LOUIS XVI. — TDRGOT. - HECK£R
Au milieu des scandaleuses misères dont la France eut à gémir sous le règne de ce Louis XV, qui semblait résumer ei| lui le libertinage et le profond égoïsme du siècle, les yeux se tournaient avec amour vers le Dauphin. On se plaisait à répéter de lui des traits de bonté, des mots caractéristiques. Il s'était amusé un jouf a dessiner des jardins et des palais magnifiques;
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il entendait les oourtiaam en faire Féloge : Leur véritable mérite, dit-il , c^est qu'ils nexoûteront rien au peuple, tv Urne senmi jammis exécutés. Il avait dît à Tambassate d'Esyagne : Ptmr qu'un prince puisse goûter les pkàm de la table ^ il faudrait qu*U fût sûr que dans ce même pv akcMi de ses sujets ne se couchera sans souper. Son père «Apt augnenter sa pension , il lui répondit : f aimerais 9inx quêtes imp&ts fussent diminués d'aulcukt. Pendant une ifaBe, il évita de passer sur un champ ensemeneé; et comme ksptjpsaos chantaient ses louanges : Ces braveê gens, dit*il , masÊHiU gré même du mal que nous ne leur faisons pas, Londe la naissance de son fils, la ville de Paris ayant destiné n emt mille livres à un feu d^artifice , il proposa de les emplD^rerplatôt à doter six cents jeunes filles.
Le Dauphin était donc an type de cette philanthropie dont ea disait alors paraëe; mais elle avait ponr base chez lui la re* ligiM. Il semblait ûiit par conséquent pour réconcilier les gens jiRBet les phîloaophes, et promettre une ère de bonheur, de IjgjÉi, d'économie, de religion'. Mais il mourut à Tâge de fii^siI ans ( 1766), laissant trois fils, le Dauphin, le comte de
' HtiK somoMs loi» d^aocepler en tout lesjogemenU de l'auteur itaia, tortoot dans les parties de ce livre qui coDCfraent la France. Sans wpffr Doecontroverae sur des points trop nombreuxi nous prendrons UKbedé de citer, soit comme addition, soit comme variante, dans les via qui Tont suivre, quelques |)a8sages d*un livre qui traite de la même <Moe. (An. R.)
- Le fib de Lonb XY vivait à Pécart, relevant, mais trop silencieuse- *Bri, à Versailles , les devoirs du mariage et de la paternité, tout ce ^ nm père avait le pins foolé aux pieds. Certes le Danpliia était M liear doner à ses fils , du o6té des m^rs , les meilleurs enseignenoiict Ifs plus purs exemples ; mais son Ame manquait de ressort, et ^'sait Iin4 entière en scru|Hil^. Fait ponr ètris moine plus que pour ^ rai , U s*époovanlait de celte terrible cliarge d'âmes qu'on appelle ^ rvyamé, et tremblait prématurément devant sa couronne. Un tel l^ttOM n'était fait pour aucune direction, pas plus d'une éducation que 'Tbi royaume; il ne pouvait transmettre à son élève que sa morale ffûsllnt et défiante, et sa peur mélancoliqtie d'être roi. » An. Rékéb, 'f|^ dn règne de L&uis XV i (oontin. de Sismondt V
Provoieeet leeomte d'Artois^ qui famtpliB tard LovisXVI, LcNiis XVIII et Charles X«
L^aîoé de ces princes avait été éle?é dans des sentiinHils da piété étroite qui contribuèrent à le rendie timide, et à lui ins» pirer Téloignement des hommes et des al&fires. 11 acquit de rinstniction, mais non celle qui donne de Fénergie ; il se K* vrait à des travaux de maçonnerie et de semurerie. Il arait liSt en traduisant la vie de Charles 1^ par Hume, que ee prinee était mort sur Téchafiiud pour avoir tenu tête à la révolte : il ea conclut que le moyen d^apaiser les mécontents était d^uaer de condescendance. L'alliance de la France et F Autriche , ce che^ d'oeuvre de Kaunitz , s'était faite en dépit des répvgnances de la nation , qui se rappelait rétemelle rivalité des deux puissances, les dévastations du pays par les Autrichiens , la captivité de François P', les troubles fomentés sous la Ligue. La victime expiatoire de ces haines fîit Marie-Antoinette, fille de Marie- Thérèse, mariée au Daupliin. Lors des iStesdeleur mariage, un grand nombre de personnes périrent, par un accident étrange, au milieu de la foule qu'avait attirée le feu d'artifice : le chifiit en est porté à trois cents par les uns, à douze cents par hss autres; déplorable hécatombe, dont on ne manqua pas de tii«r des augures sinistres. Marie-Thérèse avait inspiré à la future reine de France les sentiments hautains dont elle-même était animée, ce qui fit dire aux Français que la Dauphine avait le cœur autrichien. En même temps , vive et capricieuse , elle désolait ses dames d'honneur par ses infractions aux r^es rigoureuses de l'étiquette. La du Barry et ses créatures tournaient en ridicule les deux époux, surtout ce Dauphin dévot, sans grâce dans le maintien , sans promptitude d'esprit^ et l'on prédisait qu'il serait sévère, tyrannique, parce qu'il n*étaît pas oononipu comme tout ce qui l'entourait.
