‹ Histoire de cent ans, de 1750 à 1850, (histoire, sciences, littérature, beaux-arts,) (volume 2)Chapitre 20 sur 127 · ST. K CENT ANS. ~ T. I · texte numérisé non relu

ST. K CENT ANS. ~ T. I

140 bëgnb des philosophes.

voulût les risquer jamws pour défendre les intérêts d*un tien. Mats 8î Joseph eût consommé son projet, la Prusse se fût trouvée environnée par les possessions de l'Autriche, qui aurait embrassé toute l'Allemagne méridionale. Frédéric reconnut vite de quelle importance il serait pour lui de se &ire Torgane des mécontentements de toute rAllemagne. Avec la résolution vigoureuse d'une politique supérieure à Tégoîsme , il repoussa des propositions avantageuses ; et s'il s'était montré usurpateur dans d'autres circonstances, il se leva alors pour défendre la constitution de TEmpire , menacé, disait-on, par cette insatiable ambition.

Marie-Thérèse voulait un arrangement ; Joseph s'y opposa, au point de la menacer de transférer dans quelque autre ville la résidence impériale ; et , avide de se mesurer avec l'ancien adversaire de sa maison, il accepta la guerre. Il quitta Vienne avec Lascy à la tête de cent mille hommes. Le vieux Frédéric se mit en marche , à la tête de ses vétérans. Mais la France et l'Angleterre s'interposèrent; on flt la paix Teschen (1779), tout à l'avantage de l'électeur palatin.

Cette tentative de Joseph donna naissance à rne confédération ayant pour but de prévenir de nouveaux abus de la force, et de sauve^^urder la constitution. En conséquence, la ligue des princes ( Fûrsienbund) s'organisa entre Frédéric , la Saxe , le Hanovre; d'autres États y adhérèrent. La mort de Frédéric (17 août 1786) empêcha d'y donner suite ; mais ce fut la première idée de l'unité germanique sous le patronage du roi de Prusse, à laquelle tendirent constamment tous ses successeurs.

Frédéric II avait effectué des changements sans s'occuper des individus, et comme s'il eût opéré sur une matière inerte. Mais la Prusse puisait sa force dans la centralisation du pouvoir, les habitudes militaires du peuple, et dans le génie du législateur; en Autriche, une aristocratie vigoureuse , un caractère flegmatique , des habitudes station naires , étaient autant d'obstacles; une foule de maréchaux et de généraux empêchaient de régénérer l'armée. Les innovations du monarque prussien n'atteignaient que l'armée et l'administration, tandis que Joseph s'attaquait à l'intelligence et aux sentiments. Frédéric fui

béni de sa nation , quMI élera au premier rang. Joseph échoua, etsapQbsanc« se trouva compromise; aussi s'écriait-il, dans ramertome de son coeur -. < Si je n'avais pas connu les devoirs ée ma position ; si je n'eusse été convaincu que la Providence veut que je porte mon diadème avec la somme des devoirs qo'dle y a attachés , mon cœur serait déchiré , et mon déshr te phs ardent serait de cesser de vivre. Mais je connais aussi mes tntentîoiis , et j'espère que , lorsque je ne serai plus, la postérité appréciera avec plus de justice ce que j'ai fait pour mon peuple. ■

Ainsi , à la Gn de sa vie , Joseph II se voyait battu par les Tues. La Grande-Bretagne, la Prusse et la Hollande s'étaient fisoées contre lui ; la Hongrie et les Pays-Bas étaient en insorrection; partout éclataient des plaintes; tons ses projets avaient échoué , le trôoe était ébranlé au moment où il avait le pins besoin de solidité, et ce prince ne transmettait à ses héritiers que ta haine des innovations. Repentant et résigné sur son Kt de mort , il disait : Je ne regrette pas le trône : un seul tncenir me pèse, c'est que f ai fait peu (T heureux et beaufO»p (F ingrat s.

Il composa lui-même son épitaphe : Ci-git Joseph II, malieurenx dans toutes ses entreprises.

Ces princes dont les querelles et les jalousies avaient rempli kâècle, ne purent s'entendre que sur deux points : l'abolition de l'ordre des Jésuites , et le partage de la Pologne.

La Société de Jésus, fondée en 1539 par Ignace de Loyola povr arrêter le protestantisme , y était parvenue. Mais l'esprit dladépendance venant à renattre deux siècles après, et trouvant devant lui cette barrière , la renversa. Une organisation com« P^ete avait porté la compagnie de Jésus à cette grandeur inouïe 4^ fit d'elle un t)bjet de crainte pour toute l'Europe , pour les praples comme pour les rois , et qui lui valut des persécutions dans un siècle qui proclamait la tolérance. Ws au moment où 1(9 lettres et la civilisation s'épanouissaient, les jésuites , au lieu

de pousser h société en arrière , de prêcher la panncU , dt botMler la sâence, secondèreiit le mouvenieiU. Ils se Touècenl à l'instniction de la jeaoesse , alors très-négligée v ils ne se cachèrent pas dans les déserts, mais, s'établissant dans les villes, dans les cours , et ambitieui de se faire valoir, ils eatreprireot de diriger les rois. Des gvmuases, des académies, des tbéSim, furent les moyens dont ib se servireut pour préparer leur* élèves à la vie sociale; leurs églises offraient aux beaiu-artsl'oceasioa de s'exercer ; ils cherchaient dans les niissioDS les anotages temporels, en même temps que lesatut des Ames. En t& iumé, ils se transformaient selon la marche du siècle; et tandis que le siècle se moquût des franciscains , parce qu'ils étaient sales ; des dominicains, parce qu'ils étaient peisécnteura; des religisus de Ctteaui , parce qu'ils étaient oisifs; des chartreux, parce qu'ils se renfermaient dans la vie contemplative, il voyait les jésuites se mêler à la fojle vêtus comme' le reste du clergé, missionnaires dans les colonies, poètes aimables, écrivains polis , historiens soigneuià l'usage des écoles : c'étaieut en même temps des courtisans déliés, qui connaissaient l«s faiblesses du temps, savaient manier les. hommes, et des publi> cistes dont l'indépendance avait devancé celle des philosophes.

Mais loin d'entendre te progrès h la manière du siècle, c'estii-dire comme un divorce avec le passé et avec l'Église, ils restaient étroitement attachés à Rome. I>e souverain pontife désapprouvait-il certain esprit de tolérance dans leurs missions en diine ou au Malabar ? ils u'hésitaient pas !i obéir, ddt-il leur en coûter les conquêtes achetées par deux siècles de martyres, et l'espéraDcedeconvertirle plus grand empire du monde.

Ils soutenaient les droits da la cour de Rome avec une fermeté qui ne cédait rien h ce besoin croissant d'émancipation gui se faisait ^piMit partout. La supériorité conquise par ces religieux, qui jriiajeut point assujettis aux austérités des anciennes règles, in.'i|jii,'iit de la jalousie aux autres ordres, qui désapprouvaient leur esprit séculier, lis leur imputaient de s'étfe écartés de leur institution première, pour se consacrer abulivenieitt à des occupations mondaines et se faire accueillir des puissants.

