‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 118 sur 127 · LES PAPES. ^ LES OONCORDATS · texte numérisé non relu

LES PAPES. ^ LES OONCORDATS

gouvernement ; mais M. Drost destitua les professenre de théologie de Bonn qui y adhéraient : ceux-ci persistèrent , s'appuyant sur Tautorité , et il en résulta un violent conflit. Le gouvernement se trouvait enhardi. par là à persécuter Tévéque ( 1837 ) ; mais si les bermésiens approuvèrent son enlèvement ou gardèrent le silence , le reste du clergé protesta , et adressa ses plaintes à Rome , qui , se mettant au-dessus des ménagements politiques, vint en aide aux catholiques. Cet acte de fermeté produisit un grand effet : le clergé , que Ton croyait asservi au gouvernement, se leva avec énergie à la voix de son chef; et tous les évéques s'associèrent à cette résistance.

Frédéric-Guillaume, entraîné dans une persécution inattendue qui répugnait aux idées du siècle et à son propre caractère, ^ trouva obligé de se justiOer par la voie de la presse. Le pape fit ressortir la mauvaise foi des allégations. Toute l'Allemagne, catholiques et protestants , s'occupa de cette querelle au point de vue théologique comme au point de vue du droit. Elle agita surtout Munich, où le roi se montra ferme dans sa résistance, tandis que les autres princes d'Allemagne courbaient la tête. Gorres publia fAthanase, comme pour offrir un rapproche* ment entre les persécutions des premiers siècles et celles du temps présent. Il y révéla, avec une éloquence puissante et une conviction chaleureuse, les résultats funestes de cette politique qui voulait asservir ce qu'il y a de plus libre au monde , soit à une administration formaliste , soit à un libéralisme dévoyé.

A la mort du roi Frédéric-Guillaume IV, son successeur fut entratné, par les vœux très-prononcés des populations rbé* nanes, à faire cesser les poursuites contre les prélats arrêtés, et à rendre à l'autorité épiseopale les pouvoirs qui lui appartiennent dans l'administration des sacrements.

Mais dans VtsgWse protestante le désordre allait toujours croissant. Les séparatistes, qui se détachèrent de l'Église évangélique chrétienne, devinrent sans cesse plus nombreux ; et dans le concile général des protestants allemands, tenu à Berlin en 1846, la commission proposa que les livres symboliques conser* veraient pour les différentes Églises nationales la valeur qu'elles croiraient devoir leur accorder.

4I« Q0E5TIOIIS BCLIGIEUSES.

rÉgiîse catiioliqiie qu*étaient dirigés les seuli da prolestantisme, qui n'a pour unique sentiqme sa haine eontre elle. Cest dans ce but que s'en ctablie en Allmagneia Société de Gustave- Adolphe, ainsi qm'wÊft aalR à Philadelphie ( 1844) , sociétés dans lesqaeUcs ks dUTûfli i sectes se donnent la main pour une propagsode De là des déclamations violentes et des insultes le papisme, qui sont allées jusqu'à la violence. Oen*ca pKà tdle Église plus qu'à telle autre que les écoles fioDl la giaene ; mais elles attaquent les fondeneots Koos aiDDS dqà montré comment la philosophie fit soo cutrée en Aliemag;ne , non sans lutte et sans Edehnann, Bahrdt, Basedon, se servirent simple- ; Lessing , Mendelshon, Ruymaraer, it la flegmatique hostilité des Anglais. Lessing de* et quatre-^viogls ans les hardiesses de Strauss; mais il partOQt des adversaires, jusqu'à Semler. Ce denûa fit autant de mal que bn lorsqu'il voulut expliqua* la formatioa ave du dopne catholique, portant atteinte , dans cette à Fauthenticité des livres saints , en n'admetUuit légitime que l'interprétation naturelle, cherchant à monit, dans r£vangile , le Christ et les Apôtres s'acit à leur temps ; de sorte que beaucoup de vàritésprédiées par la Xeesîe n'auraient qu'un oaractère temporaire et locri.

Les doetrîMsde Kaot ne forent pas moins hostiles an chrisr tiHjJrwM. car il n*admet de croyance véritable que celle qui naît «t se développe dans la raison de chacim ; et la religion révéla ne M , sdon lui, que venir en aide au sentiment philosophique. Jaeobi alla plus kûn encore, en faisant reposer la craymiot une perception immédiate de la vàrité et du sopra-senâble, qu'ilsoit bcsoîn de démonstration. La doctrine de l'identité, eooduisantà l'anéantisseroent de la personnalité, battait brèche le christianisme; et les hégéliens, quidivioi* suent l'État, arrivèrent à un panthéisme dont la daruière oMh *^9Qeneo était la n^ation de la morale. Vanthropoiàtrk d'Hegel dégénéra chez ses adeptes en autoiâtriei et ils purent,

BdDS sortir du protestantisme , nier les miraeles , Texistenee même du Christ, et jusqu'à rimmortalité de l'âme , parce que le protestantisme n'est qu'une négation.