(1774) Quand lefracas des courtisans qui s^éloignaient du cadavre de Louis XV pour se tourner du côté d'un nouveau maître , quand la joie du peuple aussi , qui remerciait Dieu d*avoir enfin pris la France en pitié, apprirent aux deux époux la mort de leur aïeul , ils se précipitèrent à genoux , en s^écriant : Seigneur, nous sommes apyelés trop jeunes a ré-
. TUBGOT. — NBCKEE. M&
pari Sefgneur, prenez noire inexpérienee sons votre garde!
CéCaiCle sentinnent vague, mais vrai, de leur incapacité dans
■e pontion si difficile. Cependant les commencements du régne
parnroïC heureux *. La cour avait été dotée, dans les dernières
' Rooi STOiis eHayé de caradériser avec précision , dans le fragment pi fi nifie» cslte période do dix-boitièine siècle qui commence à rméamtÊi de Louis JCVI :
• La aaliOB seasMlit prod<gîeuseinettt émue devant ce règne qoi allait iWrir. Toutes les eq^énaces s'y étaient reportées ; ce fut un moment éein et é*atteate. Toutes les aspirations vers un ordre meilleur en po- Kqae et en morale s'y étaient journées patiemment; ce qu*on atteneut, ce n'était plus un règne à la manière des précédents. LMdée de cetaTcnir était cooftise, la notion de cet ordre nouveau était bien ■s le monvement qui y portait était immenae et généreux, à une transformation, on ne croyait pas encore à une ruine. Ci wéenlltmenl, d'activité , mais d^ine nature plus arrêtée et plus pntifw, est le vrai caractère de ce moment Le dix-boitième siècle, détournait le cours de ses études. La métaphysique , la Bénérale, s'étaient épuisées. La pensée, moins occupée I, travaillait davantage au profit direct de U société. L'édrt était moindre du cOlé des hommes; les plus grands avaient ^ifsni, ou étaient sur leur déclin; mais la société tout entière ga- PMt en lumières et en force. L'influence que les bonunes supérieurs ér ce temps avalent exercée n'appartint plus après eux qu'a Topinion; c^ Is sociélé qui fit la loi aux écrivains à son tour : è aucune époque Mlttii, Tcsprit général n'entra si pleinement et avec une pareille au- Mé dMSIes livres. Cet esprit du dix-huitième siècle, qui remplis- ■A les conversations, les harangues , les correspondances épistolairtfS, «Mitait et conduisait la littérature ; et, à défaut d'institutions régufiins, en s'acquitta d'écrire comme d'une fonctioa publique qui relevait éeissociélé.
« Ainsi la marque du temps où coosmence le règne de Louis XVI , ^^me ffraiide ardair d'application immédiate en toutes choses; ^ les idées , les tbéories pour elles-mêmes ne contentaient plus. 11 y *^ Boins d'attaque , moins de combat du cOté des questions reliiMasset de ta haute plùlosopbie ; à son tour, l'autorité civile était 'iKatée. Les sdences politiques tA morales semblaient se constituer du ■te coup que toutes les autres sciences : d'une part naissait la clii* ^f ée ranlie l'économie poOtique ; et la métlH>de qui conduisait aux tenvertes dans les sciences pliy^ques semblait faite pour réaliser aussi
is
706 LOUIS XVÎ.
années, de trois princesses belles, vertueuses, applaudies, qui^ ne se mêlant point des affaires , rechercliaient les plaisirs , la mode, les théâtres, l*esprit. Il semblait que la jeunesse cherchât à se régénérer dans des idées calmes et honnêtes. Les
tons les progrès de Péfat social. Il Taat recommeBoer la sodélé Inimaine, disait-on, comme Bacon avait dH « qu^l fallail reoomowiioer « TenleDdement humain. » L^esprit éprouvait dans sa coanie nae tetla ivresse et se voyait déjà parvenu si loin, que roneroyalt anv facultés de riiomme comme à an dogme nouvraa.. L-aatorité , rkiraillîbiNlé même semblaient avoir passé do côté de la raison. Les instHntioBa sentes paraûsaieiit braver rinAuence de cette raison puiiliqae qvi pariait de si liant. Elle avait rompn dédaignensement avec la tradition en toute chose , et le goavernement ne connaissait rien , n'invoquait rien que la tradition. Sur toute la surface du pays Pimage du passé s^étalalt, et faisait ombrage. Partout des monastères et des édifices féodaux. Dans ïk . provinces , on trouvait à chaque pas Timage conservée de la aoeiélé du moyen âge. Cette France , si fière d'elle-même , de Fascemlaat de ses écrivains et des lumières qirdle dispensaK autour d'elle, rougissait devant l'étranger de son état politique. « La vraie Turquie d^Kurope , c'est la France , dit Champlbrt. Ne lit-on |ws, ajonte-t-il, dans loua les alnianachs anglais : « Les pays despotiques, teb que la France et ta TUr- « quie ? » Rapprochement , après tout , plus insultant qne réel.