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Tmt de griefs eepeDdant pensent se réduire h deux priori- |Mx : Oo lesaoeosait de professer certaines doctrines tout à fmi féielutioniiaires; de mettre le peuple au-dessus des rois j en lui neoooainaBt le droit de désobéir aux tyrans , et même de s'en éteiasser par le meurtre. On les accusait encore d'une tenàaee très-progressive , comme on dirait dans le style d'à prént : protestants et jansénistes prétendaient ramener le chrisen arrière, et retronyer son caractère primitif; les jé- , n eontrairey tentaient d'adapter aux progrès du temps iM le dogme qoi est inaltérable, mais la discipline.

Voyait le monde s'éloigner de plus en plus des pratiques reli« f ils les allégèrent. Pour empêcher que le frein trop M se rompit, ils le relâchèrent, cherchant des excuses axégncments, mais sans Touloir-pourtant disculper le méfait. Oé lear imputa en conséquence, avec une subtilité toute scohrtique , un laisser aller qui fÎBdsait de la passion , de l'exemple, fcrhabîtude, autant d'excuses. Quelques-uns excusaient, en effet, le duel, lorsqu'on ne pouvait s'y refuser sans perdre fhnneur ou ses grades; de même la violation d'un serment MlésiDs l'intention intérieure de le tenir. Ils professaient que tel les cas douteux ou pouvait suivre l'opinion probable, c'ot-à-dire celle qui avait été soutenue par un auteur grave; <|n'<xi pouvait même, pour apaiser ses scrupules, s'accommoder ^iapliB indulgente.

Il y avait telles opinions en matière de controverse qui n'ap- PVtâiient point aux jésuites exclusivement, telles autres qui >*élnent point communes à tous les membres de la Société; Bûi, selon la tactique des partis» on avait attaché h leur nom b doctrine de la haine des rois , comme celle de la morale relâ* <^ Ces deux thèses trouvèrent d'ardents contradicteurs dans tt perti rival , celui des jansénistes.

Aa milieu des fêtes païeones de Versailles, il s'était élevé W question théologique sur la grâce , et sur la manière dont *>iBt Augustin conciliait cette faveur divine avec la liberté ^VDsiM '. On découvrit dans les écrits de Jansénius, évéquc

' Ce ae fut pas précisément à Pépoque des fêtes de Versailles, mai»

ISO LES JÉSUITES.

d'Ypres, certaioes propositions que Ton trouva téméraires et hérétiques. Mais le parti auquel Jansénius donna son nom soutint que ces propositions n*étaient point dans ses livres, ou qu*il fallait les entendre autrement. De là une guerre de subtilités et de sophismes , qui s'étendit à une foule de p<mils de discipline et de pratique, sur la facilité des absolutions, le culte des images, Tautorité du souverain pontife. De pieux et savants personnages qui vivaient à Port-Royal, dans le voisinage de Paris, Orent aimer et révérer la cause janséniste , et détester les jésuites, qui devinrent leurs ennemis déclarés. Tandis que les jansénistes donnaient à la grâce une prépondérance qui allait à annihiler tout libre arbitre , les jésuites s*en Orent les soutiens: les premiers entamaient l'autorité pontificale, dont les seconds se constituaient ks champions ardents.

11 en résulta une guerre qui ne fut loyale ni généreuse de coté ni d'autre. Ce que les jansénistes, par-dessus toutes choses, attaquèrent chez leurs adversaires, ce fut leur condescendance pour le siècle , leur ardeur à défendre la liberté et la responsabilité humaine ; puis certaines dévotions qu'ils tnitàrent d'irrévérentieuses, comme celle du Sacré-Cœur. Ils prirent à partie certains casuistes qui avaient écrit pour des directeurs de conscience , et en latin ; ils en exhumèrent des impuretés, comme celles que Ton pourrait tirer des livres de médecine. De ce déluge d'écrits, d'opuscules pleins de personnalités, d'exagérations, de mensonges, il n'est resté debout que les Proninciaies de Pascal ; ce fut un grand coup porté aux jésuites, une blessure bien autrement profonde que ne l'avait cm son pieux auteur. Enfin, l'autorité se mêla de la controverse; et les baïonnettes dispersèrent les solitaires de Port-Royal. Pour Élire apparaître l'injustice de leur condamnation , les jansénistes eurent recours aux miracles : les jésuites s'en moquèrent, comme les jansénistes s'étaient moqués de ceux que les jésuites

plos de vingt ans auparavant, qne la querelle dn jansénisme prit naissance. La bulle d*Url)ain VIII, qui condamna le livre de Jansénîm , est daléedu 6 mare 1642. La faculté de théologie de Paris défendit de souteiiir les proposilkms censurées dès Tannée l6Vi. ( Am. R. )

LBS JBSOITSS. 151

lefalsieDt <raT(Hr opérés dans la Mongolie et au Japoa. Rome |MMa la boite l/nigenUus, qtd ooDdamnait cent une proposi* taaattrfliaées aux janséoistes , repoussait du sacerdoce et des aoaiMDts quiconque ne professait pas une foi conforme à ceHe de cette bulle. Si bien que cette décision pontificale, qui devait leminer la dispute, ne fit que Tenvenimer davantage. La «MH^ldiMi les influences qui Tenaient à prévaloir, favorisait à ^m^iole jésuites et jansénistes : chose bizarre, que de voir de la corruption prendre parti pour la morale se* la morale indulgente , iN>ur le paaié contre Tavenir, Is^lRBdains bafouer oeux-là qui leur rendaient le confes^ MMi plus accessible , eux qui ne s'en approchaient jamais ; et «fe déverser le ridicule sûr cette conciliation tentée entre h perfection divine et Tinfimiité humaine. Les parlements franok pnrent vigoureusement parti pour les jansénistes, faisant iM guerre commune aux décisions de Rome et aux décrets du ni. Ainsi, pour des questions thëologiques'qui n'étaient point ^Inr compétence, ils forcèrent le pouvoir de recourir aux <^ d*État, habituant ainsi le peuple à la résistance légale, et MUBeo^t une opposition qui ne devait s'arrêter qu'à la ruine ée tous les pouvoirs.

tes cette croisade du parlement , des jansénistes , des gens ^ kitRS, le véritable vaincu fut toujours en effet le gouverne- ■nt; car la litierté semblait être du côté de Topposition et des fidaneats. Cette guerre contre l'Église fiit ridicule dans ses ^Bôfaits et terrible dans ses conséquences : « on Toyait ehafKjoor, dit Voltaire, le bourreau brûler des pastorales d'évé< fwi qui contestaient la juridiction du parlement ; des sergents ^ jortiee finre communier les malades, la baïonnette au bout ^fiisil. «Les écrits et les discours propageaient le scandale , ^ttiéditaient les deux partis, et faisaient beau jeu à Tincrédulité. ^ jésuites étant devenus tout-puissants dans les dernières du règne de Louis XIV , on leur imputa des rigueurs contre leurs illustres adversaires , dont les partisans ^ vouèrent une haine implacable , et qui put se donner car- ^vre lorsque les parlements reprirent le dessus. Us jésuites avaient donc contre eux les dominicains , pouir

leur opposition à la doctrine de saiot Thomas; les frandseaîiB, pour leur grande autorité dans les missions ; runiversité , pour la concurrence quMIs faisaient à ses écoles, quoique sans privi* léges ; les négociants , parce qu'ils redoutaient en eux des oon* currents actifs ; les instituteurs ou ceux qui voulaient le devenir, et qui voyaient les élèves accourir en foule à ces rivaux, dont l'enseignement était solide et gratuit; les évéqaes, qui, à Pe^emple du gouvernement, tendaient à rendre l'autorité locale , tandis que les jésuites soutenaient le pouvoir pontiSeal. Les philosophes ne prenaient guère d*ombrage des ordres vieillis ; mais ils redoutaient celui qui , jeune et actif, avait pour lui l'instruction et la connaissance du monde. Us sentaient qu'on ne pouvait abattre les autres qu'en passant sur le cadavre de ces janissaires du saint-«iége > , comme ils les appdaient