Plusieurs écrivains , dans les universités , eooibattîrent où- Vertement l'inspiration supérieure des Écritures , comme inutile tt impossible , souten&nt qu'on ne saurait admettre que Dieu manifeste sa puissance par des prodiges , sa prescience par des prophéties ^ sa sainteté par ses commandements. Il n'est point nécessaire à l'homtne, disent-ils , d'avoir foi à une rêvé* fotion immédiate , et les vérités religieuses naissent de la pure raison. Le fondateur du christîaniskne , personnage insigne ^ voulant établir une religion universelle , et partant non posi* iive , n'institua point de pratiques extérieures ni de sacrements^ La preuve de sa divine missibn est la conformité de ses dogmes avec la raison. Comme homme toutefois , il n^était pas exempt d'illusions personnelles ; et les apôtres, ne pouvant se dépouiller des préjuge judaïques , le Gretit parler à leur manière , et souvent même l'entendirent mal. On se mit ainsi à analyser le fils (comme disait H^el) avec une tranquillité bien étonnante pour ceux qui considèrent quel vide immense laisserait, dans les consciences comme dans Thistoire, la disparition du Christ, qu'ils réduisent à un caractère idéal.

On tourna contre la religion les grandes conquêtes de la ideience; on s'en alla chercher, dans les tndes et en t^erse, l'origine de ces dogmes et de cette morale qui est pour nous une révéla*lion du Verbe de Dieu ^

L'exégèse et l'histoire ecclésiastique fournirent aussi des fermes à des attaqueis ou générales oa partielles contre les Livres saints. Les travaux du siècle précédent avaient préparé des matériaux o la critique. Michaëlis avait donné à l'Allemagne ,

Le premier tùi Layser, De origine eruditionis non ad Judeos ted ad indos referenda, 1716;. De notre temps cela fat soatena par Lichtenslein , Uber Indien alsquelle der mitologle; par Winzor, De Dxmonofogia in saeris Novi Testamenti liMs proposila; par Creit- Ker et MO comnentatenr Guigniant; par Rhode, par Bohlen , Dell* in- «fia in relatioe coW Eg'Uto; par PauUiier et beaucoup d'autres.

412 QUESTIONS BELIGIBUBBS.

après trente ans de travaux , une édition de la Bible ; Benjaima Kennicott en avait donné une autre à T Angleterre y sur les manuscrits hébraïques des bibliothèques les plus célèbres (1780). De Rossi avait réuni à Parme la plupart des manuscrits du texte hébraïque, et donné le catalogue des variantes de six cent quatre-vingts d'entre eux. L'édition de AYetstein (1752) résuma la plupart des manuscrits de F Évangile qui existaient en Europe. On se préoccupa aussi des versions étrangères ; et Jean-Jaeques Griesbacli entreprit de les confronter à Tappui de sa Bible romaine, distinguant tous les textes en trois classes, selon qu'ils proviennent d*une édition corrigée en Egypte , à Constantinople ou en Occident. Scholz publia en outre une édition critique du Nouveau Testament, fruit de longues recherches en Europe et en Orient. Une fois le texte perfectionoé et la- grammaire simplifiée , grâce aux travaux de Gesenius (1817), d'Ewald ( 1827), de Glaire, l'herméneutique s'étendit On peut en voir les progrès antérieurs & notre siècle dans VflUioire de r interprétation des livres scûnts dans r Église chrétieMe de Rosenmiiller ; elle a été depuis poussée plus avant encore par Jahn, Ackermanu, Ewald, Umbreit, Hengstenberg et autres.

Bientôt les rationalistes se firent une arme de ces travaux , non plus , comme Voltaire , en renouvelant les plaisanteries et les arguties employées quinze siècles auparavant par Celse, par Porphyre, par Julien , qui voyaient partout la tromperie et la fraude ; mais par l'interprétation allégorique ^ qui âed au génie penseur de l'Allemagne. Cette étude commença par les livres anciens; et, dès 1790, Eidihorn considéra le premier chapitre de 1q Genèse comme emblématique , et c-omnie formé de fragments les uns relatifs à Jéhovah , les autres à Éloïm.

Quelques-uns admettent les Livres saints, mais en faisant plier les textes aux sens qu'ils veulent y trouver, grâce surtout à cette doctrine des accommodements, imaginée par ceux qui supposent que le Christ et les apôtres n'ont parlé, dans les termes que l'Évangile rapporte» que pour se mettre à la portée de leurs auditeurs. Dans l'histoire des dogmes, enseignée dans des chaires

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