« Il y avait ceci de particulier dans l'état social de l'ancienne France, qu'à tons les inconvénients du despotisme se mêlaient presque fous ceux du régime féodal antérieur. Les ordres privilégiés écartés du pouvoir politique, an c(p.ur de TËtat, s'en dédommageaient par des restes de souveraineté locale; il y avait de la sorte double oppresaièn. La prince i)esart^ur la nation par l'imfWVt et tontes les vexations da poQ> voir arbitraire; te spjgncur, par les redevances et les servitudes plefnej: d'affront de la féodalilé. La couronne en cela n'avait rendu qu'à moi' tié ce service public, qui seul eût pu faire excuser ses usorpations; elle n'avait abattu de la féodalité que ce qui la gênait , et B*altait point au delà ; elle se débarrassait du vassal paissant qui lui disputait une province , et laissait faire à peu près le petit tyran qui n'inquiétait que le hameau
« L'Ëuro|)e n'était pas aos.«i avancée que la France. Elle n^avaît pas vieilli si vite ; elle n'avait rien de ce glorieux malaise des peuples qui aspirent aux changements, à la transformation. Elle ne rêvait point de vie nouvelle ; elle n'avait ni la souffrance d'insttlntions trop anciennes, ni l'impatience d'institutions plus jeunes et meilleures. Parfois les Mt^
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atlMCS et les matériatistes passaient de niode^ l'école de Rousseau et des philanthropes remplaça Pesprit de ciltique et d'irré- Ijgioo. On cessa de ûdre étalage de dépravation, de rire de la valu; un langage d*un sentimentalisme exagéré rempla^ le Tocabolaire de la galanterie licencieuse ; rinfidélité conjugale dut se couvrir de Texcuse d'une grande passion, de menaces de nicide, de sacrifices romanesques. Au lieu de la Puceile et du Compère Matthieu , on lut Gessner, Florian, Delille, Bernardin de Saint-Pierre. A la place des soupers licencieux, il se forma des soeiélés de philanthropes pour secourir l'iodigence, et proforer aux nègres la liberté. La mode orna d'épis les coiffures des femmes; fsrt des jardins anglais se perfectionna , en menaçant partout de frais asiles, des accidents champêtres, comme il n faut à des gens heureux. Marie- Antoinette construisit à Tria- Bou une petite ferme où elle ne parlait que du pauvre peuple, et loi préparait des écoles, des aliments, des ouvrages, des hôpitaux ; Louis XVI porta à sa boutonnière une fleur de pomme de terre. La comtesse do Barry et Pabbé Terray furent congédiés, à b grande joie du peuple ; la correspondance secrète cessa , M fut jetée au feu. Cest alors que Voltaire écrivait : « Si Louis XVI continue, il ne sera plus question du siècle de Louis XIV. Je Festime trop pour croire qu'il puisse faire tous les changements dont on nous menace. II me semble qu'il est pnident et ferme; il sera donc un grand et bon roi. Heureux
WTfmieat de France, dans cette belle langue française qu'on entendait pajloat, et tombaient snr elle comme de vives semences que rtHvr derait féconder. Mais ces idées, de même que la lumière , qui Madie d*abord aux sommets, ne pénétraient que les gouvernements et ne plongeaient pas jusqu'aux peuples. Ainsi Frédéric le philosopive i^it » Prusse; mais la pltilosophie dont il était l'hôte ne dépassait pi» le seuil 4a Potsdam. Ainsi Catherine de Russie faisait d'impériales co- ^•Hleriesaai libres penseursde France^mais» Française dans ses lettre» à Oideret, elle se maintenait Russe et autocrate dans les actes de son IMifenemcnt. La société européenne^ d'une cohérence très-solide en- CBve. le coaduisait diaprés ses rites séculaires : aristocratique, religieuse, Militaire, ne concevant rien de plus gpvnd que des batailles, et pensant VM aux féToItttioM » Ah. Rémée, Hist. du règne de LouU XVI.
ceux qdl ont vingt ans comme lui, et qui goûteront loogtenps les douceurs de son règne ' ! »
( 1774 ) Quand on eut appelé Turgot pour diriger les finanoes, la philosophie parut entrer au ministère ayec lui; les encyclopédistes crurent que les temps étaient proches où celle qa*its appelaient Cinfàme allait recevoir le coup de gràce *.