Les rois eux-mêmes , qui se fortiflaient partout, ne devaient pas voir de bon œil ces religieux qui leur échappaient , et qui, très-nombreux , liés par une correspondance aussi prompte que sûre, informés de tout ce qu'il y avait d'important, répandus dans toutes les contrées de la terre , se rattachaioit à un chef dont la puissance était absolue sur chacun d'eux. D'un autre côté , la compagnie passait pour être excessivement riche. On parlait de tonneaux de poudre d'or amoncelés dans ses caves, de caisses adressées h certaines maisons de l'ordre, et qui, confisquées par les douaniers , s'étaient trouvées contenir, au

* Une fois que nous aurons dêlruit les Jésuites^ nous aurom beau jeu contre Vinfâme^ écrivait Voltaire à Helvétlus en 1761.

D'Alenibert écrivait : « Le plus difficile sera fait, quand la pbilo» sopliie lera délivrée des grands grenadiers du Tanatisme et de Tintolérance : les autres ne sont que des Cosaques et des Pandours, qui ne tiendront pas contre nos troupes réglées. » — Œuvres , tome XV, p. 297.

Ouclos, voyageant en Italie, s'étonnait de la Jalousie des autres or« dres religieux, et de la joie qu'ils manifestaient, jusqt^au seandaie^ de la suppression des jésuites : « Le premier coup de tonnerre, dit-il» est tombé sur la Société , arbre dont la tige perçait la nue ; mais combieii dd moines doivent penser que si Ton coupe les cliénes avec la cognée, oiÉ faoGkie riierbe! ». — Voyage en Italie, p. 40.

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lies de cboeofat, des tablettes d*or pur : il en résulta que les gMvenemcDts , dont les finanoes étaient épuisées , espérèrent K pncorer un puissant secours dans leur pénurie « en mettant b naio sur de telles richesses.

QnDd des hommes et des partis d*opinion diverse font la gneneà on homme ou à une institution, sans se faire oonsdcMe des moyens h employer, on peut être certain que la CMBsenest tout autre que celle qu'on allègue.

La mimms éloignées , établies par les jésuites , étaient eilitleoaes à Taide des produits de leurs terres , c'est-à-dire te épiées et des objets fabriqués par les colons. Pour échanpr en denrées contre celles qui 8ùdI nécessaires à la vie, il Allait les expédier en Europe. Elles étaient déposées, à cet cfiet, dans des magasins à Lisbonne, où chaque province Mit an procureur de la compagnie pour les recevoir, les vente, et acheter, avec le produit de la vente, ce que récla- ■tet les besoins des pères et des néophytes. Voilà donc les jteitcs négociants , ayant des maisons d'expédition et de banftt, etse livrant à des spéculations. 11 y avait là un côté meraatile, qui allait mieux au siècle qu'au caractère religieux. Itsr eollége de Rome fuisait fabriquer des draps à Macerata ; te affaires de banque se traitaient entre les divers collèges et i*M les colonies. Toutes ces spéculations aboutirent à une failk: voulant en éviter la responsabilité, les jésuites la rejetèrent nr un des leurs ; ils furent contraints par là de produire les «Bstitutlons de l'oidre, et s'exposèrent ainsi aux coups de leur fte grand ennemi, le parlement.

Sar b rive orientale de l'Uruguay se trouvait un pays cédé par le Portugal à l'Espagne ; les jésuites y avaient fondé ^ paroisses ou réductions; avec un art admirable, ils y «nient introduit l'agriculture et l'éducation chrétienne. Un finUlhomme portugais, nommé Gomez Pereira, grand faiseur ^ l*sjets , publia que le Paraguay regorgeait d'or, que les {^"Btes en tiraient trois millions de cruzades par an , et que c^teit là le motif pour lequel ils tenaieift ce pays dans un isol"Mtt mystérieux. Il avait proposé en conséquence de faire 'HQwrer an Portugal les sept districts de ^Uruguay , moyen-

t54 LES /ÉSUITE8.

naut la cession à PËspagne de la colonie de .SaeramentD. Son idée soarit à la cour de Lisbonne ; elle plut davantage eaeoR h celle de Madrid, qui, eu échange d*an territoire improdoetif , acquérait une place d'une importance extrême pour les propriétaires américains , en même temps qu'elle excluait les Poita* gais du commerce avec l'intérieur de l'Amérique méridioiiale.

Il avait été décidé d'abord que les habitants de Sacramcntt et ceux de TUruguay resteraient dans leurs pays respectif, en changeant seulement de maître ; mais on décréta ensuite qn'âi seraient contraints d'émigrer réciproquement. Ce sentimem profond qui nous enchaîne au sol où nous sommes nés fit corn prendre aux Indiens Tiniquité de ces mesures; il répugnait sur tout aux colons duSacramento de s'en aller dans des plaines sllé rtles. Us brûlèrent les poteaux aux armes d'Espagne plantés sb leur territoire natal; et, prenant les armes contre les EspagiMi et les Portugais, ils attendirent de pied ferme les troupes qui , en une demi-heure , en tuèrent deux mille , disperaèreii les autres, ou les firent prisonniers.

Gomme on savait l'autorité que les jésuites avaient sur eoa on crut qu'ils les avaient poussés h la révolte, et que leur inta tion était de fonder une république au milieu des poasessioi d'un roi, pour y souffler la rébellion. Ils déplaisaient à Poi bal , ministre despotique , qui voulait détruire toot obstaek spéculateur lui-même , il prenait ombrage de la ooncurteni que ces hommes actifs pouvaient lui faire; adepte des phil sophes , il avait à ceeur de se faire applaudir.

Dans Isu soirée du 19 septembre 1757, les jésuites reçun tout à coup l'ordre de sortir immédiatement de la cour, po n'y plus reparaître. Aussitôt Pombal commença contre eux u guerre de plume , ainsi qu'on en usait alors , dénigrant à tu propos la conduite des pères en Amérique i et les désigna comme les auteurs du mécontentement et de la rébellion q ses ordres avaient occasionnés dans lé Paraguay. 11 deniBii au pape de s'employer à faire cesser les abus , les excès « les c mes journaliers de dte pères , et de les rappeler à leur sati observance primitive.

