en 183^, il fut soutenu par k