Louis XVI, d'un caractère timide, embarrassé, fort peu grtricux quelquefois , ne possédait, avec le désir de faire le bien, ni la sagacité de'rapercevoir, ni la force de le vouloir. Bien que son prédécesseur lui eût recommandé, à son lit de mort, de considérer TAutriche comme son ennemie , il maintint l'alliance, mais d'une manière ombrageuse, qui l'empêchait d'en tirer quelque avantage. Il s'effrayait des innovations, parce qu'il ne les comprenait pas, ou qu'il les comprenait trop ; et jamais il ne sut diriger le gouvernement, ni poursuivre l'élan une fois donné, ni se mettre franchement à la tête du mouvement. H lui frifhit donc s'abandonner à tm ministre. Marie- Antoinette, qui avait sur son mari toute l'influence que les maîtresses avaient eue sur ses prédécesseurs 3, penchait pour l'élégant Choiseul ; mais
■ Lettre^ M^d^Épinay, I, 69, p. 10, éd. Beuchot.
* Voltaire écrivait à d'Alembert : « Si vous avec plusieurs sages de cette espèce dans votre secte, rinfdme est écrasée par la bonne compagnie. » Et au roi de Prusse : « Les prôtres sont désespérés. Cest le principe d^une grande révolution. Le vieux patois de l'Imposture, fondé il y a dix-sept cent soixante et quinze ans, s'écroule. »
*« Mari» Antoinette avait toutes les séductions nécessaires aux profels de Kaunitz et au r6Ie que lui avait tracé sa mère : c'était d*((re à la tour de France la gardienne et riostrament des Intérêts de la eour impériale ; c'éUit de se Aire aimer de son mari au profit de TAutriebe. Élevées par une femme qui avait été roi plus que reine , les filles de Marie Thérèse devaient, dans leur fierté de femmes et de filles, teair à l'tionneur d'imiter leur mère , et aspirer, comme elle , à un grand mcendant politique, aux dépens des princes leurs époux, la coolagioB de l'exemple des Catherine et des Marie -Thérèse remplissait le siède , et la jeune Dauphinè avait emporté de Vienne des souvenirs dangereux. Klle y avait vu la triste attitude de son père , que Marie-Tliérèse avait, pour ainsi dire, clottré dans un désoeuvrement étemel : de honae heure eUe put comprendre comment sa mère entendait qa'oa lé^iftt. Si eHe
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Lods XVI, ne sachant pas lui parâonner d*avoir été rennenlK de son père, préféra le comte de Maurepas, vieillard septua- (Mie , eoartisan frivole et corrompu, qui vivait, depuis vingt» doqans, éloigné des af&ires. If croyait certains abusirremédoUes, et la monarchie sî solidement assise, qu'elle devait résistff par ses propres forces.
Tmgoity an contraîrci associant Je zèle d^un néophy^ à la pcnérérance d^un magistrat intègre et à la conviction de la tonte-paissance du roi, crut pouvoir déraciner les abus les plus opiniâtres , et £iire passer dans le gouvernement les rêves les plosbardis de la philosophie. lls*associaMalesberbes,homme« rommelui, d'intentions droites, et se mit à réformer les fînanos ainsi qoe la constitution civile. Bien que les dépenses eicédassent de 32 millions les revenus , indépendamment des 15 millioDs nécessaires pour Tamortissement de la dette , il dit au roi :^ Point de Jaillife ; point (Taccroistement d'impôts ; point f^pnmU; et, par la seule vertu de féconomie, les intérêts vriérés furent payés peu à peu, et le déficit diminua.
Les impôts s'élevaient, à la fin du règne de Louis XV, à KS millions : fardeau intolérable, à raison de la mauvaise i^partitioo. Les dtmes foncières, les rentes féodales, l'es rede-
>Tait pu TooMier, on avait mis à c6lé d^elle nu homme cliargé de le loi npfder : cTéteit ton préceptear, Fabbé de Vermond. L*abbé de Veri,avojé par Choîseul à Vienne, y était devenu- Autrichien; bmiliarités de la fea^me qui disait Ma cnuine à madame de tapadonr, avaient entraîné et gonflé celte âme subalterne. L'abbé ^Tcnnond avait les défaute des mauvais prêtres de son siècle. (Tétait « aéiange d'Irréligion » d'inhrigne et de vanité.
" Dus le temps de sa faveur auprès de Marie- Antoinette , qu*il avait' M trop frivole pour le juger, il recevait insolemment au bain les roj~ ■irtitt. Appliqué sans relàciie à manier l'esprit d\ine jeuae femme pour } odler d'ardentes ambitions, le tentateur lui soufflait sans cesse quil ^B*it t'mgnienter en crédit, en influence» et faire Jusque du lit royal un l^itnBKBt de domination. Ce nouveau directeur de conscience , au service de la maison d^Autriche , était pour cette enfant qu'il ^rait Tin- ^illiliililé vivante. Ifoua l'avons dit , elle avait tout ce qui attire , mais ' U apprit à repousser; il lui apprit à blesser Topinion , à se faire haïr;
<r«aqi6cha d'être Française » An. RéRéE, Hlst. 7le Louis XVL
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tances des serfs, les rentes sur l'État, D'étaient point aUùatK par l'impôt direct, c'est-à-dire par la capîtatioa, le vingtiènK et la taille ; le clergé s'en rachetait moyeDDant un tian gratuit de f ( millions h peine, tandis qu'il jouissait d'un cinquième dn produit agricole. La noblesse payait la capitalion etIeviugtièiH; mais on s'en rapporrait à sa déclaration, d'où résultait unt liir^.'ilili' scandaleuse et irritanle. La taille, que le roi etaoD consi'jl [louvaienl accroître h volonté, était avilissante, attendu «pj'ellc l'tait un signe de roture; et les exactions les plus dura eeniblaieut t>ermises envers des gens dénués de droits.