Tout à coup le bruit se répandit que trois coups de fi

mieitëié tirés sor Joseph, roi de Portugal. Personne ne les miteDtaHhis , le roi n'avait été vu par personne, excepté par m chinirgien et par Pombal ; mais on répéta que Tattentat arait été dirigé par la main des jésyites, et une commission, préidée par Pombal , fut instituée pour juger les coupables. Rneon nobles furent arrêtés ; et le duc d* Aveiro , mis à la Mare, confessa avoir voulu tuer le roi , à Tiostigation des jésBits. En vain se rétracta-t-il aussitôt : la sentence fut pro* ■BBcà, sans rien articuler de plus positif que des propos , des Mtsde eoDsptration. En conséquence, Ferreira, valet dexiiam* Indu roi, fut condamné au feu, et les autres à la rpue (1769). tléooore, des marquis de Tavora par la grâce de Dieu , qui mit été Tice-reine à Goa , femme instruite et belle , fut décafilée, son mari éeartelé, ses fils, son gendre et ses domes- ^ifA étranglés ; leurs biens furent confisqués , leurs hôtels n», leur nom aboli. Les temps les plus barbares ne présenkit pu d^exécutions plus atroces.

Linfimie du procès est ce qui plaide le mieux pour Tinnoctice des accusés ; car il suffira de dire qu'outre le profond ihnt arec lequel il fut conduit, le roi défendit qu'il fût jamais Rwé. Tout ce qu*on en put découvrir, c^est que le roi , rêved*un rendez-vous amoureux avec la marquise d'Aveiro , par le mari et par le beau-frère de la dame; le co- ^ lear ayant crié que c'était le roi , ils s'enfuirent. C'est là tofii parait le plus probable ; ce qui l'est moins , c'est une const. Au fond c'était une vengeance de Pombal , à qui la dHine Tavora avait été refusée pour son fils : ils furent ^ néanmoins après ces sanglants préludes. Ou bien le mi* >>^ fit naître cet incident, ou il sut en profiter pour frapper ihfoisl^aristocratie et les jésuites , double pouvoir qui s'op- ¥^ an dapotisme central qu'il avait révjé.

On répandit, en conséquence, le bruit que les jésuites """cm été les instigateurs du crime , et nommément las pères ^is de Souza , Jean de Matos et Gabriel Malagrida. Pom- Kpniiqttant alors la maxime imputée aux jésuites eux-mêmes, ^ la fin justifie les moyens , déclara les jésuites coupables ; et ^ «donna que, « non par voie de juridiction , mais par me-

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sure d^éooiioniie , et pour la protection de la personne royale e de la tranquillité publique « leurs biens fussent séquestrés e leurs personnes renfennées, en assignant à chacuo soîxant centimes par jour.

Les philosophes eux-mêmes désapprouvèrent liautemeot d pareils procès; mats Pombal passa outre Un acte d'aoousatîoi fiit adressé au pape contre les pères, dénonçant leur négoee leur tyrannie dans le Paraguay , le régicide dont on assorai que la preuve se trouvait dans des lettres interceptées. De éerits envenimés paraissaient chaque jour contre la Société. Oi commença par enlever aux jésuites les écoles , que Ton donn à des séculiers; et l'on fit traduire pour renseignement des li vres nouveaux, qu*on alla jusqu*à prendre parmi ceux de protestants allemands. Enfin , ils furent chassés du royaum comme rebelles manifestes^ traîtres , et ennemis de V État. Ainsi dans ce temps précurseur du libéralisme, les jésuites se viren bannis comme rebelles au pouvoir absolu.

Cent trente jésuites s*embarquèrent en chantant In ejcUu h raH de y£gyptOy et furent transportés, les uns à Civita-Vecchii les autres ailleurs. Cinq cents pères qui se trouvaient au Brés furent jetés sur des bâtiments , et transférés dans les prisoi de Lisbonne, ou déposés dans les États du pape. On agit d même à Tégard de ceux des Indes orientales. Sur d^ix cei vingt-quatre jésuites arrêtés dans le royaume , trente-sept nuM rurent , trente-six furent déportés ; les autres restèrent déteoi jusqu'à la mort du roi , et alors on les fit sortir du terrttoir Pombal r devenu plus hardi , renvoya le nonce, rappela son an bassadeur, et entreprit des innovations ecclésiastiques. Il Gt ei fermer au fond d*une tour Tévêque de Coîmbre , pour une ei cyclique publiée par ce prélat contrôles livres impies , et qui t brûlée par le bourreau. Aux soixante-dix prisonniers d*JËltat d tenus par ses ordres, il en ajouta alors beaucoup d^autres ^ le tribunal spécial àUncof\fidenza condamna plusieurs persm nages de distinction.

Dans la guerre engagée alors avec les philosophes , Ron était saisie d'unecrainte qu*elle cherchait d*autant plus à caeb que sa frayeur était plus vive : pour ne pas donner la UMMnd

V9f JBSCITSS. 167

fnm snrelie, elle modérait le zèle de set défenseun. Elle

■*on donc aoutenir les jésuites. Elle sentait que le respect du

sHDt-siége périssait moiiis chez les peuples par amour de la

fibctté, que du c6té des princes par amour du despotisme.

Toot pontife eoclin à dtfendre la prérogative de Rome $e

voyait raillé par les écrivains et tracassé par les princes ' ; mais

les mis et les autres a(^laudirent de concert au choix de

Prosper Lambertini, lorsqu'il devint pape sous le nom de

Beoolt XIV (1740 ), moins recommandable par la sévérité des

■KEiirs que par Tamour des lettres, la science canonique, un

anetèreaimable,et la condescendance pour les idées du temps.

* HoBS trowoiiA un exemple du système de concevions où la cour it aone te trouvait réduite , dans les exigences insatiables d'ÉH8al)eUi FaiBèie. Coaune elle ne voyait point de couronne à donner à son troifkmt fils, elle le fit nommer par son mari Niilippe V à l'archevêché de Tolède , le premier et le plus ridie de l'Espagne : il était alors Isé de sept ans. Clément XII refusa les bulles d^investiture» qui aaniest rappelé scandaleusement les tempe de Marozie; mais il fut Wodé de toutes parts; toutes ses dépêches étaient interceptées et Mtngenscment ouvertes. Ce fut en vain qu'il assigna au prince , .enfant , pension sur cet arclieyêclié : on voulait à la fois le lucre et ir. CdAd le successeur de Grégoire VII se résigna à l'accorder, cette clause: que « Pinfant, une fois parvenu à Page canoi, serait confirmé dans la dignité arcliiépiscopale , s'il avait Taptiladeà ce requise par les canons. » Cette clause parut offensante; elle oaa one rumeur Incroyable, à tel point que le pape Teflhça; et, pour cnnble de Ikiblesse, il nomma Tinfant cardinal. La cour de Madrid en fat transportée de joie , et en retour il fbt décidé qu'on donnerait aux caHiBMx le ttin ^ÉndnentiâHmu, au lieu de celui d'Illustrissimes. Qe ne fut pas encore aases : la cour d'Espagne demanda que l'archevèclté deSévflle m réuai à celui de Tolède; et, malgré les prescriptions du ttacile de Trente « le pape y consentit. Le premier rapportait 100,000 te» et le aeeond 200,000. Le roi d'Espagne exigea ensuite du pape la facalté de percevoir la dlme sur tous les biens ecclésiastiques; et le Hpe Benoit XIV l'accorda, en recommandant verbalement « qu'on ne ^'ci Mrvlt pas pour troubler le repos des princes ratlioliques. » Pluwats chapitres s'opposèrent à cette mesure ; mais l'inquisition puait oo» qui osaient déMpprouver la concession du saint-si^» et la force in lédanit à robéiisance.

