LOUIS XVI. — TUBGOT. — NECKER
Les chiffres disent ce qu'on veut. Maintes erreurs se gi ssèrent dans ce travail à coté d'un grand nombre d'omissions, et un air de candeur et de conscience y suppléait au peu de darté. Le public resta frappé de cette communication inusitée, en voyant associés, pour la première fois, la morale aux calculs, les chiffres aux nobles pensées, les comptes des dépenses et des revenus aux réflexions philosophiques ; et les mystères de rÉtat , les âéments de la force et de la faiblesse d'un gouvernement, exposés au grand jour. Le compte rendu fut lu dans les salons , dans le silence du cabinet ; et les finances ^ la législation devinrent l'objet de toutes les discussions. Biais les esprits avisés le virent de mauvais œil; on murmura de voir le ministre éclipser le roi, et s'attribuer seul le mérite de tout; et l'on ne fut pas plus satisfait du projet, qui s'y découvrait, d'une égale répartition des charges. Necker, se trouvant bientôt contrarié dans ses vues , donna sa démission ; et ce ministre , déjà populaire , devint l'idole de la nation.
Turgot et Necker étaient les seuls ministres qui auraient pu prévenir la révolution, en détruisant ses prétextes : tous deux étaient animés de la passion du bien public, entièrement dés^ intéressée chez Turgot, et auquel se joignait chez Necker le désir de la gloire. Avec eux disparurent les ministres réformateurs, pour faire place aux courtisans et à l'influence de la reine Marie- Antoinette , sans aucun contre- poids.
Un nouveau conseil des finances empira les choses. 11 manqua dans le trésor 210 millions pour la guerre, 80 pour d'autres dépenses; il en avait été prélevé 178 sur l'année suivante , outre un déficit habituel de 80 millions. Mais si les sévérités de Necker avaient effrayé , si la médiocrité de ses successeurs avait découragé , la sécurité audacieuse de Galonné , que les intrigues de la cour firent nommer contrôleur général , releva la confiann*. ^ Homme d'esprit, il coDsldêrait comme un jeu ce qui avait paru une tâche d'Hercule, et se faisait passer pour habile, i)arrej qu'il traitait légèrement les choses les plus sérieuses» y compris! la vertu. 11 ne manquait jamais une fête de la reine et du couite d'Artois; il trouvait de l'argent pour payer leurs prodigalité*!,' pour entourer Paris de murs, pour aclieter Saint- Cloud pour It
rai, et Rambouillet pour la reine. Il répondit une fois à Marie- ADtoineUe : Si ce que feutre Majesté désire est possible ^ c'est fiât; fi c'est impossible, cela se fera. CeU» confiance qu'il moDtrut en toutes choses en rendit aux autres ; il inventa de Doumux moyens de faire de Targent , et ils eurent du succès, comme 0 arrive en France de tout ce qui est nouveau. Les appoiotements furent payés, et Galonné devint l'idole des Parineos. Mais quand on croyait tous les vides comblés , le voile ttMDi», et la dette publique se trouva accrue de 1 ,600 millions.
OPPOSmOll. — LA NOBLESSE. — LA PRANCUAÇONNERIE. -