Los revenus publics consistaient principalement en contriliulion-i indirectes, péages, douanes, taxes de consommatioa, monopoles du tabac, du sel, des postes et autres, qui tons ensemble montaient h 300 millions. Or la plus grande partie de ces impôts pesait sur le pauvre ; car la consommation se règle, non d'après la fortune, mais d'après le nombre des bouches; le père de famille cliargé d'enfants, l'artisan qui emploie le plu d'ouvriers , payent plus que le millionnaire.
La seule ville de Paris rapportait au trésor près de 80 millions, c'est-à-dire plus que tout le revenu des royaumes de Sardaigoti dn Suède et de Danemark. Les exemptions dont jouissaient ks classes privilégiées Élisaient retomber tout le fardeau sur le peuple.
Les contributions indirectes étaieot afferraées h des eompignies dans lesquelles les courtisans étaient intéressés ; ainsi ai faisaient-ils obtenir la perception à bas prix, et par là ils s'enrichissaient des misères publiques. Les fermiers généraux présentaient au roi en guise d'étrennes, nu bout de l'an, une partie de leurs bénéfices, dans une bourse de velours; pensant ainsi lui fermer les yeux sur les souffrances et l'oppression de m* sujets. Cette oppression devenait plus intolérable encore par IM différences qui existaient de province à province, de la ville a» village, du plébéien au noble, de l'artisan au prolétaire :dsDS quelques provinces on payait le sel de 8 â 9 livres le quintal, dans d'autres-lG, et jusqu'à 63 dans quelques autres; c'éoA ime excitation puissante h la contrebande, qui devenait une (>ppiuièrc de bandits. Comme les impôts variaient selon lespa"
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fX avec des complications qui notaient connues que des fermiers, le contribuable ne savait combien il devait, ni en vertu de qodle loi; on perdaiUson temps ik réclamer contre le caprice des eiacteurs , gens avides et grossiers. Sous prétexte qu'ils seraieDt hors d'état de remplir leurs engagements s'ils ren- (ootraient des obstacles , les fermiers obtenaient un pouvoir despotique; ils arrêtaient arbitrairement, et punissaient la eoDtrebande avec une rigueur brutale. Quand un receveur des tsilles ne payait pas le fisc, on arrêtait quatre des plus fort imposés, jusqu'à ce que la dette fût acquittée. On alla jusqu*à infliger la peine de mort et la roue pour des affaires de ferme, et les galères étaient remplies de faux-sauniers '. Un horrible toaterrain de Bicétre, réservé aux grands criminete qui échappaient au gibet en dénonçant leurs complices, renferma pendant âx semaines un individu soupçonné de contrebande , et Jamais il M pat obtenir réparation des fermiers généraux.
D'autres diarges pesaient encore sur le peuple, comme les tnTaux exigés pour les routes, et l'obligation de laisser les commis recueillir le salpêtre dans les maisons, où ils pénétraient poor tout dévaster, si on ne les payait grassement.
De plus, tout était monopole dans l'industrie, tout se trou- ^)it entravé par les maîtrises. A Rouen , une communauté de cat douze marchands pouvait seule faire le commerce des çaios; quatre cent quatre-vingt-dix porte-faix étaient seuls admis h les transporter, et cinq moulins à les moudre. Il en (tait ainsi partout. S'il était introduit à Marseille du vin récolté nr on autre territoire, il était répandu dans le ruisseau, la diarrette brûlée, et le charretier fouetté. « Ainsi, dit Turgot, toutes les notions de morale et d'équité sont bouleversées : un ^ iotérét sollicite et obtient , contre des infractions qui ne ^^oseat que lui, les peines déshonorantes que la justice n'inflige V^ malgré elle, et lorsqu'elle y est contrainte dans l'intérêt de ^ sûreté publique. »
Ce ministre voulait porter remède à tant d'abus criants. D'un filment indépendant, il rectifiait toutes les idées de son temps,
* CakNiBe dit qu^oo j m envoyait 500 par an ; pîecker dtt 300.
et y ajoutait qtielque chose; il sut même se soustraire à la su- ' prématie de Voltaire, et dogmatisa sérieusement là où odoiet ne faisait que plaisanter '. Libre saife témérité, modéré sans* condescendance , ennemi des abus sans déclamation, il fortîria le sens commun par la logique , et convertit en science exact» les vues confuses d*ttn siècle qui mêlait le mal au bien, Terrear à la vérité. Ami tout à la fois de Quesnay et de Goumay, 3 voulait concilier les économistes et les physiocrates.