158 LIS JBSCITBë.

Afin qu€ son clergé ne restât pas^eoi vrière des progrès du siècle , îl fonda à Rome quatre aeadéoiies , pour les antiquités romaines, pour les antiquités chrétiennes , pour Thistoire ecclésiastique et celle des conciles , pour le droit canonique et la liturgie. Il forma un musée chrétien, ach^ pour le Vatican la bibliothèque Ottobuoni , qui comptait trois mille trois cents manuscrits; puis créa des chaires de chimie et de mathématiques au collège de la Sapience, des chaires de peinture et de sculpture au Capitole. Les PP. Bosoowitch et Christophe Maire mesurèrent par ses ordres deux degrés du méridien ; il régla lés droits des églises d*Orient , en faisant de larges concessions ; réprima les superstitions, en posant des règles sages pour la sancUGcatîon; diminua le nombre des jours fériés , renouvela les aDdennes condamnations contre le duel , régla la justice dans Rome , et voulut que le commerce fût libre entre la capitale et les provinces. Quant aux droits pontificaux , Benoît XIV, porté au saint-siége au milieu des querelles, etn*ayant peut-être pas, en sa qualité de Bolonais, une grande idée de la papauté, était tout prêt, dans l'intérêt de la paix , à faire bon marché de ses prétentions.

La Russie , la Prusse, TAngleterre , puissances prépondérantes, étaient hérétiques ; des évéques grecs avalent été institués en Pologne ; le parti protestant et les Fébroniens s'étaient relevés en Allemagne ; les Anglais entravaient les missions des colonies ; dans les pays catholiques eux-mêmes , se manifestait une incrédulité or^eilieuse et servile. La position des papes devenait donc de plus en plus embarrassante. Cependant le Vénitien Charles Rezzonico, qui succéda à Lambertini (1768) , n'imita pas sa condescendance : plus jaloux de conserver Tinté* grité du patrimoine de TÉglise , il fut indigné que te puis* sances s'arrogeassent le droit de disposer du duché de Parme et de Plaisance, ancien fief du saint-siége ; il s'aliéna ainsi toutes les brandies de la maison de Bourbon. Le parlement de Parts déclara injuste, illégal, contraire à Tautorité des puissances , le bref qu'il publia à ce sujet. Un corps napolitain fit semblant de vouloir envahir TËtat de TÉglise ; mais le pontife dit : « Eussions-nous même des forces à opposer, nous nous abstiendrions.

ne voulant, comme père eomiimo , avoir la guerre avec aucun prinee chrétien , encore moins avec des princes catholiques. Tespèreque les souverains ne feront pas tomber leur mécontentement sur mes sujets , innocents de cette affaire. Si c'est à moi qifils en veulent , et s'ils soigent à me renverser, comme mes prédécesseurs , je choisirai Texil plutôt que de trahir la cause de la religion et de FÉglise. »

Ce langai;e , si dKgne qu'il fût, n'empêcha pas Fabos de la force : les Français occupèrent Avignon , tandis que les Napolitains envahissaient Ponte-Corvo et Bénévent ( 1768). Le Porta» pi, voulant aussi faire acte de vigueur, défendit, sous peine de trahison, de publier le bref pontifical, ou de le posséder chez loi. Venise restreignit la juridiction ecclésiastique. Ainsi Clé- Bent étaût combattu entre l'idée du devoir et la pression des ms, qui s'entendirent alors pour demander l'abolition des jésuites.

En France le duc de Clioîseul , ministre de Louis XV, et madame de Pompadonr, sa maîtresse , amis complaisants tous deux des encyclopédistes et peu soucieux de religion , répétaient sans cesse au roi que l'Église avait duré quinze siècles ans jésuites , qd'elle pouvait donc bien subsister encore sans un; que ces religieux étaient ennemis des rois ; qu'ils peniiev tâent de tuer les mauvais princes; que d'ailleurs iU eonspi* raient pour hâter l'avènement du Dauphin au trône. Louis XV, phis désireux do repos que de la vérité, ordonna, par lassitude, une enquête sur les constitutions des jésuites, afin de i*assQrer si elles n'avaient rien de contraire à la morale , à la religion et à la politique.

Le Dauphin eut connaissance de ces manèges , et il prit les jcsoîles sous sa protection. Il était déjà en butte aux railleries de eeux dont il n'imitait pas la dépravation. Louis XV le Iwasait, comme un censeur de ses désordres; la marquise de Pompadour pensait que , d'accord avec la reine et avec les jésoifes, il épiait chez le roi un moment de faiblesse ou de raison, pmr le ramener à une vie meilleure. HHe s'acharna donc à vouloir la destruction de cet ordre , tant pour se délivrer de ses ennemis que pour brouiller Louis avec sa famille , et pour

leO LES JESUITES.

bien mériter des philosophes, qui la comparaient à eette Agnès Sorel dont les conseils avaient délivré la France des Anglais.

Choiseul et les philosophes, dont les écrits étaient dévorés par toute TEurope avec Fattrait du fruit défendu, se firent forts de ces haines féminines. On se mit à accuser les jésuites de mauvais goût en littérature; puis à leur reprocher leur esprit mercantile , reproche bizarre dans la bouche de ceux qui ne cessaient d*attaquer les moines pour leur oisiveté; on alla même jusqu'à dire (et le siècle de l'analyse seul pouvait prêter croyance à de pareils contes) qu'ils aspiraient à une monardiie universelle, dont les missions du Paraguay devaient être le premier fondement

Le parlement, jaloux de son omnipotence, désapprouva les ménagements dont la cour usait encore, et, possédé plus que jamais de sa fureur théologique , il déclara abus toute bulle pontificale ou bref portant concession de prifiléges à Tordre. Selon lui , rinstitution de la Société était contraire à l'autorité de rÉglise , des saints conciles, du siège apostolique, des supérieurs ecclésiastiques et civils. Il fit imprimer un Extrait des asser* tions dangereuses et pernicieuses enseignées et soutenues par les soi-disant Jésuites , et il condamna les écrits de vingt-scpl jésuites , publiés avec Fautorisation de la Société, à être brûlés par la main du bourreau , comme renfermant des doctrines ou séditieuses, ou contraires à la politique et à la morale. Défense fîit faite à tout sujet du roi d'entrer dans l'ordre , d^en fréquenter les écoles, les noviciats, les missions, ou d'avoir communication avec ses membres. Le même arrêt leur enjoignait à euxmêmes de prêter serment comme tous les autres ecclésiastiques, et de professer les libertés de l'Église gallicane et les quatre articles.

Louis XV convoqua le haut clergé pour examiner ces constitutions; mais les quarante-cinq évêques et cardinaux appelés, à l'exception d'un seul , le supplièrent de conserver une institution si avantageusir, disaient-ils, à l'Église et à l'éducation « honorée de la confiance du roi et du peuple (1 762). Le parlement ne s'inquiéta point de leur avis ; et, sans avoir entendu les jésoi-

lis, fl In foudroya eomroe appartenanl à un institut vicieux et csndamiisUe, tandis qu'ils Paient bannis du Portugal pour i*élie éeirtés de leur saint institut. Il leur fut interdit de correspondre avee leur général, d'exercer aucunes fonctions, à moins et prêter serment au roi et aux liberté* de l'Église gallicane , et de s'engager à eombaUre les principes immoraux de la MBpsgnie'.

La jésuites se résignèrent , et ne prêtèrent point le serment, à Teieeption de dnq sur quatre mille. L'archcTéque de Paris idian des élogesaux membres de Tordre , ce qui était une dësipprobtfion de la manière illégale dont avait procédé le parle- Mat : en conséquence , le parlement fit brûler la pastorale par le bounean , et le roi exila le prélat à cinquante lieues ( 1754 ). Plis, cédant aux artifices de la Pompadour et à la politique de Gboiwnl, il supprima Irr^oocaMem^n/ Tordre en France. « Les paricments , dit Voltaire , le supprimèrent sur quelques règles de ion institut, que le roi pouvait réformer; sur des maximes horribles, il est vrai, mais dédaignées, la plupart publiées par dei jésuites étrangers, et répudiées par les jésuites français. Uns les grandes afibires il y a toujours un prétexte qui se ■OBire, et une cause véritable qui se cacbe. Le prétexte pour pnaîrles jésuites était le danger de leurs mauvais livres, que personne ne lit; la cause , leur crédit , dont ils abusaient. »

Charles III d'Espagne, honune religieux et clairvoyant, avait

' L'arrêt rendu par le parlement , en 1762, condamne les jésuites ttBMe « notoirement coupables d'avoir enselgiié dans tous les tempa, d ptnoBDeUement avec Tapprobation de leurs supérieurs et généraux , bdauNue, le btespbème , le sacrilège, le maléfioe , Tastrologie, l'irréfipoe, Tidolàtrie, la superstltioa, Timpudidté, le. parjure» le faux té- ^ov^ae, la prévarication des juges, le vol, le parricide, rhomidde, bncâde, le régicide... ; comme fevorisant Tariaaisme, le iocimaaisme, teuhitiisalmu'i, le nestorianisme..., les luthériens, les calvinistes et *dRs aavateorsdu seiiiènie siècle... ; comme reproduisant l'hérésie de Widef..., et les erreun de Tichonins, de Pelage , des semi-pélagiens , de Csams , de Faost , des Maraeillais... ; comme favorisant Timpiété des ^^^ftuàiAm .., et enseignant une doctrine injurieuse aux saints Pères, m apatrcs, à Abraham. »

assuré les jésuites de sa protection ; mais , circonvenu par le comte d'Aranda son ministre , adepte des philosophes , il emt sa propre vie en danger par Teffet de leurs machinations. On lui présenta une lettre attribuée au père Ricci (fabriquée, dilon, par le duc de Choiseul lui-même), où Fauteur affirmait qu'il avait en main des documents suffisants pour prouver que Charles était adultérin. Il n'en fallut pas davantage. A la suite d'une procédure tout à fait secrète (avril 1767), des ordres scellés avec le plus grand soin , comme s'il se fût agi du salut public, furent adressés aux alcades dans tout le royaume, pour être ouverts par chacun d'eux à la même heure , sous peine de mort : ces ordres portaient Texpulsion des jésuites. On çn arrêta en conséquence six mille en unibstant, vieux, jeunes, sa* vants, infirmes, nobles, sans aueune distinction; on fit inventaire de leurs biens; et, après avoir permis à chacun de prendre son bréviaire , un sac et les bardes à son usage , on les entassa h fond de cale sur des bâtiments qui les transportèrent à Qvita* Vecchia. Le pape , trouvant qu'il était inique de jeter ainsi sur ses rivages, sans même lui en donner avis, des individus étrangers à ses États , refusa de les recevoir. Gênes et Livourne ea firent autant. Après avoir erré six mois , ils furent poussés sur les côtes de la Corse , où ils eurent à endurer une véritable fa* mine et toute espèce de privations. Enfin , le pape consentit à les recevoir, sous la condition que l'Espagne leur assurerait un mince subside. Il en arriva autant dans les colonies d'Amérique, d'Afrique et d'Asie.

Bientôt parut une pragmatique, portant que la sfireté de l'État, et autres motifs que le roi tenait renfermés dans son auguste cœur (indépendamment de complots ourdis pour lui donner la mort et pour démembrer la monarchie ), le déterminaient à expulser les jésuites et à confisquer leurs biens. Il adressa en même temps des éloges aux autres ordres qui ne se mêlaient point des affaires temporelles , et assigna à chaque père jésuite cent piastres, quatre-vingt-dix aux laïques; il ne donnait rien aux npvices. Puis il ajoutait (chose remarquable) que si jamais il était publié , à titre de défense , quelque écrit contraire à cette résolution royale, la Société entière perdrait tout

LBB laSUITBS. 163

Ml â kfom&A; que ee sérail an crime de lèse-majesté de parier, «oïl pour, soit contre Tordonnance , « attendu qu*il B*qpBrtiait pas aux particuliers de juger ou d'interpréter les idMfésdu souverain, v Cela lait, Châties s'écria : J'ai confât m royaume! Naples et Parme agirent de même, et tous k$prineegde la maison de Bourbon se mirent d'accord pour jiaDmder au saint-si^e raboKtion de Tordre.

liée on autre général , et en mettant en jeu cette souplesse doit 00 accusait les jésuites , peut-être aurait-il été possible de Mver Tordre en le transformant. Mais Ricci, quoi qu'il en dût vrÎTer, ne vit que l'injustice faite à la Société , et il repondit : Wwt snU, aut non sint! Il demeura comme un capitaine k laisseau qui veut sauver son équipage, ou périr avec lui. l^Ui autre côté, demander au pape la suppression des jésuites, tétait (disait d'Alembert) comme si l'on eût demandé au roi ie Pnese le sacrifice de ses grenadiers. N'étaient-ils pas les ■dleiin champions des droits pontificaux ? N'étalent-ce pas nx qui , par leurs recrues dans le Chili , dans le Paraguay , en Qtioe, compensaient les pertes Élites par l'hérésie et par- le Mittme? Le pape répondit donc que Tordre était trop expresiéoeiit approuvé par le concile dé Trente et par les constituions de ses prédécesseurs ; puis il le raffermit par la bulle Apos- ^^Gom (1765). Il protesta , il écrivit; mais il n'avait personne ■r qui s'appuyer. Marie-Thérèse le laissait dans l'embarras, U répondant que c'était une af&ire d'État et non de religion ; et, tandis qu'elle donnait de bonnes paroles au pape, elle défentût è l'ardievéque de Milan de publier la bulle In cœna Do' *^) et cherchait à profiter de cette rupture pour s'emparer de Haance.