Touché de la misère des paysans, que les dtmes accablaieot, et de la gène où languissaient les ouvriers, qui créent la richesse, il rendit une foule d^édits où il proclamait la liberté du eom« meroe et de Tindustrie. Il diminua les droits qui frappaient nr le consommateur, cherchant à les réduire à un seul , dont ne fussent exempts ni le clergé ni la noblesse. Un grand nombre de monastères furent fermés; une existence aisée fut assurée au curés , Tautorité civile affranchie de l'autorité ecclésiastique, rinstruction publique r^rmée, Tavis des savants réclamé pour les choses d'État. En abolissant les corvées et les oorporations, véritable émancipation des ouvriers, il s'exprimait ainsi : « Dieo, « en donnant des besoins à Fhomme et en lui rendant le travail « nécessaire, fit du droit de travailler la propriété de toos, « propriété qui est la première, la plus s<icrée, la plus impres- « criptible. »
Turgot, voyant les inconvénients d'une législation qui pose des limites à l'intérêt de l'argent, tenta d'affranchir le négociant de l'usure au moyen d'une caisse d'escompte, destinée à prévenir les prétentions exagérées des capitalistes. Il songeait à donner de la publicité aux hypothèques ; à rendre les poids et les mesures uniformes; à promulguer un code criminel plus équitable, et à substituer un code civil aux différentes coutumes ; à établir des administrations provinciales combinées avec les municipalités; enfin, à racheter les rentes féodales sans porter atteinte au droit de propriété. Il aurait voulu, en un mot, et peut-être auraît-il pu, à force d'invention, de courage et de persévérance, prévenir
' L*artide de Turgot sur l'Existence , dans V Encyclopédie t est le morceau de métaphysique le plus solide du dix-huitième siècle.
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Il léfoliilkai. Par malheur , il ne s'apercevait pas , dans la Mme es ms mtentions, qu'il avait admire à des hommes : MHB pptvoqoa-l-ii les plus vives résittaiices. Pourquoi changer? disaient les fiBaoeiers; -ne sommet^ous pas bien? Ces uobles teieot de leur côté z Si le roi noui enlève atdourd'hui le droit et commander eies travaux aux pajfsans, ne pourra-t-il pas mm ebUger à les /aire nous-mémesf Les chefs des corps de Béliers s'écriaient que c'était favoriser les maïuifiictures aniMses, que de aupprimer les mattrises. Les nobles oe voyaieut dm ses aetes ^ne la vengeance d'un beurgeois. Le parlemait, SB voulait faire parade de hardiesse en faisant de la résistance a tout propos, refusa d'enregistrer les édits populaires qui abolinaieBt les mattrises et les corvées sur les grandes routes. Tirgot ne pot vaincre son opposition qu'en recourant à la et à l'expédient d'un lit de justice.
indépendamment des sordides résistances de l'intérêt, IfB était qiielqaes-unes de fondées en raison, l^s erreurs de fceole à laquelle Turgot appartenait l'empêchaient de reconeonibieii le crédit publie peut influer sur la prospérité, il qu'en réduisant toutes les contributions au seul impdt terrilorial , il frapperait uniquement le produit net. Les proptiétaires s'effirayèrent de cette taxe unique sur les biens-fonds, fii laissait les richesses créées par l'Industrie exemptes de char- ^tt, ruinait en réalité l'agriculture en voulant lui venir en aide, «tprivaitTÉtatde l'immense revenu des impositions indirectes. Voyant que les entraves à la circulation intérieure des grains ■■eaaimi la disette dans eertaines localités y tandis qu'elle •eennlait ta blés dans les greniers publics , il en déclara le libre. Malheureusement cette nesiu'e tomba dans de disette; et la populace, l'attribuant aux nouvelles «4oonaae« , eourut en vociférant jusqu^au ehflleau de Verniles,en demandant le pain à bon marché. Le parlement ^noa raison et appui au peuple, et Turgot se vît contraint d'envoyer des troupes pour apaiser le tumulte. II en résulta que Itt artisans et le peuple s'unirent à l'aristocratie contre le miréformateur.