De nouveaux embarras vinrent au pontife du coté de Parme (1765). Le duc Ferdinand, élève de Mably et de Condillac, ayant "Kcédé à son père Tinfant don Philippe à Tâge de quatorze ^1 donna toute sa confiance à Tillot, ministre habile et dés- ''■l^nasé, mais qui , lié avec les philosophes , ne tarda pas à se '*'<MiiIleravee la cour de Rome. On commença par lui refuser le ^ilMt qu'elle réclamait pour l'investiture; on empêcha les llbé-* <^ des fidèles envers TÉglise. Par la pragmatique de t767 ,

164 LES JB8UITB8.

il fut interdit aux sujets du dac de porter aucun litige un tribunal étranger, et nommément a Rome;detalticiter pvès d'une autorité étrangère aucune pension ecclésiastique, oommende , dignité, à laquelle fût attachée soit une juridiction , eoit une prérogative. Les bénéfices avec ou sans chaiige d'âmes , les pensions, les abbayes, ou les dignités dans TÉtat entnlDaiil juridiction, ne pouvaient être conférés qu*à des siyets, et *V% le consentement du duc ; et aucun acte émané de Rome ne pîfV vait avoir de valeur qu'avec Yexequatur ducal.

QémentXIII déclara(t768) ces actes téméraires et nuls, comme promulgués sans autorité : ceux qui y avaient participé fureot excommuniés, et le pape se servit du mot nos en parlant des duchés de Parme et de Plaisance. Ferdinand protesta sans s*effrayer, et tira des archives les preuves de l'indépendance de son État; il fit arrêter les jésuites, qui furent transportés sur les confins de TËtat pontifical , avec défense de traverser même le territoire ducal ; il démentit le bref papal , en disant qu'il était impossible qu'il eût pour auteur un pontife aussi sage ; enCn il abolit l'inquisition ainsi que plusieurs monastères, et réglementa les autres. Les cours de France , d'Espagne et de Naples épousèrent sa cause. François III de Modène l'imita , en abolissant les immunités des biens ecclésiastiques et plusieurs fondations religieuses : il arma même pour soutenir ses droits sur le duché de Ferrare ; mais les grandes puissances l'arrêtèrent par leur intervention. Le pape , réduit à la cruelle alternative de donner des ordres méconnus, ou de recourir à des e.\pédients que réprouvait l'opinion , gémissait dans le fond de son cœur.

Cependant les princes élevaient de toutes parts des prétentions à rencontre du saint-siége : ils s'emparaient de ses droits et de ses domaines; il fut même question de bloquer Rome, pour soulever le peuple contre le pape , « unique moyen d'obtenir l'abolition des jésuites ■. »

L'Église était ainsi bouleversée, lorsque mourut Gément XIII,

* Dépêche da .^0 novembre 1768, adressée par le marquis d'Aabeterre au duc de Choiseul. Voy. Histoire de la chute des Jésuites» par

SAINT-PRieST, p. S2.

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tt maiviiaiid réoitien qui osa tenir tête aux descendants de oint Loun, et le dernier pape qui ait rappelé ceux du moyen Ige. L'astuce Italienne et la toute-puissance des jésuites aulaeat dâ alors s^exercer auprès d'un condave d'où dépendaient b vie on la mort de Tordre. Les brigues des ministres et des taëam appartenant aux différentes cours, les mcyiaces des HbisndeuTs , Thypocrite dédain de Joseph II , qui ne se montnqw pour satiriser les papes , les jésuites et les rois ; plus de tnate esdusions émanées des princes de la maison de Bourimn, fait traîner Félection en longueur. Le choix tomba enfin sur LarentGanganelli, qui prit le nom de Clément XTV (1769). Celait un homme de vertus douces , d'un caractère conciliant , à Il fias simple et ambitieux. Il répondait à quelqu'un qui le déiMmit de se laire franciscain : Si votts parlez de piété, an hH0e4-ette mieux que parmi les disciples de saint Français? S^Us'agit d'ambition , n^est^e pas là le chemin par lequel arri» Gèrent à la tiare SixU IF et SixteQuintf II disait des philo- Mphcs : £'fi combattant le christianisme , ils en ont montré la wkesttlé; de Voltaire : // n^attaquesi souvent la religion que fsrte quelle le gêne; de Rousseau : Cesl un peintre défecttesx dams les têtes, et qui n'est habile que dans les drapefia; de Fauteur du Système de la Nature : Cest un insensé f*i croît qu*aprés avoir chassé le maitre de la maisetu, il pswra tordamner à sa manière.

0 sentait le monde catholique battu en brèche par l'irréligMn,qui menaçait les trônes et les autels; et cependant les nii semblaient faire cause commune avec elle, en attaquant tefhef de l'Église, et en projetant d'établir partout des pa- Iriardics nationaux , indépendants de Rome : il crut que ce Bâclait plus le temps de résister, et qu'il convenait de céder, osMiant qu'un pouvoir tout moral doit diriger l'opinion , et m pas s'y soumettre. Il se confiait pourtant dans la parole Al Christ, et il écrivait à un de ses amis : Le -saint-siège ne périra pas, parce qu^il est la base et le centre de t univers; sisis on reprendra aux papes tout ce qui leur a été donné. Ks conséquence, il laissait les princes détendre de plus en plus ks liens qui rattachaient les nations à Rome. On prétendit que.

166 LES JFÉSUITE8.

dans le conclave , il avait souscrit Tobllgatioii de détraife tes Jésuites , et donné même Tespoir quMl transférerait le samP ?iége à Avignon : mais aussitôt qu'il fat élu, il mit tout eu œnm pour que tout se terminât par une transaction et une réfoniie. II chercha donc à calmer l'irritation des princes par sa condescendance : ainsi il ne promulgua pas comme de coutume la bulle In cœna Dcminl; il garda le silence sur les empêchements qu'ils mettaient aux envois d'argent à Rome, à lajaridictîon du saint office , aux acquisitions du clergé ; et il s'efiorca, dans une correspondance particulière, de rétablir la paix au milieu de tant d'esprits irrités. Il envoya sa bénédiction au due de Parme; en retour, l'infant proposa sa médiation près des cours de la maison de Bourbon : mais celles-ci persistèrent à demander la destruction des jésuites. Avignon, Bénévent, Ponte-Gorvo, furent occupés, avec déclaration qu'ils ne seraient rendus qu'après que le pape aurait cédé. On fit même semblant de vouloir aller plus loin : on alla jusqu'à lui faire entendre qu'il était environné de poignards et de poisons jésuitiques» de même que son prédécesseur, mort , disait-on , de poison philosophique. Or, pour échapper à ce danger et surtout atB visites des ambassadeurs , il se faisait passer pour malade , ne mangeait que des mets plus que simples , apprêtés par m reli|9ieux , et vivait sans amis , sans conseils.

Enfîn tous les subterfuges ayant échoué , abandonné même par Marie-Thérèse , le pape fit une nombreuse promotion de car dînaux , afin d'avoir un fort parti dans le consistoire ; et lorsque le bref Z)omlwtt5 ac Redemptor meus eut été-approuvé par toutes les cours, il fut publié (21 juillet 1778). Ce bref contenait Téloge de la Société : saint Ignace l'avait érigée sur de saintes bases , les pontifes avaient récompensé par des privilèges et des honneurs ses grands services : cependant elle était accusée d'avoir trop désiré les biens de la terre ; d'avoir laissé germer dans son sein des semences de dissension avec les autres ordres, avec les universités, avec les princes, qui en avaient porté des plaintes au saint- siège : celui-ci avait en vain cherché à les assoupir; mais les souverains les plus dévoués à la Société s'étaient déclarés contre elle. En conséquence, le pontife, fW

LES JCSUITBS. 167

ptmria paix de l'Église « et d*apiès l'exemple de ses , qui , par prudence , avateat aboli les templiers cl tes boœilîés, proDOOçait la suppression de cet ordre. Ses mtaètts deraient entrer dans les rangs du clergé séculier, ou , slk le pfêliBraient , dans quelque ordre claustral , mais sans s*inléRrÀ Fadministration publique. Défense absolue fut faite à Ins de paxkr oq d'écrire sur la suppression ou les instituts de Iwncieone eonpagnie. Celait mettre l'univers catholique <bas la MécesBÎté de désobéir.