XVI aimait à s'entretenir avec Turgot et Malesherbâ^
du bonlieor futur de son peuple ; ii applaudissait à des projafii qu'il comprenait mal, et manquait de vigueur dans l'evéeutios pour les soutenir. 11 était touehé des désordres dont il avait connaissance , et embrassait avec joie les remèdes qu'on loi proposait, f^oyez, disait-il un }0\âr h Turgei^ Je travaille uuui, et il lui montra un projet pour la destruction des lapins qui ravageaient les plants des maraîchers. H s'écriait en plein parlement : // n'y a que Turgot et moi gui aimions le peuple! Mais sa conscience s'effrayait de tout ce qui intinoJdait sa faiblesse, et un lit de justice lui parais39it un- acte de tyrannie. Aussi, bien qu'il eût promis de soutenir le ministère, il laïasa Malesberbes se retirer, pour le retrouver ensuite à ses eotés, aa pied de Téchafaud. Après un court ministère plus remarquable par les intentions que par les acles^ et où le mal balança le biea, Turgot fut congédié, sans éprouver d*autre regret que de n'avoir pu remédier aux souffrances du peuple, ni conjurer la lévoitïtion qu'il sentait approcher < . f^ous êtes plus heureux que moi^
• Le portrait suivant pourra eompléter par quelques détail» cetti «ppréciation du caractèfe de Turgpt :
« Issu d'une aneiettae fouille de magistrat», Turgot était deveaa maître des requ^es, â[près avoir été prieur de SorboDoe, où il soutiat «les thèses de théologie avec éC'lat ; mais il ne se sentait point de vocation pour le sacerdoce : malgré les instances de sa famille , il abandonna les ordres , et passa de la Sorbonne à l'Encyclopédie. 11 avait one ardeur presque égale pour toutes les branches des connaissances hnmanies, et nourrissait dans la paix de ses études Tambition d'un savoir tinivenel. C'était un esprit qui , par son étendue et la nature de ses *»<»*ffirf| ap» partenait à son siède et à l'école des libres pensenra. C'était aussi' une ame généreuse et haute, vralsient passionnée pour le biea. Aucaa homme d'alors n'entretint plus grandement que Turgot ces belles espé- ^ ranoes de bonbeor public qoi commençaient à naître, et ne ût de sa vie un usage plus désintéressé. 11 se sentait né pour l'étude et pour la retraite, et cependant il entra, par une vertueuse conséquence de ses principes, dans la vie de l'action et de la pratique. Il avait promeaé son esprit à travers toutes les sciences ; et cependant jamais intendant ne s^appesantit si bien dans les devoirs de sa charge. Placé par la toomwe de son génie sur les hauteurs de la spéculation , e'étalt par amour ponr les iHHDmes, par désir sincère d'dtre udle , que , lui aussi , il aqpiraH h
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MëikTok^car vous pouvez au moins vous retirer I Voltaire In aanus, dans ta disgrikce, le triomphe de la faveur populaire, ei «wnDt au-devant de lui et s'écriant : Que Je baùe ceUe um^ida signé le saiut dupeuple!
Cl tendre. Ce que Torgot fit ea dix ans dans sa proviace , a de quoi ire; H eit ménie iaoïu que soos Louis XV, dans ca teotips dades^ eC d*ftiMK, on ioteadant ait pu s'arroger autant de pouvoir el deUiMe pour le bien. Il relevait par lài en quelque sorte les honmes Ai bas pblrir. Aux plus manvais jours de ce règne, quand le temps 4Ui le pins dur pour tout le royaume^ Turgot abolissait la corvée , Riàit libre la drciilalion des blés» allégeait les charges publiques, el •ai aCBctier le souci des intérêts de fous. Il avait Tait de sa province ■V espèce de Salente. C'était un Fénelon à Tœuvre, avec une înlHIignn plas vive de la réalité , un sens pins fort, une main plus virile. SapriadpM étaient nouveaux , surtout pour un administrateur ; niais Uébil raseendani da son caractère» qu^il imposait aux ministres mêmes; a ^■'iii ithnicnt passer ses réformes avec étoanement et respect.
• ..... C*cst an nom qui est resté imposant que celui de ce pensenr, ■ iKlait ministre» et qui porta an pouvoir tant de caractère» tant d^éimae d*eH)rit el tant de cœur : alliance merveilleuse et rare ! Et pourbit se sent-on pas qu'un grand homme de gouvernement n'était point i.QBVt-il donc manqué à Turgot.' quelques défauts peut-être, quelfannes de ces passions qui sont des Torces *. Il fallait de l'ambition à ^étta vertus. En mettant toute sa vie moins liant. Il eût été plus *Au monde, il faudrait savoir descendre et se garantir parfois de *fnfeetioa. Cette grande ama déslntéresséa* n'avait pour passion que baelBKeel la liian. Mak poar se maintenir au pouvoir, il aurait bUu *iunce pouvoir! Turgot ne f aimait pas, il s'en défiait H fallait se Mr à hiea des misèrea , condescendre à de Tliabileté , re^rder à tous iannorts qui font mouvoir les lioreroes. Faute de cela, Turgot les iu- '^pasitet manquait les affaires. Tout ce quMl voyait à Versailles blessait ** ^ et ta belle figure en avait gardé le pli du dédain. Il s'en détournai poar s'arrêter aux idées , et ne croyait à nulle puissance que celle ^Ne et du vrai. Il faut citer cette parole dans laquelle tout son ca- ■altère te révéla : « Ce que j'admire dans Cbristoplie Colomb, disait^il, ce ' *'^ pm d'avoir découvert un monde, c'est d'être parti pour le clier- ' ^snr la foi d'uaa Idée. » Turgot, bii aussi, avait pressenti un monde, ^ il bat radmirer d'être parti. Mais ce n'est pas la même cliose pour que de partir et d'arriver. » Am. Rknés, Hist. de Louis XV t.
3l6 LOUIS X.Vt.
En renvoyant Turgot > , Louis XVI reniait les idées de bien public; il montrait une hésitation funeste, et se résignait à s^enlowrer de gens médiocres, par la peur des hommes éminents. Clugny , qui remplaça ce ministre disgracié , détruisit oe qull avait fait , et établit jusqu'à TimpAt immoral de la loterie. Lorsque ensuite il eut pour successeur Neeker , banquier protestant de Genève, toutes les habitudes furent blessées; mais les novateurs se réjouirent. Neeker, qui s'était enridn par le commerce, montra^ âêMVÉiogede Colberf, quMI entendait les ^andes combinaisons flnancières. 11 censura , dans la lAgisiation des grains, Turgot et les économistes, alors très^oerédites. Le beau monde, que réunissait chez lui une femme d^un esprit cultivé , près de laquelle grandissait une jeune fille qui devait s'illustrer dans les lettres , avait ajouté à sa réputation d'intégrité celle d'habileté. Il avait en conséquence la confiance des n^ooiauts et des capitalistes, dont on avait besoin pour remplir les caisses de l'État. Lui-même désirait déployer son expérience dans un large champ. Mais on s'aperçut à répreure qu'il avait encore plus de vanité que de mérite, et qu*il ne savait trouver que des palliatif insuffisants pour des maux invétérés.
La dette laissée par les rois précédents , et les préparatifs de Ja^guerre contre l'Angleterre, suffisaient bien à expliquer le vide des finances. Neeker , qui avait étudié superficiellement TéoDnomie anglaise, et voufait prendre le contre- pied de Turgot« cnit le combler à l'aide d'emprunts dont il n'y aurait qu'à payer Ici intérêts etauxquels il serait pourvu à l'aide d'économies : systène faux, qui exagérait les effets du crédit public sans le fonder sur des bases solides. Sa réputation lui fit trouver des préteurs. Il opéra pour 6 millions d'économies; et les mille expédients auxquels il eut recours pour mettre les dépenses au niveau des
' Malesherfoes écrivait : « Turgot et moi nous étions dHioBnêtes très-instruits, passionnés pour le bien : qui n^aurait dit qaV pouvait mieux faire que de nous choisir? Cependant, ne les hommes que par les livres, manquant d*habileté pour les affkires, nous avons mal administré...; et sans le vouloir, sans le savoir, mom avons donné Pimpulsion à la révolution. »
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revnius , donneot à croire qu*il se faisait pour le moins illusion. Si rautorité , selon Turgot , n*avait d'autre tâche que de sapprimer les entraves et de laisser faire, Necker voulait qu'elle le montrât active, toujours prête à tendre la main au peuple, aox âibles, à leur assurer le travail et le pain.
Il établit des assemblées provinciales > , chargées de répartir riffly^t,d*entTetenir les routes, de proposer les mesures d'intrrét pablie; et quoiqu'elles n'eussent pas le caractère r^présolatif et ne pussent correspondre directement avec le roi , MB seulement avec le ministre des finances, ces assemblées tt tronvâient ainsi appelées à contribuer au bien commun , et «n'âait plus seulement des commissaires royaux qui se trounkol diargés de ce soin.
Ce hA une autre innovation que le compte rendu dont Necker obtint du roi la publication en 1781 . Cet appel à l'opinion publique* fut suggéré par le désir de donner au crédit une base dans b eonûance publique. Ce document fit voir comment il avait clé remédié en quatre années au déficit annuel de 27 millions, ^obtenu un excédant de 10 millions sans nouveaux impôts, nais à l'aide d'emprunts habiles et de petites économie^ ^.
' Hccker ne réalisa pas complètement cette réforme ; il rétablit , > titre (Tcsni , dans quelques provinces seulement. — Il fit abolir le M de main-morte dans les <k>maines royaux , par un édit de 1779.
(AM. R
' Vfr^eniips disait au roi : « La Pranee est une monarchie absolue ; ■rofjwm pQbHqne, selon Necker, prévalait. Votre Majesté pourrait l'attoMlre à voir commander ceux qui obéissent, et obéir ceux qui com- ■MMieirt. « SooLAVie, àtém. hist,, p. 20S-213.
^ RoQs extrayons d^ V Administration des finances de Necker les cUffteiflnvants : Le territoire du royaume, sans y comprendre la Corse, ^de M,96t lienes carrées; sa population s'élevait à 24,676,000 (9iSpar lieife carrée); les contributions produisaient 584,400,000 li- ^r«, c'est à-dire pour chaque lieue carrée 21,664, pour chaque tête }3livrci IS sens 8 deniers; les dépenses s'élevaient à 616 nriHions.
Le compte présenté par Turgot en 1775 , le seul qui n'ait pas été at- , t>qiié comme mensonger, portait les dépenses à. . 414,445,163 livres.
la recette à. . . 377,287,637 Déficit 3", 157,526
■UT. W (:r>NT ANS. — T. I. )'J