Il s'avisait d*un ordre extrêmement puissant, immensément riche , dont le général commandait despotiquement à vingt-cinq membres ebers aux peuples, en même temps qu'ils étaient dans la fiimiliarité des rois. On conçoit dès lors quelles^ étaient nécessaires pour empêcher une conflagration Béaénte. Des ordres de la nature la plus secrète furent expédiés Ici contrées les plus lointaines; les soldats poutiiicaux de tout leur héroïsme; les baïonnettes qui s'étaient contre les religieuses de Port- Royal prirent alors d'as« les maisons des jésuites. Mais , cliose étonnante, il n'y eut b moindre opposttioo. Cet ordre puissant, cet ordre vin- , céda as premier commandement; il croisa les mains sur tt poitrine, et expira en déplorant la faiblesse du pontife ou rîntolérsiDce des temps.

An mâlîett de tant d'abominations reprochées à ces pères , on as trouve pas on coupable. Les preuves des méfaits jésuitiques jaillir des archives dont on s'emparait ; la postérité pa ainsi joindre sa réprobation à celle des contem* r mais ces preuves, elle les attend encore. Les ministres pramectaient de payer les dettes publiques avec les trésors de la cBcipagmc, et Charles 111 disait que ce devait être son Pérou : oa le ma donc sur le butin , et Rome y apporta une avidité fai*>iclie^ que les républicains eux-mêmes n'ont pas surpassée. On it jurer au père Ricei de fournir un compte exact des biens de feiilre; et comme on ne trouva pas les trésors que Ton espérait, le iBéaéral f ut mis au cliâteau Saint- Ange, protestant que les «niques richesses de l'ordre étaient celles qui lui provenaient de h piété des fidèles.

168 LBS JBSUITB8.

Peu detamps après, démeotXIY, dODt la santé et lai étaient gravement altérées , mourut en proie au délire , assiégé de fantdmes et implorant son*pardon. On a prétendu quMI aiait été empoisonné par les jésuites : la vérité est que les médecioB ne trouvèrent dans son eorps aucune trao»*de poison. Mais m pourrait-on pas se demander comment, s'ils en avaient les moyens et la volonté , iU ne l'avaient pas fait avant que le ooop décisif leur eOt été porté? ou pourquoi ils n'avaient pas frspfé plutôt les forts qui avaient fait violence, que le fiuble qui Tafiit subie? Mais la passion s'embarrasse-t-elle du sens commim?

Pie Y! , qui succéda à Clément XIV, n'osa mettre le pète Ricci en liberté. Il fut en conséquence retenu dans le efaâteas Saint- Ange , sans qu'il apparat , de ses actes ni de sa coimpondance , la preuve qu'il se considérait encore comme iofesli du généralat que la bulle pontificale lui avait enlevé. Un éréché lui ayant été offert, à la condition d'apposer sa signature à un écrit qu'on lui présentait , il le refusa (1775). Anmoroeok de mourir, il déclara par écrit que, sur le point de compantM à ce tribunal dont la justice est seule infoiliible, il attestait, comme convaincu de la vérité et comme parfaitement infbnuéi en sa qualité de supérieur de Tordre , que la compagnie ^ Jésus n'avait donné aucun motif à^son abolition , ni lui la pki légère cause à son emprisonnement ; que du reste il pardonnait sincèrement h ses ennemis , remerciant Dieu qui le rap* pelait à lui , et désirant que sa mort pût adoucir les peines de ceux qui souffraient pour la même cause. Il répéta cette protestation en recevant le viatique , supplia toutes les persomicfl présentes de la rendre publique, et rendit le dernier soupir. Pie VI lui fit faire des obsèques solennelles , et ordonna qu'il fât enseveli prés de ses prédécesseurs. L'évéque de Gomacchio, qui prononça son oraison funèbre , le proclama martyr.

Ainsi périt cette société , qui n'eut ni enfance ni vieflle8ae> Le pontife avait ajouté à la bulle de suppression la défense d'insulter les jésuites pour leur abolition; oonmie si la défcsH d'un pontife importait à leurs ennemis ! En effet, on vit éelatn des transports de joie : Pasquin se donna carrière ; les poêt« firent assaut de vers et de félicitations ; il y eut à Lisbonne m

Te Deum, éts llIpnmiatMms ^ et Tordre fut donné de powmi-

rre lovt jésuite qui serait rencontré , comme aussi quiconque

BéfUfUt du bref pontifical.

La prineea crareot enfin pouvoir dormir en paix. Ils n'aoeeptêrart pourtant une bulle si opiniâtrement sollicitée qu*avee ai léHrTCi contre tout ce qui paraissait attaquer leur autorité M cdle des éréques. Le pape ajant surtout recommandé fSB ks biens de la compagnie fussent employés à des oeuvres pin, ib déclarèrent qu^ils pouvaient en disposer à leur gré. Ccst ainsi que la ^blesse encourageait à de nouvelles insultes.

Us philosophes, qui avaient provoqué le coup, s'en firent m prétexte pour insulter la religion comme persécutrice. VAIonfaert en prit texte pour vilipender les jansénistes, opinant à leur intolénmce étroite rindulgeuoe des jésuites, et ^saaant cet acte comme un nouveau sacrifice fait a la superstition.

Frédéric II défendit la publication de la bulle; il déclara fiH voulait conserver, dans les jésuites, les meilleurs prêtres cl la meilleurs instituteurs qu'il connât. Catherine II , loin de éélniin les jésuites dans ses États de Pologne , demanda au ntede les confirmer; et leur accorda les attributions épîsco- Nadcnt les missionnaires sont babituellement investis ; elle écrivit au pontife , de ce ton railleur et pliilosophe : « I^ crainte Mment mal au caractère de Votre Sainteté , et sa dignité ne pcBt s'aeoorder avec la politique mondaine lorsqu'elle se trouve à la religion. Si je protège ces pauvres religieux perlés, ce n^est pas caprice , mais raison et justice, dms l'esde Tutilité qu'en retireront mes peuples. Cette Société pacifiques et innocents vivra dans mon empire, l>neque je trouve que, de toutes les corporations, c'est la Hv prope à instruire Ja jeunesse et la gent inculte , en leur ■ipirant des sentiments d'humanité, de soumission , et les *nis pruieipes de la religion chrétienne. Je n*ai a redouter ni «Mes ni manèges de prêtres; et sous mes lois on ne perse* ote personne que pour des raisons évidentes. Je n'ai jamais P> voir les preuves des méMts dont cet ordre a été accusé ; et fœ dire que Votre Sainteté elle-même ne les a pas vues. »

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